SCÈNE II
LE BARON
Certainement.
A part.
Il n'est point méchant, et ses distractions mêmes, entre des mains habiles, peuvent tourner à son profit. On n'a pas su le guider jusqu'ici. Allons, il peut venir à Gotha.
Haut.
Voilà qui est convenu ; je vous laisse. A mon retour, votre démarche sera faite, et le succès, je l'espère, sera favorable^ car la comtesse, apparemment, s'attend à votre proposition.
Mais je ne sais pas trop, car voilà plusieurs fois que je viens ici pour lui en parler, et, je ne sais comment cela se fait, je l'oublie toujours; mais, cette fois-ci, j'ai mis un papier dans ma botte pour m'en souvenir.
LE BARON
Cela fait un mariage bien avancé !
Je ne sais pas si elle y consentira, car il est difficile de la fixer longtemps sur le même objet. Quand vous lui parlez, elle semble vous écouler, et elle est à cent lieues de là.
LE BARON
Elle est peut-être distraite ?
Oui, elle est distraite. C'est insupportable, cela.
LE BARON
Oh ! je vous en réponds. — Je vais chez monsieur Duplessis.
Oui, VOUS ferez bien, parce que ce mariage, le procès de la comtesse et cette ambassade, tcrut cela m'occupe beaucoup. On a mille lettres à répondre. Elle veut que je lise un roman nouveau... Tout cela ne peut pas s'accorder ensemble... vous en conviendrez bien.
LE BARON
Oui, oui, songez à votre mariage.
LE MARQ^UIt.
C'est vrai. Cette diable d'affaire-là me tourne la tête. Je n'y pense jamais. Je ne vous reconduis pas.
LE BARON
Hé ! non, non. Vous vous moquez de moi.
A pari, en s'en allant.
Il voulait, disait-il, surveiller Germain, mais je vais le faire surveiller lui-même.