ACTE V, SCÈNE II
D'où viens-tu ?
MOGICON.
Je viens de me promener pour dissiper un mal de tête qui me tient depuis hier.
DON JUAN bas.
Ce valet a quelque part à l'aventure de la nuit passée. Tirons-en par la crainte tout l'éclaircissement que nous pourrons... (Haut.) Ahî traître! infâme!
(^ Il le saisit aa collet et tire son poignard. ) MOGICON effrayé.
Je VOUS demande pardon , seigneur don Juan , si j'ai eu le malheur de vous déplaire.
DON JUAN loi présentant le poignard.
(Bas.) Feignons... (Haut.) Vous êtes un coquin.
MOGICON se jetant aux genoux de don Juan.
Eh! oui, seigneur.
DON JUAN
Un scélérat.
MOGTCON.
Non ; mais j'ai le malheur d'être son valet.
DON JUAN
Tu n'as qu'à te préparer à mourir.
MOGICON pleurant.
Eh ! seigneur, ayez pitié de moi.
DON JUAN lui mettant le poignard à la gorge.
INon , point de quartier, je te tue.
MOGICON toujours à genoux.
Miséricorde! qu'est-ce que je vous ai fait?
DON JUAN
Ce que tu m'as fait, maraud? IVas-tu pas ouvert la
porte cette nuit à don Garcie?.... (Bas.) C'est pour le faire parler de don André.
MOGICON.
A don Garcie ?
DON JUAN
Oui, misérable, à don Garcie ? Pourquoi l'as-tu introduit chez Léonor? Parle, si tu ne veux que je te punisse comme tu le mérites.
( Il lui remet le poignard sur la gorge, ) MOGICON" toujours pleurant.
Ahi, ahi, ahi!... Seigneur, le ciel m'écrase à vos pieds tout à l'heure, si j'ai ouvert à don Garcie...
DON JUAN
A qui as tu donc ouvert ? dis, malheureux. Si c'est à don André , je te le pardonne ; c'est ton maître , et d'ailleurs mon ami.
MOGICON se relevant et essuyant ses larmes.
Cela étant ainsi, je ne suis pas si près de ma dernière heure que je l'ai cru; oui, seigneur don Juan, c'est à don André que j'ai ouvert.
DON JUAN
Il te l'avoit donc ordonné?.... (Bas.) Ah! perfide ami!
Assurément... Mais rengainez , s'il vous plaît , cette maudite dague qui me blesse la vue , et je vous parlerai sans déguisement.
DON JUAN
C'est ce que j'exige de toi... ou bien...
MOGICON.
Vous n'avez plus besoin de me menacer. Je vais vous