‹ uvres de Bernard, ornées d'une gravure d'après PrudhonChapitre 16 sur 116 · ACTE II, SCÈNE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. i

TÉLAÏRE.

La vengeance flatte la gloire,

Mais ne console pas l'amour.

Prince, un rayon d'espoir à mes yeux se présente : Le pouvoir de Phébé peut remplir mon atteinte,

Et ravir Castor aux enfers.

POLLUX

Non, c'est en vain qu'elle le tente, Et c'est encore à moi de réunir vos fers. Aux pieds de Jupiter j'irai me faire entendre :

Le dieu qui me donna le jour A mon frère peut le rendre.

Aux larmes de son fils quelle marque plus tendre

Peut-il donner de son amour?

TÉLAÏRE.

Ah! prince, osez tout entreprendre; Montrez qu'aux immortels votre sort est lié : Jupiter dans les cieux est le dieu du tonnerre. Et Pollux sur la terre

Sera le dieu de l'amitié.

D'un frère infortuné ressusciter la cendre, L'arracher au tombeau, m'empêcher d'y descendre, Triompher de vos feux , des siens être l'appui ,

Le rendre au jour, à ce qu'il aime,

C'est montrer à Jupiter même

Que vous êtes digne de lui.

i44 CASTOR ET POLLUX.

POLLUX, au peuple.

Reprenez vos chants de victoire, Que mon triomphe embellisse ces lieux : Occupez Télaïre, et charmez ces beaux yeux Par le spectacle de ma gloire.

(Il sort.)

(La scène devient plus éclairée, les tombeaux sont couverts de trophées et des dépouilles des ennemis. Marche des combattants. Entrée et combats figurés d'athlètes et de gladiateurs.)

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