INSCRIPTIONS DANS UN TEMPLE A L'AMITIÉ
Aux lois du changement elle seule résiste ; Soumise à nos destins, sans varier comme eux ;
Si nous souffrons, elle s'attriste.
Et jouit avec nous, si nous sommes heureux.
334 BOOFFLERS.
Da temps qui nons éteint son fea brave Tontrage, Ses yeux, plus indulgents que les yeux des amours, Pardonnent à des traits défigurés par Tâge, Et sa main nous soutient au déclin de nos jours.
Pourquoi Tamour est- il donc le poison, Et Tamitié le charme de la vie ?
G*est que Tamour est fils de la folie, Et l'amitié fille de la raison.
Quel appui trouvons- nous au sortir dn berceau? Qui sait nous consoler sur le bord du tombeau? C'est toi, douce amitié, délice de tout âge, Volupté de notre âme et passion du sage !
Amitié! te faut- il des temples ici-bas?
Et pourquoi tous les cœurs ne t'en servent-ils pas ?
* Bonheur de chaque état, volupté de tout âge, Tu doubles nos plaisirs, et tu charmes nos maux ; On te doit l'intérêt dans le sein du repos.
Et ton temple est voisin de l'humble toit du sage.
Réfléchissons et nous conviendrons tous Que notre cœur ne fut point fait pour nous.
' Les inscriptions marquées d'une étoile ne sont pas de Oouffiers.
toi d*un cœur sensible espoir ou récompense, Bonheur de tous nos jours, soutien de tous nos pas, Sainte amitié ! ne souffre pas Que des ingrats nuisent à ta puissance.
En vain pour la matière un esprit fort réclame, L'amitié nous apprend que nous avons une âme.
* Au bonheur Tamitié sait joindre le repos ; Sa main de nos vieux ans pare encor les ruines ; Des roses de Tamour arrachant les épines, Elle épure ses biens et répare nos maux.
Contre les coups du sort te faut-il une égide ?
Veux-tu voir dans tes maux ton courage affermi? Ouvre ton cœur à ton ami.
Ferme les yeux pour qu'il te g'uidc.
Les dieux, voulant nous rendre tous heureux, Ont envoyé l'amitié sur la terre ; Les passions lui prêtèrent leurs feux.
Et la raison lui prêta sa lumière.
Pour avoir ici-bas le calme au lieu du trouble, Pour voir nos biens portés au double, Et nos maux réduits à moitié,
Au lien de la fortune adorons l'amitié.