SCENE IV
LE DUC, LISETT\j2.
LE DUC
Toi, viens çà.
LISETTE
Ma maltresse m'attend.
LB DUC
Eh! qu'elle attende! Elle a ses femmes, je suppose. Elle boude ce soir ; mais, pour si peu de chose. Crois-tu du rendez-vous l'espoir abandonné ?
LISETTE
Monseigneur, c'est vous seul qui vous l'étiez donné.
LE DUC
Je te le donne encor.
LISETTE
Permettez...
LE DUC
Point d'a£faîre!
Écoute: la duchesse est 14, près de ma mère; Sur mon compte, sans doute, on jase en ce moment ; Vas-y. — Je sortirai par cet appartement.
Je serai rêveur, sombre, et d'une humeur atroce; Mais dès qu'on entendra le bruit de mon carrosse, Compte qu'après avoir dûment délibéré.
Dit quelque mal de moi, peut-être un peu pleuré, La duchesse pourra changer de fantaisie.
Ses caprices ne sont qu'un peu de jalousie.
ia6 LOUI80N.
Elle prétend, au vrai, détester l'Opéra ; Elle n'y viendrait pas, mais elle m'y suivra.
LISETTE
De grâce, écoutez-moi.
J'y gagerais ma tête !
Déjà dans ce dessein sans doute elle s'apprête. Sois sûre qu'elle va demander ses chevaux, Choisir le pluv coquet parmi ses dominos, Et, les yeux aveuglés sous un capuchon rose, D'un petit mal bien clair chercher bien loin la cause. Puisse-t-elle à ce bal trouver beaucoup d'appas ! Quant à moi, tu sais bien que je n'y reste pas. Tu sais que je reviens. — Ainsi tu vois, ma belle, Que lever tout obstacle est une bagatelle.
Je vais faire, au hasard, une visite ou deux. Perdre quelques louis peut-être à leurs sots jeux. Dépenser ma soirée à parler sans rien dire; Le jour est aux ennuis, et le reste à Zaïre.
On sonne.
On t'appelle. — Au revoîr!