LA VACHE
Rousse dans le pré vert que la lumière inonde, Elle va, lente, avec de l'herbe entre les dents; Son fanon musculeux croule à plis abondants, Et sa queue alentour de ses flancs vagabonde.
Entre ses cuisses pend sa mamelle profonde Comme une outre gonflée aux contours débordants, D'où coule sans tarir, depuis les temps des temps, Le lait, fleuve sacré, nourricier du monde.
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Grave et douce, elle vit, vaguement végétale;
La sourde attraction de la terre natale
Pèse en ses membres pleins d'une auguste lenteur;
Et quand midi répand la lumière par douches,
Elle ferme à demi, béate de chaleur,
Ses grands }^eux chassieux où pullulent des mouches.
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