HÉLÈNE
L'acre vapeur d'un soir de bataille surnage. L'Argienne aux bras blancs a franchi les remparts, Et vers le fleuve rouge, où les morts sont épars, Solitaire, s'avance à travers le carnage.
Là-bas, les feux des Grecs brillent sur le rivage; Les chevaux immortels hennissent près des chars... Lente, elle va parmi les cadavres hagards, Et passe avec horreur sa main sur son visage.
208 AU JA.RDIN DE i/lNFANTE
Qu'elle apparaît divine aux lueurs du couchant !... Des longs voiles secrets, qu'elle écarte en marchant, Monte une odeur d'amour irrésistible et sombre;
Et déjà les mourants, saignants et mutilés,
Rampant vers ses pieds nus sur leurs coudes dans l'ombre
Touchent ses cheveux d'or et meurent consolés.