‹ uvres de BossuetChapitre 95 sur 140 · IV. De la vérité · texte numérisé non relu

IV. De la vérité

Les hommes haïssent la vérité qui les reprend : ils ne veulent pas la connaître, de crainte qu'elle ne les juge; mais elle ne perd point son droit, et ils la perdent elle-même. Ceux qui nous reprennent nous signiflent la sentence de Dieu contre nos vices. La loi qui est en Dieu la prononce; les hommes qui nous reprennent la signifient ; la lumière delà conscience la veut mettre à exécution.

Deux moyens de connaître la vérité : premièrement, en elle-même , secondement , par l'autorité , sur la foi d'autrui. Dans le premier, point de soumission. C'est à Dieu seul de faire connaître la vérité en l'une et l'autre manière , parce que « c'est « lui qui éclaire tout homme qui vient au monde : » Illuminât omneni hominem venientetn in hune munduniK II ne peut ni tromper ni être trompé. Quand les hommes attestent [ quelque point , leur témoignagene produit qu'] opinion et doute : au contraire quand Dieu parle , la foi et la conviction [résultent de son témoignage.] Or il est juste que Dieu soit adoré en ces deux manières. La vérité qui se découvre , et l'autorité qui fléchit , doivent dominer [la raison , et la captiver.] La vue [claire de la vérité est réservée pour] l'autre vie ; la foi et la soumission sont pour la terre. Il feut que la vérité soit découverte ;ien attendant, pour s'y préparer , que son autorité soit révérée. Vous perdez quelque chose du vôtre ; le droit de juger, qui nous est si cher que «ous voulons nous mêler déjuger de tout, même des choses les plus cachées ; [et c'est là faire/ à Dieu le sacrifice qui lui est le plus agréable, le plus capable de l'honorer; c'est-à-dire,] le sacrifice non-seulement des sens, mais de la raison même.

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