‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 65 sur 72 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Qu*est-ce, Chrétiens, que l'indulgence du Jubilé? Le Jubilé» daos Tancienne loi, étoit une année de rémission et de grâce pour le peup^

de Dieu ; nous en voyons Torigine et TiDstitution dans le Tingi-cin* quième chapitre du Lévitiquey où Dieu ordonna à Moïse qu^en méioe temps que les prêtres qui dévoient lui succéder dans le ministèreaaroieot fait l'ouverture de cette année sainte, on publieroit une rémission générale pour tous lesenfantsd'IsraêlyC'est-à-direquetooslesesdaTes seroient mis en liberté , que tous les propriétaires rentreroientdans la possession des biens qu'ils avoient aliénés, que tous ceux qui avoient contracté des dettes en seroient déchargés ; et cela , dit l'Écriture, parceque c'étoit Tannée du Jubilé: Ipse est enim JubÛœiu (Levit.,!5|. Mais ce n'étoit là, après tout, pour me servir du terme de saint Paid, que Tombre des biens à venir. Ce Jubilé, si mémorable parmi les Hébreux, n*étoit que pour servir de figure, et que pour nous préparer au Jubilé de la loi nouvelle; car ce Jubilé de la loi nouvelle est proprement celui où les véritables esclaves , je veux dire ceux que led^ mon tenoit dans la servitude du péché, sont remis dans la pleine et entière liberté des enfants de Dieu; celui où les pécheurs réconcilia rentrent dans la parfaite jouissance des véritables biens, en recouïïani les mérites qu'ils avoient acquis devant Dieu , et que le pécbé Im avoit fait perdre ; celui où les véritables dett^, j'entends les peioes dues au péché, demeurent éteintes, et sont universellement abolies* Or c*est ce Jubilé , mes Frères , que je vou& annonce , et dont nous commençons aujourd'hui à célébrer la solennité : heureux si nousli célébrons dans un esprit chrétien ! heureux, si tout ce qui étoit figoR dans le Jubilé autrefois publié par Moïse s'accomplit ep nous ! Il s'yi ^ de vous expliquer en quoi consiste précisément ce Jubilé de la loi lie ; grâce, et ce qu'il a de plus essentiel; le voici : le Jubilé de la loi de graa I est proprement la rémission de la peine temporelle qui reste à subirai i pécheur, après que son péché lui est pardonné. L'Église, à qui Jésus- Christ a donné le pouvoir de lier et de délier, avec assurance que tt qu'elle déliera sur la terre sera délié dans le ciel ; l'Église , qui eslb dispensatrice du trésor infini des satisfactions de J^us-Christ, en vertu du Jubilé, remet par grâce au pécheur ce que le pécheur, quoique déjà réconcilié avec Dieu , auroit encore dû souffrir, dans la ligueur de la justice; pour expier parfaitement son péché. Voilà, en dem mots, ce qu'il y a de plus important et de capital dans fe Jubilé, oi ' dans la grâce qui nous est offerte quand l'Église nous accorde le Jubilé ; grâce complète , puisqu'elle met le comble à la justification (k l'homme criminel et pénitent.

Pour vous rendre ceci plus intelligible, il faut distinguer deux closes dans le péché, ce que nous appelons la coulpe, et ce que nous appelons la peine : ce que nous appelons la coulpe ou l'offense, c^ rinjure<^faite à Dieu ; et ce que nous appelons la peine, c'est le droii que Dieu se réserve , en pardonnant même le péché , de punir le pe çheur ; je dis de le punir temporellement , au lieu que par son péch<^> s'il est mortel, il auroit4mérité d'être puni éternellement. Cette coulp*

OU cette offense ne peut jamais être remise que par le sacrement de la pénitence » ou par la contrition parfaite : cette peine temporelle » que Dieu se réserve, devroit , dans Tordre de la justice rigoureuse', être acquittée, ou par les œuvres satisfactoires dans cette vie, ou par le purgatoire dans l'autre ; mais, par une grâce spéciale. Dieu ta remet en vertu de Tindulgence et du Jubilé; et le Jubilé, encore une fois, n'est autre chose que cette rémission. , '

