XX XOTICK SUR LA. VIE
Voltaire tut depuis injuste envers Le Sage ; c'était ce dernier qui lui avait montré l'exemple. Il ne faut pas chercher à les excuser; il est plus simple de convenir que tous deux ont eu tort.
Les défenses que l'on faisait aux acteurs forains n'étaient que momentanées. L'Opéra-comique se relevait toujours, malgré les comédiens français et italiens. Les deux partis guerroyaient à coups de pièces de théâtre. Les forains toutefois avaient de plus que leurs adversaires ime arme bien puissante, la parodie, et ils l'employaient souvent; Le Sage était toujours sur la brèche, combattant contre les Romains et leurs alliés '.
' Pour en 6nir sur ces théâtres, Monet eut le privilège en 1743. Préville faisait partie de sa troupe, qui jouait des comédies mêlées de couplets. Le spectacle fut encore supprimé en 1745; une permission de le rouvrir fut accordée au même Monet en 1751. Quelques musiciens s'y attachèrent, et les couplets se chantèrent sur des airs nouveaux de leur composition : c'était le véritable opéra-comique. Le directeur changea , mais l'entreprise prospérait toujours. Le Maréchal ferrant, et On ne s'avise jamais de tout, joués à la foire Saint-Laurent en 1761, furent tellement goûtés du public, puis de la cour, devant qui ont les fit représenter, qu'on résolut de donner plus de consistance à ce théâtre. On ne crut pouvoir mieux faire que de l'amalgamer avec la comédie italienne; la réunion eut lieu en 1762. Quelques acteurs et les pièces de l'Opéra-comique firent partie de la troupe et du répertoire. Les spectacles de la foire furent abandonnés aux troupes de Nicolet et d'Audinot, qui devinrent bientôt
ET LES OUVRAGES DE LE SAGE. xxj
Mais au milieu de ces travaux lucratifs, il en avait fait de plus honorables : il avait donné, en 1 7 1 5 , les deux volumes de V Histoire de Gil Blas de Santillane. Il ajouta un troisième volume en 17^4) et un quatrième en 1735. Chaque volume contenait trois livres. Cet ouvrage n'est qu'un roman , mais c'est le premier des romans , si Télémaque n'en est pas un. Il mit le sceau à la réputation de l'auteur , et le plaça dès-lors au rang des écrivains classiques français. Il est si répandu , qu'il n'y a rien de nouveau à en dire , et ce n'est pas même une nouveauté que la clef qu'on va lire : il n'y a, tout au plus, de nouveau que la forme.
des directeurs de comédie. L'Opéra-comique, petit à petit, envahit tout; et en 1779 les pièces italiennes furent tout-àfait abandonnées; mais le titre, devenu impropre, de comédiens italiens y fut conservé. Ce ne fut qu'en 1793 que la compagnie prit le titre à' Opéra-comique national. Le genre du vaudeville, le genre primitif s'était perdu peu à peu, et le gouvernement s'opposait ù ce qu'on le rétablît. En 1780, MM. Piis et Barré donnèrent Cas sandre oculiste , ou la Dupe de son art, comédie-parade en un acte, et toute en vaudevilles. Le succès de cette pièce engagea les auteurs à en composer quelques autres. La révolution, commencée en 1789, brisa des entraves de toutes sortes. Un décret de l'Assemblée nationale, du i5 janvier 1791, permit à tout citoyen d'élever un théâtre pubhc, et le 12 janvier 1792 se fit l'ouverture du Vaudeville , rue de Chartres.