DON GARCIE, GALINDO
GALIJYDO se frottant les yeux.
Que souhaitez-vous , seigneur ?
DON GARCIE
Que diable faisois-tu là-dedans ?
GALINDO ivre.
J'y faisois ce qu'on fait quand on dort.
DON GARCIE
Y étois-tu sans lumière ;'
GALINDO bégayant.
Oh ! je suis fait à la fatigue , moi , je dors fort bien sans lumière.
DON GARCIE
Tu as bu , je pense ; tu es ivre ?
GALINDO
J'ai bu , il est vrai , j'ai bu ; mais je ne suis pas ivre : tout homme qui est ivre a bu , cela est sans contredit ; mais tout homme qui a bu n'est pas ivre.
DON GARCIE
Qui t'a mis dans ce bel état ?
GALINDO
Jai fait une petite débauche avec le cocher de Léonor.
BO¥. GARCIE. Le cocher de Léonor ?
GALINDO
Oui , ce coquin, pour célébrer les noces de sa maîtresse , s'est enivré ; et moi , par complaisance , j'ai bu avec lui.
DON GARCIE
Maraud , tu vas te réjouir d'une chose qui me rend le plus malheureux des hommes.
GALINDO
C'est le cocher qui s'est réjoui ; j'ai bu sans me réjouir , moi : le souvenir de vos feux méprisés me rendoit si triste, si triste , que tous les coups que je buvois étoient autant de coups de poignard.
DON GARCIE
Je n'en doute pas.
GALINDO
Je suis entré si vivement dans vos chagrins , que je me suis bourré d'une cinquantaine de coups pour le moins.
DON GARCIE
Va me queiùr de la lumière.
GALINDO cherchant la porte à tâtons.
Vous en aurez bientôt , pourvu que je puisse trouver la porte.
DON GARCIE
Hâte-toi.