En vain les ennemis de l'Église et des indulgences coinbattent-ils ce principe par deux difficultés qu'ils nous opposent rfune, qujs Dieu, dont les œuvres sont parfaites, ne i^emet jamais W péché à demi/ et que la rémission de la peine même temporelle est toujours inséparable de la rémission de l'offense : l'autre, que Jésiisf-^^Ihrist , ' par sa mort ayantpleinementetabondamment satisfaitpournous, toute autre peine que Dieu exigeroit encore du pécheur, son péché lui étant remis, dimi< nueroit le mérite du sacrifice de la croix, qui a été unesatisfactioïï plus ^ que suffisante pour tous les péchés du monde. Deux objections, quoiqife spécieuses, qui n'ont dans le fond nulle solidité, et qùî * soni même, dans les maximes de notre religion, deux erreuirs grossières et absolument insoutenables. Car, pour répondre à la première; il est non seulement indubitable, mais de la foi, que Dieu, selon les lois communes de sa justice, en pardonnant même le péché, se réserve encfore le droit de punir temporellement le pécheur. Rien de plus évident dans FÉcriture. Hoïse obtient le pardon de son incrédulité ; cependant pour punition de cette incrédulité même, quoique pardonnée, il n'entrera point dans la terre promise. Nathan déclare à David que Dieu lui a remis son crime, mais il ajoute que pour l'en punir, Dieu lui prépare des afflictions et des calamités ; conduite adorable, où. Dieu fait éclater sa sagesse, au même temps qu'il exerte sa misét^corde; Et pour réponse à I9 seconde difficulté, il est vrai que Jésus-Christ pai* sa mort a pleinement et abondamment satisfait pour nous : mais il est jpareillement vrai et de la foi que l'intention de Jésus-Christ, en satisfaisant pour nous, n'a point été de noué dispen^ei^ par-là de satisfaire nous-mêmes, et de faire pénitence pour nous-nlêmes ; qu*au contraire, il a prétendu nous en iifaposer par-là même l'obligation indispensable, c'està-dîre la nécessité de joindre notre pénitence à sa pénitence, et nefs satisfactions à ses satisfactions ; car en qualité de Sauveur il n'a offert â Dieu sa mort pour nous qu'à cette condition. Mystère que le grand Apôtre concevoit admirablement, quand il disoit : Adimpleo ea quœ desunipassionum Christi incamemèâ{Coios8.^ 1). Ilest vrai que dans l'ordre du salut nos satisfactions doivent être jointes à celles dé Jésu^- Gbrist : mais, par l'étroite liaison qui est entre Jésd^Cbfi^t et nous, nos satisfactions, comparées aux siennes, sont tellement différentes des siennes , qu'elles en sont néanmoins essentiellement dépendantes ; qu'elles sont, dis-je, fondées sur les siennes, de' nulle valeur sans les siennes; (|u^elle9 tirent toute leur efficace çt tQUte leur vertu des

64é POUR L'OUVERTURE DU JUBILÉ.

siennes, et par conséquent qu* elles ne peuvent préjudicier au mérite des siennes. Tenons-nous-en donc toujours à la même proposition, 'que Dieu^ par Tindulgence et le Jubilé» nous rémei la peine temporelle qui éioit due à nos péchés, et dont Texacte mesuré n'eût pu sans cela être remplie que par nos satisfactions.

