‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 348 sur 399 · ACTE Iir, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE Iir, SCÈNE II

LA BARONNE

Il me paroît que vous n'en manquez pas , vous , Lisette.

LISETTE

Il a beaucoup de savoir-faire.

LA BARONNE

Je ne vous crois pas moins habile.

LISETTE

Je serois bien heureuse, madame, si mes petits talents pouvoient vous être utiles.

LA BARONNE

Je suis contente de vous.... Mais j'ai un avis à vous donner ; je ne veux pas qu'on me flatte.

LISETTE

Je suis ennemie de la flatterie.

LA BARONNE

Surtout, quand je vous consulterai sur des choses qui me regarderont, soyez sincère.

LISETTE

Je n'y manquerai pas.

LA BARONNE

Je vous trouve pourtant trop de complaisance.

A moi, madame ?

LA BARONNE

Oui; vous ne combattez pas assez les sentiments que j ai pour le chevalier.

LISETTE

Et pourquoi les combattre ? ils sont si raisonnables !

LA BARONNE

J'avoue que le chevalier me paroît digne de toute ma tendresse.

l/^io TURCARET.

LISETTE

J'en fais le même jugement.

LA BAROA'iSE.

Il a pour moi une passion véritable et constante.

LISETTE

Un chevalier fidèle et sincère; on n'en voit guère comme cela.

LA BARONNE

Aujourd'hui même encore il m'a sacrifie une comtesse.

LISETTE

Une comtesse ?

LA BARONNE

Elle n'est pas, à la vérité, dans la première jeunesse.

LISETTE

C'est ce qui rend le sacrifice plus beau. Je connois messieurs les chevaliers; une vieille dame lejir coûte plus qu'une autre à sacrifier.

LA BARONNE

Il vient de me rendre compte dun billet que je lui ai confié. Que je lui trouve de bonne foi!

LISETTE

Gela est admirable !

LA BARONNE

11 a une probité qui va jusqu'au scrupule.

LISETTE

Mais, mais voilà un chevalier unique en son espèce !

LA BARONNE

Taisons-nous; j'aperçois M. Turcaret.

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