ACTE I, SCÈNE VIII
attentat ? Non , je ne puis me l'imaginer. Don Félix est d'un sang trop noble pour en être capable , et je crois plutôt que cette lett|:-e est l'ouvrage de ses ennemis. Ils voudroient lui ôter tout asile; mais ils le servent, au lieu de m'armer contre lui.... Que dis -tu , malheureux ? Peux-tu avoir oublié l'outrage que tes feux parjures ont fait à don Alvar? Tu enlevas de chez lui sa trop crédule sœur, et, malgré la foi jurée, tu refusas sa main. Après cela, tes jours peuvent-ils être assurés ? Il n'en faut plus douter : don Félix vient venger cet affront. Juste ciel ! dans quelle confusion de pensées me jette cette lettre! Ce n'étoit donc pas assez que l'amour du roi me causât de l'inquiétude , il faut encore que je craigne pour ma vie. O don Pèdre ! ô Mendoce, funestes à mon repos! ou plutôt, c'est à vous, ô vengeance céleste, que je dois imputer le désordre où sont mes esprits !... Quelles indignes terreurs ! Quelle foiblesse à moi de les écouter ! Bannissons-les. Puisque l'on m'avertit de me tenir sur mes gardes , me conviendroit - il de craindre ? Observons tout. Gardons mon ennemi, la générosité m'y oblige, ma parole m'y engage , et mon roi me le commande.
FIN DU PREMIER ACTE
Io8 DO\ FliLIX DE ME.NDOCE.