Ainsi rÉ(j;lise catholique, seule et infaillible dépositaire du vrai sens de rÉcrimre^ Fa-t-elle eptendû en expliquant cette promesse faite à saint Pierre, comme au chef du troupeau de Jésus-Christ : Quodcum- 'que solvèrîs sûj^nderram» erit $olutuni et in- cœtis (Matth., 16). Et ainsi la même Eglis^ gouvernée et conduite par le Sajnt-Esprit, J'at-elle toujours pratiqué, puisque Tusage des indulf^ences, et le pouvoir dé les accor^dér dont elle est en possession, est d'une tradition immémoriale dans le christianisme. Car c'est en vertu de ce pouvoir que saint Pâuly au nom de Jésus-Cbristy/àcçorda par indulgence à Tincestueui pénitent de Cpri^the lagraçQ I4 plus complète : je dis l'incestueux pénitent, et déjà sûrement converti a |)ieu par la JFervente contrition dont il avoit donne içies niarques si edii^antes, que FA-pôtre vouloit même qu'on le.consojàt, èalui remettant iê reste de la peine que ménioit son péché, et en le rétablissant daps la société des fidèles. C'est en ye^tu de ce pouvoir que les évéqûes des premiers siècles usoient dlndulgence eaVers ceux qui, dans les persécutions, vaincus pat la rigueiir des supplices, avoient 4t)juré,o,u. paru abjurer la foi^ en lés tenant quittes^ à là prière des fnartyrs,{des ^ines qu ils âvoienteacourues par leur, apostasi^^ lorsque, touchés d'un repentir sincère et vif, ils demàndpient avecgémisse«ientset avec larmes cette réiioùssion.

Vous me ^wez .qu'il n:e 3'bgissQit alors que des peines canoniques, de ces peines qu*ilfaUôit, subir dans. le gouverneqfient exteVieurdè l'Église.; m£li$ Q^spfgLl; de. tire s^injt Cyprien, pour éire convaincu qu'il s'agissoit même des peines due^ a la justice djyin^. Car, selon la doc-

que en esprit jdf^.pénitencaaccdmplissOjt les pçinef,j[;ftn/^ autant

et sçlon qii'il j^ ^pm]f>Us^tv ëloit ai(tant et à pçdpof tiçn déchargé

de celles ((qat Jl sa trouvoït redevable au tribunal de Die^* U s'ensuit

donc que ripduJgeii^Q qui tenoU iijSiu de la. peine cAuopique devoit

produire le^m^me ôffe^ que la peine .canonique^ et procureur aux pé-

i^it^ents le n^ême av£|iuag0 qve ]a peine canqnique; autrement, bien

. loin de l^\iiy être f^oraUe^ elleleuc eût^été nuisible, j^rsqu'en les

^ déqha^g^t dey^ii^ leé hojo^ipés, sans les décharger d^yapt. Ùi^ elle

ieseul,ega[cqfN^pviY^ <^^^ efficace^m^oye;as de satisfaire à

i)içu,.qiûét()ivi^.{^^ cw>pifl4^ même. C'est qpnforménàent à cette

. doctrine, et;sur lè|onuemenlde;Çe pouvoir doupé à saint Pierre, que

les indulgê^çi^s spspnt é|ablies dans le monde chrétien ; que de siècle

en siècle Tusçiges^en ei^t répapdu^.^f^'^i'nti» perifectiqpné; que les plus

distingués d'entre les Pères les ont reconnues, que les conciles œcu-

POtiif L OUVERTURE i>é JtÉvLÈ;

àliénîçjuèç les ont autorisées, que lés pltis'fjrayës tfiëôlôgl8nrf'lë&ttK> ëclairciès, c(ûe saint Grégoire î)ape les à accordées, que sàint*B^i»harrf' lésa prêchées, que les peuplés les 6ni reçues avec joie ^ qdeîés'JirbP lés parmi les fidèlesoùt été dans une si grande Ténérànôn; qii'lfSdtflf* ïjfoduît dans l'Éfflîsé dé D'iett (lés ffuitf dé' gràcè Si ^bondàntsvdéSf* conversions si épljatarites, dqs renoàvéllenîèrits de ferVeûr sî'èxëmfcfàS-* res, marque vjsiblé que ce À'ètoit pas l'ouvragé des &omme&,irmië' que Dieu eh étoit l'autèùr. i ..:,.. ,?

