‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 390 sur 399 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LA BARONNE, LE MARQUIS, M" TURGARET , LE CHEVALIER, M. TURGARET, M- JAGOB, LISETTE.

M. TURCARET à la baronne.

J'ai renvoyé l'huissier, madame, et terminé... (A part, apercevant sa sœur.) Ah! en croirai-je mes yeux? Ma sœur ici !... ( Apercevant sa femme. ) et, qui pis est , ma femme !

LE MARQUIS

Vous voilà en pays de connoissance , monsieur Tur-

caret... ( Montrant madame Turcaret. ) VouS VOyez une belle

comtesse dont je porte les chaînes ; vous voulez bien que je vous la présente , sans oublier madame Jacob ?

m'"' JACOB à M. Turcaret.

Ah ! mon frère !

Ah! ma sœur!... ( A part.) Qui diable les a amenées ici?

LE MARQUIS

C'est moi, M. Turcaret, vous m'avez cette obligation là. Embrassez ces deux objets chéris... Ah ! qu'il paroît ému ! J'admire la force du sang et de l'amour conjugal.

M. TURCARET à part.

Je n'ose la regarder; je crois voir mon nuiuvais cénie.

4yii TURCARET.

51"' TURCARET à part.

Je ne puis l'envisager sans horreur.

LE MARQUIS à M. et à madame Tuicaiet.

Ne vous contraignez point , tendres époux ; laissez éclater toute la joie que vous devez sentir de vous revoir après dix années de séparation.

LA BARONNE à M. Turcaret.

Vous ne vous attendiez pas , monsieur, à rencontrer ici madame Turcaret ; et je conçois bien l'embarras où vous êtes. Mais pourquoi m'avoir dit que vous étiez

veuf?

LE MARQUIS

Il VOUS a dit qu'il étoit veuf? Eh ! parbleu ! sa femme m'a dit aussi qu'elle étoit veuve. Ils ont la rage tous deux de vouloir être veufs.

LA BARONNE à M. Tnrcaret.

Parlez , pourquoi m'avez-vous trompée ?

Page 1