‹ Œuvres de Blaise PascalChapitre 100 sur 143 · PREMIÈRE PARTIE, ART. XI. l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, ART. XI. l

is assurerons-nous qu'elle est la même dans s les hommes? Nous n'en avons d'autres *ques que l'uniformité des conséquences, qui t pas toujours un signe de celle des prin- »; car ceux-ci peuvent bien être différents , 3iî du ire néanmoins aux mêmes conclusions, :un sachant que le vrai se conclut souvent faux.

nfin Montaigne examine profondément les nces ; la géométrie , dont il tâche de montrer certitude dans ses axiomes et dans les termes lie ne définit point, comme d'étendue, de wementy etc.; la physique et la médecine, 1 déprime en une infinité de façons ; l'hise , la politique , la morale , la jurispruce, etc. De sorte que, sans la révélation, s pourrions croire, selon lui, que la vie est ;onge dont nous ne nous éveillons qu'à la t, et pendant lequel nous avons aussi peu principes du vrai que durant le sommeil irel. C'est ainsi qu'il gourmande si fortet et si cruellement la raison dénuée de la que, lui faisant douter si elle est raison le , et si les animaux le sont ou non , ou plus noins que l'homme, il la fait descendre de :ellence qu'elle s'est attribuée, et la met, grâce, en parallèle avec les bêtes, sans lui oettre de sortir de cet ordre, jusqu'à ce lie soit instruite, par son Créateur même, on rang qu'elle ignore : la menaçant, si elle ide , de la mettre au-dessous de toutes , ce

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qui lui paroît aussi facile que le contraire ; et a c lui donnant pouvoir d'agir cependant que pour reconnoître sa foiblesse avec une humilité sincère , au lieu de s'élever par une sotte vanité. On ne peut voir, sans joie, dans cet auteur ^la superbe raison si invinciblement froissée par ses propres armes , et cette révolte si sanglante de l'homme contre l'homme, laquelle , de la société avec Dieu où il s'élevoit par les maximes de sa foible raison , le précipite dans la condition des bêtes ; et on aimeroit de tout son cœur le ministre d'une si grande vengeance , si , étant humble disciple de l'Église par la foi, il eût suivi les règles de la morale , en portant les hommes, qu'il avoit si utilement humiliés, à ne pas irriter par de nouveaux crimes celui qui peut seul les tirer de ceux qu'il les a convaincus de ne pas pouvoir seulement connoître. Mais il agit au contraire en païen : voyons sa morale.

De ce principe , que hors de la foi tout est dans l'incertitude , et en considérant combien il y a de temps qu'on cherche le vrai et le bien , sans aucun progrès vers la tranquillité , il conclut qu'on doit en laisser le soin aux autres; demeurer cependant en repos, coulant légèrement sur ces sujets , de peur d'y enfoncer en appuyant; prendre le vrai et le bien sur la première apparence , sans les presser , parce qu'ils sont, si peu solides, que, quelque peu que Ton serre la main, ils s'échappent entre les doigts, et la laissent vide. Il suit donc le rapport des

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