‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 8 sur 399 · ACTE I, SCENE V. 1<J · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V. 1<J

MOGICON.

Oubliez-vous que je suis valet? Hé bien! qu'allez-vous faire à présent ? Continuerez-vous d'assiéger une place don ton va probablement augmenter les fortifications :'

DON ANDRÉ

Je vais, n'en doute pas, mettre de nouveau l'alarme au quartier; faire plus que jamais le passionné de Léonor. Les obstacles m'encouragent au lieu de me rebuter.

MOGICON.

Vous avez raison ; les difficultés sont la rocambole de l'amour. Je suis de votre goût; je fais peu de cas d'une conquête aisée. Il faut, pour me piquer, que la dame s'écrie en baissant la voix : Prenez garde, mon cber, ma mère nous a vus ; mes frères me soupçonnent ; la voisine en cause ; mon mari pourra nous surprendre. Voilà ce qui rappelle son buveur. Mais lorsque chez la belle je n'ai aucun sujet de crainte, je m'ennuie, je bâille, je m'endors.

DON ANDRÉ

Je commençois à n'aimer plus Léonor; mais don Garcie et don Félix ont rallumé mes feux. Je vais employer tous mes soins à causer de nouvelles frayeurs au père, et à désespérer mon rival.

MOGICON.

L'entreprise est héroïque et digne de vous; mais, seigneur don André , bon pied , bon oeil. Ce don Garcie m'a paru terriblement hargneux ; et d'ailleurs don Félix est redoutable. Ces vieux routiers sont de dangereux ennemis. Un coup d'arquebuse est bierttôt lâché par une lucarne.

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