‹ uvres de Albert Samain (volume 2)Chapitre 32 sur 72 · LES BUCHERS · texte numérisé non relu

LES BUCHERS

Les générations passent sous le soleil,

Sans regarder le ciel trop haut pour leurs paupières,

Bétail indifférent, végétant aux litières

Des jours de chair épaisse et d'opaque sommeil.

L'or seul, l'or luit partout, dieu sordide et vermeil. Et les peuples obscurs, qu'effare la lumière, Roulent à l'océan sans fond de la matière, Larves mornes qui n'ont jamais connu l'éveil.

Alors, pour éclairer la nuit sombre des temps,

De loin en loin des cœurs, de beaux cœurs palpitants

Brûlent, torches de foi, d'amour, ou de génie.

Et l'histoire, stérile amas d'écroulements,

N'est qu'un désert peuplé de ces grands flamboiements

Par qui l'humanité s'illumine — infinie.

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