‹ uvres de Albert Samain (volume 3)Chapitre 4 sur 58 · ACCOMPAGNEMENT · texte numérisé non relu

ACCOMPAGNEMENT

Tremble argenté, tilleul, bouleau...

La lune s'effeuille sur l'eau...

Comme de longs cheveux peignés au vent du soir, L'odeur des nuits d'été parfume le lac noir. Le grand lac parfumé brille comme un miroir.

La rame tombe et se relève, Ma barque glisse dans le rê/e.

Ma barque glisse dans le ciel Sur le lac immatériel...

28 AU JARDIN DE i/lNFANTE

Des deux rames que je balance, L'une est Langueur, l'autre est Silence.

En cadence, les yeux fermés, Rame, ô mon cœur, ton indolence A larges coups lents et pâmés.

Là-bas la lune écoute, accoudée au coteau, Le silence qu'exhale en glissant le bateau... Trois grands lis frais-coupés meurent sur mon manteau.

Vers tes lèvres, ô Nuit voluptueuse et pâle, Est-ce leur âme, est-ce mon âme qui s'exhale? Cheveux des nuits d'argent peignés aux longs roseaux.

Comme la lune sur les eaux, Comme la rame sur les flots, Mon âme s'effeuille en sanglots 1

AU JARDIN DE L'iNFANTE 29

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