‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 338 sur 399 · FRONTO · texte numérisé non relu

FRONTO

Je vous regarde donc, monsieur, comme mon nouveau maître... Mais, en qualité d'ancien laquais de M. le chevalier, il faut que je m'acquitte d'une commission dont il m'a chargé ; il vous donne, et à madame sa cousine, à souper ici ce soir.

Très-volontiers.

FRONTIN

Je vais ordonner chez Fite ' toutes sortes de ragoûts, avec vingt - quatre bouteilles de vin de Champagne ■ et , pour égayer le repas , vous aurez des voix et des instruments.

Traiteur célèbre du temps.

De la musique, Frontin?

FRONTIN

Oui , madame 5 à telles enseignes que j'ai ordre de commander cent bouteilles de Surène, pour abreuver la symphonie.

LA BARONNE

Cent bouteilles ?

FRONTIN

Ce n'est pas trop , madame. Il y aura huit concertants, quatre Italiens de Paris, trois chanteuses et deux gros chantres.

Il a , ma foi , raison • ce n'est pas trop. Ce repas sera fort joU.

FRONTÎN.

Oh, diable! quand M. le chevalier donne des soupers comme cela, il n'épargne rien, monsieur. M. TURCARET.

J'en suis persuadé.

FRONTTN.

Il semble qu'il ait à sa disposition la bourse d'un partisan.

LA BARONNE à M. Tarcaret.

Il veut dire qu'il fait les choses fort magnifiquement.

(Qu'il est ingénu!... (A Frontin. ) Eh bien! nous verrons * cela tantôt... (A la baronne.) Et, pour surcroît de réjouissance , j'amènerai ici M. Gloutonneau le poète : aussi bien je ne saurois manger si je n'ai quelque bel esprit a ma table.

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