LA BARONNE , M. TURCARET , FRONTIN
FRONTIN à la baronne.
Madame, vous allez bientôt avoir la fille dont je vous ai parlé.
LA BARONNE à M. Turcaret.
Monsieur, voilà le garçon que je veux vous donner.
Il paroît un peu innocent.
LA BARONNE
Que vous vous connoissez bien en physionomies !
J'ai le coup d'œil infaillible... (A Frontin.) Approche, mon ami. Dis-moi un peu , as-tu déjà quelques principes ?
Le Sage. Théâtre. 27
4lH TURCARET.
FRONTrN.
Qu'appelez-vous des principes?
Des principes de coraniis ; c'est-à-dire si tu sais comment on peut empêcher les fraudes ou les favoriser ?
FROjVTIJV.
Pas encore, monsieur , mais je sens que j'apprendrai cela fort facilement.
Tu sais du moins larithmétique ? tu sais faire des comptes à parties simples ?
Oh! oui, monsieur; je sais même faire des parties doubles. J'écris aussi de deux écritures , tantôt de l'une et tantôt de l'autre.
De la ronde, n'est-ce pas ?
FRONTIN
De la ronde , de l'obUque.
Comment, de l'oblique ."^
FRONTIN
Eh! oui , d'une écriture que vous connoissez là....
d'une certaine écriture qui n'est pas légitime.
M. TURCARET à la baronne.
Il veut dire de la bàtai de.
FRONTIN
Justement; c'est ce mot-là que je cherchois.
M. TURCARET à la baronne.
Quelle ingénuité! Ce garçon -là, madame, est bien niais.