‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 45 sur 399 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DON JUAN seul.

Dans quelle inquiétude j'ai passé la nuit! Le sommeil, (|ui suspend les plus grandes peines , n'a pu fermer mes yeux. Juste ciel! Conmient pourrois-je goiiter !a douceur du repos! L'affront fait à mon honneur se présente incessamment à ma pensée avec des circonstances si cruelles, que les plus rudes supplices n'ont pas plus de rigueur. Du moins , si je n'ignorois pas l'auteur de foffense, je pourrois, en l'immolant à mon ressentiment, soulager mes maux... Mais le ciel en ce moment m'inspire et me le fait connoître. Oui , c'est don André d'Alvarade. Hier, quand je l'amenai ici, don Félix fut ému de colère en le voyant. Ce transport

sans doute renfermoit quelque mystère Mais, que

dis-je ? insensé ! Don Garcie ne peut-il avoir passé le mur que pour secourir Léonor? Ne dois-je pas plutôt le soupçonner qu'Alvarade, qui m'a toujours paru ami sincère.... Mais connnent cet ami s'est-il trouvé ici j)our défendre Léonor? Cest ce qui m'embarrasse et me confond. Je ne sais ce que je dois penser 5 ils me paroissent tous deux tour à tour innocents et coupables.

\CTE IV, SCÈXE II. 6'ï

Page 1