J'avoue néanmoins qti*il a pu se gflissei* sur cela dés abus tians le' cfirîstî^'nisme; cair dé quoi tfabuse-t-on pas, et qu'y a-t-il .de ^mt et' de sacré que l'on ne profane pas? Mais outre que TÉglise par sa àâ-' gesse a bien su corriger tous ces abus; outre qu'elle les a rçiranchés aveé uïi zèle digne de sa piété ; outre qi'f ilj? s'est particulièrement' appliquée à bannir ce qui servoît de prétexte à riiérésièpour décrîei* les indulgentes, savoir, Tesprit d'intérêt ; outre que lés règles qu'elle* s'est prescrites à ce dessein ont été inviolatlement et saintenlent observées; outre qu'elle a réduit par-là les indulgences à un usage tout spirituel, et à un désintéressement dont ses plus critiques censeurs sont forcés de cdnyeàir , Tabus même des indulgences nous' doit être une predve de leur vérité et de tpiir sainteté ; car, selon la maxime de Tertdllieù, on n'abuse que dé ce qui est bon, et on ne profane que ce' qui eét saint. Dé là jugeons avec quelle raison les Pères dû concile dé Trente ont défini que lés îndu'gencès eïoientsa-'

iiidulgences; aussi bieri que leur snînieté/esi désormais un dogme de' foi dont il n'y a point de catholique qui ne doive se faire un 'point de' créance et de religion. .,.»...

Cependant on demande par où le Jubilé est différent des' autres indulgences, et surtout de ces indulgences qu'otf appelle' plénîèrf s;' puisqu'on ne peut, ce semble, rien ajouter à leur pTênitude. Il est vrai qu'on n'y peut rien ajouter quant a la reifiission' dé la peine due au péché, en quoi j*aî dit que consistoit' fessentiel de rîndulgence;' mais î! y à, du reste dans le Jubilé, trois cii cônslûncey qui lui sont propres et qui le distinguent des induigences communes. Car je dis* que c'est une indulgence beaucoup plus solennelle, ûne.îndulgence beaucoup plus privilégiée, enfin une indulgence beaucoup plus sûre. Écoutez-moi, et instruisez-vpus. C'est une indufgeiice pliis solennelle j pourquoi? parcequ'elle est plus universelle^ et qu el e s'étend à tout le monde chrétien ; parcequ'ou y observé des cérémonies et plus augustes et plus saintes; parceque la publication » ^a célébration, la clôture de cette indulgence, se font avec un appareil plus capable d'exciter les cœurs, et de leur inspirer des sentiments de piété; parcequ'en effet la dévotion alors est plus fervente et plus unanime ; tout y

648 POUR L'OUyERTURË DU JUBILA.

oopcour^ :^ ^^^'^ ^ fidèles réanis s'assemblent devant les autels» et de concert viennent sollidter le del et présenter à Dieu leurs prières. Cestune indulgence plus privil^ée : pourquoi? parcequ*elleest aooompagnée de plusieurs grâces que rËg^se» comme une charitable mère, veut bien accorder à ses enfants; noais qu'elle ne leur accorde que pour ce saint temps, et qu'en faveur du Jubilé. Tel est, par exem* jle^ le pouvoir qu'elle donne à chaque fidèle de se faire aJ)soudrede toute sorte de crimes sans restriction et sans réserve , de se faire relever de toute sorte de censures; de se faire dispenser, au moins par ëchai^e^ de certains vœux, à l'accomplissement desquels il est sur* venu des obstacles : grâces encore une fois dépendantes du Jubilé, et spécialement attachées à ces jours de bénédiction et de salut* Cest une indulgence plus sûre, et comment? parcequ'elle est donnée pour des raisons et des fins plus importantes, d'où il s'ensuit qu'on peat moins douter de sa vaÛdité. Or par cette règle» dont tous les théologiens conviennent, ne puis-je pas dire qu'il n'y eut jamais d'indulgence plus assurée que celle qui nous est maintenant offerte? car, odtre la raison générale de l'année sainte et du siècle révolu, il ùpt dans ce Jubilé des plus pressants intérêts de la religion, d'obeoirde Dieu une paix si nécessaire à toute l'Église, de détourner le&éaude la plus funeste guerre dont le monde chrétien ait jamais été meDacé. Ah! mes Frères, nous sommes si sensibles aux înaiix qui noos affligent ; nous nous juchons si volontiers en des plaiates et en des murmures qui outragent la Providence, et qui, bien loin de nous$oulager> ne font qu'augmenter et que perpétuer nos peines^ puisque la Providenceoutragée, au lieu de retirer son bras, s'appesantitencore surnom plus rudement! Mais voici leremède, et le remède le plus prompt et le plus certain : Dieu veut être fléchi, etilnouç en fournit lui-même le moyen le plus efficace ; il veut être désarmé, et il ne tient qu*à noQS d'arrêter le coup qu'il est prêt de lanqer sur nos têtes. Si nous neproi^ tons pas de cette heureuse conjoncture pour attirer sur nous ses miséricordes, ne nous étonnons plus qu'il nous frappe, et qu'il nous fasse éprouver toute la rigueur de ^a justice. Quoi qu'il en soit, pour quelles causes plus essentielles le vicaire de Jésus-Christ peut-il user du ponvoir qu'il a d'ouvrir le trésor des indulgences, et quand en use-til plus sagement et plus sûrement qu'en de pareilles occasions?

