‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 362 sur 399 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

M, TUrxGARET , LISETTE , FRONTIN.

FROJVTÎN à M. Tmcaret.

Je suis ravi, monsieur, de vous trouver en conversation avec cette aimable personne. Quelque intérêt que j'y prenne , je me garderai bien de troubler un si doux entretien.

Tu ne seras point de tiop. Approche , Frontin , je te regarde comme un homme tout à moi, et je veux que tu m'aides à gagner l'amitié de cette fille-là.

LISETTE

Cela ne sera pas bien difficile,

FRO^VTIN à M. Turcaiet.

Oh ! pour cela non. Je ne sais pas , monsieur , sous quelle heureuse étoile vous êtes né ; mais tout le monde a naturellement un grand toible pour vous.

Cela ne vient point de l'étoile , cela vient des manières.

LISETTE

Vous les avez si belles, si prévenantes.

Comment le sais-tu ?

448 TtJRCARET.

LISETTE

Depuis le temps que je suis ici, je n'entends dire autre chose à madame la baronne,

Tout de bon ?

FRONTIN

Cette femme-là ne sauroit cacher sa foiblesse : elle

vous aime si tendrement ! Demandez, demandez à

LISETTE

Oh! c est vous qu'il faut en croire , M. Frontin.

FROlN'TIiy.

Non, je ne comprends pas moi-même tout ce que je sais là-dessus 5 et ce qui m'ëtonne davantage, c'est l'excès où cette passion est parvenue , sans pourtant que M. Turcaret se soit donné beaucoup de peine pour chercher à la mériter.

M. TURC.VRET.

Comment , comment l'entends-tu ?

FRONTIlîî.

Je vous ai vu vingt fois , monsieur , manquer d'attention pour certaines choses...

M. TURCARET l'interrompant.

Oh ! parbleu ! je n'ai rien à me reprocher là-dessus.

LISETTE

Oh! non : je suis siire que monsieur n'est pas homme à laisser échapper la moindre occasion de faire plaisir aux personnes qu'il aime. Ce n'est que par là qu'on mérite d'être aimé.

FRO]VTI]y àM. Tnrcaret.

Cependant , monsieur ne le mérite pas autant que je le voudrois.

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