‹ uvres de Bernard, ornées d'une gravure d'après PrudhonChapitre 115 sur 116 · MADRIGAL III · texte numérisé non relu

MADRIGAL III

J'ignore si mon ame, aux Parques asservie, Doit retrouver un jour le néant ou la vie : Mais, ô dieux! si Corinne a trahi ses serments, A mes yeux pour jamais éteignez la lumière; Pour dérober cette ame à d'éternels tourments, Dans les flots du Léthé plongez-la tout entière : Mais si son cœur fidèle est le prix de mon cœur, Grands dieux , ouvrez l'Olympe à mon ame immortelle,

Pour éterniser avec elle

Le souvenir de mon bonheur!

MADRIGAL IY.

Quel est, ô dieux! le pouvoir d'une amante' Quand je voyois Paris, Achille, Hector, La Grèce en deuil, et Pergame fumante, Quels fous! disois-je : Homère qui les chante Est plus fou qu'eux. Je n'aimois point encor. J'aime, et je sens qu'une beauté trop chère De ces fureurs peut verser le poison : J'approuve tout : rien n'est beau comme Homère, Atride est juste, et Paris a raison.

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