‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 102 sur 221 · LE MAR<^V-X · texte numérisé non relu

LE MAR<^V-X

Non,. j'aime mieux ce taffetas feuille morte.

LA COMTESSE

C'est une étoffe trop âgée.

Elle m'a paru toute neuve.

LA COMTESSE

Laissez donc ! Il y a de ces choses qui sont toujours de l'an passé,

Que c'est bien femme, ce que vous dites là!

LA COMTESSE

Comment, bien femme? Que voulez-vous dire?

LE MARQ.VXS.

Eh ! mon Dieu, oui. Toujours du nouveau ! — voilà ce qu'il vous faut, à vous autres.

LA COMTESSE

A vous autres! Vous êtes poli.

Hors le moment présent, vous ne connaissez rien. Vous ne vous souciez plus des choses de la veille.

IpS ON NE SAURAIT PENSER A TOUT.

et celles du lendeAiain^ vous n'y songez pas. Je vous réponds bien que, si j'étais mariéyma femme n'aurait pas tant de fantaisies.

LA COMTESSE

Vous lui feriez porter une robe feuille.morte?

Feuille morte, soit, si c'était mon goût.

Elle s'en moquerait, et ne la porterait pas.

Elle la porterait toute sa vie, madame, si elle m'aimait véritablement.

LA COMTESSE

Eh bien ! à ce compte-là, vous resterez garçon.

Parlez- vous sérieusement, madame? '

LA COMTESSJS.

Oui , je vous conseille de i^enoncer à trouver une victime de bonne volonté.

O ciel ! mais c'est ma mort que vous m'annoncez là !

LA COMTESSE

Comment, votre mort ?

Assurément. Je ne suis pas comme vousj moi, madame. Il ne faut pas me dire deux fois les choses. Qh ! je craignais cette cruelle parole, mais, en la prévoyant, je ne l'entendais pas. Elle me déses-

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