Recevons-la donc cette indulgence avec respect, avec reconnois* sance et actions de grâces, avec toute l'obéissance de la foi. Pf^^ garde : avec respect , comme chrétiens ; avec reconnoissance et actions de grâces, comme pécheurs; avec toute l'obéissance de lafoii comme ôatholiques. Recevons-la , dis-je , comme chrétiens, avec ud profond respect : c'est l'application qui nous est faite des satisfacuons surabondantes de Jésus-Christ; c'est un précieux écoulement de c«« divines sources du Sauveur, dont parle le Prophète, et que nous nepuiserpns jamais ; c'e$t up çurçrpît de Veffic?ice et ^e I9 vpW d^ ^'

ÇOIIR UOUYERTDRE PU JHWWS J 619

saog, dQpt kiBMPpdre^ goptte adroit. sirfB pour vi«jft9|^Ti6iH« mmieie avec qud septi|Bênt'de:véiiéra^on n'auroi^-je pa^reGfftoUIi les goiUlM de ce sang adorable » lorsqu'il Je T^paodoit pont, mol mr la croaliM rois-je asse^tpiieQàble et assez ei^d^rci po^r négliger le» mo^^ena dod U se sert pour pie l'appliquer?; 1î^(s9yo«(^-h» cc^wiDe pécbeuB&».as60 action^ ^ graqes ; c*est ce qui d^ i^ettj^ le çpv^blti msi àysérioMKM divines ijç'est 1^ ^i doit rendre [iHnre.j««3tifiQatlioqt«Qnplète ; f!est*Ié sppplément de notre pénitence; Q'i^l' un seooura dpn^iDifitu «ow pourvus, pour jQous acquitter apF^ 4^ I^L Si, ^deisa parti» uAMiflp^ ailoit annoncer à ui^ réprouvé dan^: l'enfer qu une. telte réniaabB loi est accordée, quels seroient les;tra9q>Qrt$ desareconnaifisUKe eide sa joie? Nous sommes pécheurs, e| peut-être, plma pécheurs: que tMeol des réprouvés que Dieu n'a ps^ prévenue comme noua,:qii'Jl;B'ia(iaa attendus comme nous, pour qmil «"a pas eu JamémeprédîtatfoKqiif^ pour nous». Quel avantage ^de poisvoîr payer st aîséiaa^tiMitdedet** tes ! par où Tavons-nôui^ nptérité? 0L moinsnous. l'avons mtéri^î plîis nous doit-il être un motif puissant pour r^outtl^r n^r0 gi^lîtude ^t notre amour. Reaeyoiv»^Ia , comme ^tholiques, (MEeBlacHite:r(A)ëî^«l sanoe de la foi r c'est par le mépris d^ indulgences, qu'a comanencé ta schisme de l'hérésie; c'est par l'estime crae UQUS tat fie|îons:4pIe4ot^ paroitre notre attachement inviolable àl'Egii^e^ notre<i£èle ppiv son unité. La censure maligne et présomptueuse, d^s indulgences fnfçl^ principe de tous les malheurs de Luther : sour ejlemfdiQ est une leçons poi^* nous; et:afin de nous la rendre salutaire, iamani çnr l'ariidedetf indulgences que sur les autres,; croyons pe..qi«e Cjnoit L'Église, pn^i*^ quons ce qu'elle pratique , honorons ce q^'dle autorise. Quelnsquéi courons-nous en nous attachant à elle ; et qiael risque nisicoummaenqul» pas, pour peu que nous nous écartiof^ de Jk soumfairiiWi.qty*elle êrigBi de nous? Mais vous, voulez maintenant savoir çt^iqtm nous' avons» à faire pour participer à la grâce du Juhilé , et qttiiUeaidiâpoailioiiftiy' sont nécessaires ; c'est de q^pi je v^is vous inçit]:uîpadsma'la( secondé, partie*

