‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravuresChapitre 20 sur 241 · LIVRE I, CHAP. VII. 4l · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. VII. 4l

" j'aurois pu faire poui' le tromper. Il m'observoit , et j'étois obligé d'agir avec beaucoup de circonspection pour ne pas me trahir. Je m'en remettois donc au temps que les voleurs m'avoient prescrit pour me recevoir dans leur troupe , et je l'attendois avec autant d impatience que si j'eusse dû entrer dans une compagnie de traitants.

Grâces au ciel, six mois après, ce temps arriva. Le seigneur Rolando dit un soir à ses cavaliers : Messieurs, il faut tenir la parole que nous avons donnée à Gil Blas. Je n'ai pas mauvaise opinion de ce garçon-là j il me paroît fait pour marcher sur nos traces; je crois que nous en ferons quelque chose. Je suis d'avis que nous le menions demain avec nous cueillir des lauriers sur les grands chemins. Prenons soin nous-mêmes de le dresser à la sloire. Les voleurs fuient tous du sentiment de leur capitaine ; et , pour me faire voir qu'ils me regardoient déjà comme un de leurs compagnons, dès ce moment ils me dispensèrent de les servir. Ils rétablirent la dame Léonarde dans l'emploi qu'on lui avoit ôté pour m'en charger. Ils me firent quitter mon habillement, qui consistoit en une simple soutanelle fort usée, et ils me parèrent de toute la dépouille d'un gentilhomme nouvellement volé. Après cela, je me disposai à faire ma première campagne.

GIL HLAS.

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