SCÈNE XIII
• LA BARONNE, LISETTE
LA BARONNE
Eh bien! Lisette.^
LISETTE
Eh bien ! madame ?
LA BARONNE
Aurois-tu deviné que M. Turcaret eût une sœur revendeuse à la toilette ?
4y^ TURCARET.
LISETTE
Auriez-vous cru , vous, qu'il eût une vraie femme en province ?
LA BARONNE
Le traître! il m'avoit assuré qu'il étoit veuf , et je, le croyois de bonne foi.
Ah ! le vieux fourbe !.... (Voyant rêver la baronne. ) Mais ,
qu'est-ce donc que cela?... Qu'avez - vous?... Je vous vois toute chagrine. Merci de ma vie ! vous prenez la chose aussi sérieusement que si vous étiez amoureuse de M. Turcaret.
LA BARONNE
Quoique je ne l'aime pas , puis-je perdre sans chagrin l'espéiance de l'épouser? Le scélérat! il a une femme; il faut que je rompe avec lui.
LISETTE
Oui ; mais lintérêt de votre fortune veut que vous le ruiniez auparavant. Allons , madame , pendant que nous le tenons , brusquons son coffre-fort , saisissons ses billets; mettons M. Turcaret à feu et à sang; rendons-le enfin si misérable , qu'il puisse un jour faire pitié, même à sa femme, et redevenir frère de madame Jacob.