, UEClOin MHTIfi. > (' ' ;>

Deux choses , Chrétiens , sont ipdîspensablement nécessaires pour avoir part à l'indulgence du Jubilé ': être en état de grâce avec bieu /, voilà* la disposition .habituelle; et accomplir les œuvres presci^ites par te vicaire de Jésus-Christ , voilà la disposition actuelle. Mettons, l'un et l'autre dans tout son jour, et donnons.à ceQi>j$'il vous plaU^une, attention particulière.

Je dis d'abord qu'il Êiut être en état de grâce avec Dieu;, o^* l'in-t dulgence, et surtout la plus signal/ée de toutes les indulgences, ^ une . faveur qui ne s'accorde qu'aux Justes et aux am]s.4e p.ie^. LJ^glise; invite les pécheurs à y participer ; mais .elle n'y admet que les péch^i^ converti» et réconciliée ; ellç eq exclut ie$ epdurcis et le§ i9ifié|ij!^Dt§f..

oM PtwfK vommtiiRï^ bn ^tifiiiLÊii

Si iw6ét«B de c^Minbre, ee ti'esi {!)Ohft peut vods qifèlltf ouvre ses créâon. Tandis ifde TOUS yim Aâm ee tH^e état; taôiiRS^crê vousêtes

Keli est lemattredese^ dofts, poiit<le^ répandre sârqtS'fl^rt étant

oeiditKSns qu'it veut; op ta fsfkïaifSi^ &mdil\ony p^^

kl^n; estqoe WhtfWV&i revêtu dé la' g[ruce i^nctifiàntë, et Âl àrac*

tère'dk se^ énfllttU bien âimës: De là je rh^& trois 00]$sé<]uéùces qoe

Towdewse bien remat^tter, pàitsé^d'èUeÉi sortit esdehiidlès; Première

eofMéi|aeiii» : pais^u'il fa^c^éti^ èlf^éCàt de grâcév U f^ôt doâc renoo-

iei* à txmtféchii car la ^^9ôè et'lè'j^tfië ne f>eUVerit convëiiir. Re-

Bteoeomit dbsda^ siueère, eFfleiM3t^^ et tel ^all doit être plourmetire

fe péchcpr «s dispositon de troul^r grâce devant Dieu; sansceb,

xiei rfefAus inUtife que rindâtgèncè^ oa pla'tdt, sdns cela nulle indol*

flewe. Dieii peor bien remettrez Ifl pécbé ,'5ans en retn^tre toute la

pfeièe; nlaifil il tiereflliel jamais lafpéffte du pédi'ë, tandis que le péché

aulMiîste ; Dr il subsisté ttf ndîs que le |>éehieur n'f f énonce |)âs, ou n'y

dpaàreAoneé. Séconâe couséqueûce : puisqu'il faiit renoncer i tout

péché; Il suffit itotlè d'avoir la oonsdienc^chat^ d'tih seul fSéémor-

td i9our être itfcapable d« gagner ^indulgence du Jùbifê ; je dis plus,

ei j'ajosieqiill ciuflfit d'être devant Biëu ^upabfed'an seul péché^^

Bîèi, à quoi l'on em toM»re secrèteîneat attaché , pour rie lapom

^ignér dans tbiite soil étendue; car au moins ne I9 ftout^op gajiner

par rapport à œ péehé véniel dont la tache n*ést pas effôcéé. Jel eà

Kordrede Dieu, plelftd'âjtiifé ; il hé ^^ relâche de Ses droite, quanti

k peîie dû péché, qu'à we£»ire et à pfoportioh que nous en détestons

l'O^eieè. Iroisiènje eonséqWnce : il faut done être yraimeot contrit

ot'péBtoit; car c'est en termes exprès ce que porte la bulle : Feri

atfjlirkh et pcctàièfifibm ; dais indépendamment de la bulle, b chose

est évidence^ jMn tdmes les règles dû bon sens ee de la raison, beaa-

cpnp plus de la religion et 'du droit divin. Or Sûr delà chacun doit

if Couver' s0i4létil^, pour •reconnaître s'il est en étal dé prétendre i

la grâce du Jubilé ; et par-là l'on doit faire le discernement decem

qui le gagnent, d'avec ceux.qtit:ne le gagnent pas.

