LE VASE
C'était un vase étrange; on y voyait courir, Pantelante sous la torche des Erynnies, Une foule mouvante en spires infinies... Et l'argile vivante avait l'air de souffrir.
Quelque ouvrier terrible avait dû la pétrir Avec de la chair âpre et des pleurs d'agonies; Des hydres s'y tordaient, et les Voix réunies Clamaient la double horreur de naître et de mourir.
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Ivres, les Passions fracassaient des cymbales; L'Avarice et la Haine, ourdissant leurs cabales, Insultaient la Justice avec des bras sanglants.
Et, seul, un lis, élu pour les miséricordes, Priait dans la lumière, et sur l'enfer des hordes Versait son âme triste et noble en parfums blancs.