‹ uvres de Albert Samain (volume 3)Chapitre 47 sur 58 · HÉLÈNE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE

L'acre vapeur d'un soir de bataille surnage. L'Argienne aux bras blancs a franchi les remparts, Et vers le fleuve rouge, où les morts sont épars, Solitaire, s'avance à travers le carnage.

Là-bas, les feux des Grecs brillent sur le rivage; Les chevaux immortels hennissent près des chars... Lente, elle va parmi les cadavres hagards, Et passe avec horreur sa main sur son visage.

208 AU JA.RDIN DE i/lNFANTE

Qu'elle apparaît divine aux lueurs du couchant !... Des longs voiles secrets, qu'elle écarte en marchant, Monte une odeur d'amour irrésistible et sombre;

Et déjà les mourants, saignants et mutilés,

Rampant vers ses pieds nus sur leurs coudes dans l'ombre

Touchent ses cheveux d'or et meurent consolés.

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