En effet, on yerra pendant ce saint temps un nombre infini decbré ûti^ OUI, pour avoir part à llûduïèetfcé dur fiib'if^/.parphront toDdMs oecoiitritlon, en donneront des marqués publiqiieé*, ]f)rauqueroDl lès œnvres de h pîénîtènCe jusqu'à certain poii^i, assiégeront en foule lés tribcmanx , confesseront leursi péchés, se frapperont la poitrine < versferônt nnême dfes lariàés : mais dans cette foûîe et sous ces dehors spécieux, y aura-t-il beaucoup de vrais pénitents? Vonsle savez, moû Dieu, tous à qui rien n'est caché, et qui pénétres^ juàque dans lefonii dés éoeui-s; vous éaVè/sî le nombre des vrais f)iénîients répandra à l'abondai^cè de Vos Yi^iséHcordes; Ce ïjire je s^is , c'est qne vos miséricordes, qo(^que abondantes, sont , même dans ce temps de saint, 1'mitées et umquement réservées à ceux doiit là côùtrition esi sincère ei

POUR boUVERTÔRE 1)0 JUBilÉ. 651^

éolide; ce que je sais, c'est qiie la fausse pénitence ne doit espérer de vous, dans aucun teiups, ni grâce, ni i^émission : lies vrais pénitents» ce tout ceux qui ne se conientént pas de pleurer le péché, mais oui en retranchent la cause^ mais qui en quittent l'occasion, mais qui tû réparent les pernicieux effets, maisc^ut en font cesser le scandale, mais qttj en cherchent les remèdes, maiâ qui s'y assujettissent de bonne fcî': voilà les preuves d*uiie contrition non suspecte, et vot{à, sansr (Bh nèn' excepter, les dispositions absolument requiseà pouf ribdùtgeti^e iàti: je parie. Orcoàibien peu s acquitteront fidèlenient, pîeïnèifiaen^, cxaé-! tement de tous ces devoirs ; et, par une Suite nécessaii'é , éoiiibièii se-^^ ront trompés et se tromperont eux-niéhoits , dans là vaille côtifiàncë' dont ils se laisseront flatter, d'avoir reçu lè bienfait du Séigtieùr , elï d'avoir piris pour cela toutes les mesures con^eriables ? -" . !* ^'

De là même concluous encore^ më^ çKërs ai^diteurâ, qo'il n'ek donc pas vrai que l'indulgence, ni par èciiis^uetit le iûbilé, dneànits^e la pénitence, ainsi que les hérétiques' nSiiS fotit reçî^ôclië : car, Jifeô It^îrf d'anéantir la pénitence, lé Jubilé Ja sti{i[)6se comnié la jfurémîèrè'ei! It' plus essentielle de toutes les conditions i et toâ tiè jpetic tfîi^ noii' ^lu^ que le Jubilé soit un relâchement dé lï j/éhîtèiicé ,*puié(iqtre c^jèst àÉ' contraire le plus epgïigeabt et le plus.pressant'de tôta's lek tttbi^ dtilirf se sert l'Église poi^r éxciier les pécheurs à fahrè de dignes fruîtis 9e pëJ niteacê ; et certes,,.à quiconque ifhîsonnerk juîjtîé dans lespnh'cîpës dÇ la doctrine catholique, ïé Jubilé bjeii entVjii^* è^t ITtoâ^nlgfferf^^ tjèff iîonçue ne peut inspirer qiie TespriV âè péiîltenèè : cai^' qu'y a-t-iï'flU plus propre à me fairç prendre lèsibîés dé' 6 p^illfende et de la piR i'sdiQ pénitence, que d'envisager ce qii^é'f Église m^ et ce? q}iS

