ACTE I, SCÈNE IV. l
DON FÉLIX assis , regarde derrière lui , et voit Mogicon.
Tu ne t'en vas pas.
MOGICON.
Pardonnez-moi.... (bas.) La peste te crève, maudit vieillard. Mais je t'attraperai bien ; car je vais écouter
de la porte. (H va se mettre auprès de la porte pour écouter. ) DON FÉLIX.
Vous me connoissez.**
DON ANDRÉ
Parfaitement.
DON FÉLIX
Vous savez que je me nomme...
DON ANDRÉ
Don Félix.
DON FÉLIX
Que ma maison est...
Cabrera, une des premières de Valence.
Que mon bien...
DON ANDRÉ
Est très-considérable.
DON FÉLIX
Vous savez que le ciel m'a donné , pour la consolation de mes vieux ans, une fille unique qui est belle. ...o
DON ANDRÉ
Plus belle que le jour.
DON FÉLIX
Bien faite, spirituelle, et douée de...
DON ANDRÉ
De toutes les bonnes qualités du corps et de l'esprit.
l4 l'E TRAITRE PUNI.
DOîf FÉLIX.
Puisque tout cela vous est connu , je m'étonne que vous en usiez comme vous faites avec moi. Vous passez les nuits entières sous les fenêtres de Léonor, comme si vous cherchiez à vous introduire dans ma maison. Quel est votre dessein .i^ Vous ne regardez pas , je crois, ma fille sur le pied de galanterie? Vous connoissez trop sa vertu et ma noblesse. D'un autre côté , vous ne m'en faites pas la demande. Que puis-je penser de ce procédé ? On vous a dit peut-être que je l'ai accordée aux vœux d'un gentilhomme de Tolède, et cela est véritable. J'attends ce cavalier de jour en jour ; mais , Alvarade, si c'est cette raison qui vous empêche de vous déclarer dans les formes, je veux bien avoir égard à cette discrétion , en vous épargnant tous les pas que la bienséance et l'usage veulent que vous fassiez. En un mot, je romprai l'engagement où je suis avec un autre ,
et je vous offre Léonor Vous ne me répondez
point. La proposition que je vous fais vous déplairoitelle ? Parlez.
DOjV AjN'DRE se levant brusquement.
Je suis un grand sot de vous écouter avec tant de patience.
DON FÉLIX
Que dites-vous , Alvarade ?
DON ANDRÉ
Vous parlez de mariage à l'homme du monde qui l'a le plus en horreur.
DON FÉLIX se levant.
Je vous entends, don André. L'outraee est violent. Vous m'insultez chez vous : mais...