pieu me proiûet, si je suis aésèz Heùréùt pour y entrer ; savoir, l*eW^ tière rémission des peines dues à ihes pécnés, ^jélè^ déteste , S'yéddétache mon cœur, éa un mot , si ma' j[>ëniVerice à toutes lés ^ùalitës^ flfij'^^le .doit avoir, pour lue rémettre'eri'gi^kce aVèc moèURtf ? PerJ ^uadé qu'une telle, péultenqe est le sétil m'oyen pôùf obteHti^ cétt)e rémissioâ, quels efforts ne fàis-je pas et quelles victôA^es ne $tiis-]é ^«1^ déterminée remporter sur moi-même, jpouT sunAènter tôlitès'lés'tflft ficultés qui pourroiem s'opposer à ma conversioVi^ Ôh dît,*J^ii*séràï quittjspour peu de chose^. et1l né m'éri coûtera que de 6ire c^étiîf^jt prescrit par la bulle : ainsi parle une ame peu 'éclairée, qui ne cotirioK pas la grâce dé Dieu ; ainsi pen^ une ame mondaine , qtfi èMêtxbe i se consoler daQsle;désoi:drede sa vie tièdé elt lâ^he, qu'elfe Veut toirf-' jours soutenir» Vàne et T^ùti^e se fait de lMndul()[encé un prété^^të fl son impéniténcç jjiûaïs d'où vient rîmpéûitèiiœ^ l'une et deTanti*!*? est-ce uu 7u])iÎ4 ^éme? non/ sans douté; mais des faussée* cotts0queoces qu'elles tirent Tunè et l'autre de l'indôlgence et du Jutrilé.

£a suivant les maximes, catholique^, je n'aî gardé dé tomber en dé pareilles erreurs : car, m'attachant à ces paroles qui en sont le solide préservatif, Vérèpœnitentibus et contritù i jfe veux dire à la nécessîlé

d'élre vraiment contrit et pénitent, bien loin de croire que j'en serai quille pour peu de chose en faisant ce qui est ordonné, je comprends que le Jubile m'engage à ce qull y a dans la religion de plus difficile; de pl|i^ lî^roïque et de plus grand, qui est une vraie conversion: je comprends que, pour me disposer à la grâce du Jubilé, il n'y a point de violence que Je ne doive mè foire, point de passion que je ne doive sacrifier^ point d'attache que je ne doive rompre, point de commerce dangereu)^ çuéje.né doive m'înterdire : pourquoi ?parceque tout cela ési de Te^sence d'une conversion véritable et chrétienne. En suivant les nfiaxinaupift catholiques, comme je dois compter pour rien tout ceqDi est d'ailleurs ordonné, si l'on en sépare cette vraie conversion, ausà puisTJê, sàp;^ présômpiion; me promettre de la bonté de Dieu que toot le reste, qîioiqu^ peu de cbose^ ne laissera pas de lui être agréable, et 4e m'alder à apaiser sa justice, si cette vraie conversion en est le Ibn* den^B^. ^ quoi sert le Jubile, dit un chrétien lâche, si l'on n'en estpas moins, obligera faire péniteooe? etmoi je réponds : Il me sert àm'acquitter pleinement envers Diçi^ des dettes dont, malgré toute ma pé* çilence, je ppiirro^s lencore lui être redevable : car, par la mémemm 91'après ^voir. fait lout Çj^ quji ip'est commandé , je dois toujours me K^ardf»* conime i^^seiTiteur inutile ; aussi, quelque exacte et qadqae rerventp q{iQ paisse être mk pénitence, je dois encore me considérer ÇfHnn^e iu!i pécheur qui ei^fin jrestè avec Dieu ; et c*est alors que lin- $''|9^Âçé.in''e^f,pro cèst alors quele Jubilé suppléé à mon im-

puissance^ et met^le comble à ma j.usiificatibni En suivant lès maiimes catholiques^ je ne in^seqs point porté, au relâchement de la pénitence; ^f»'ne pouv^Qt jamais être asfsuré si ma péhitebce a été véritable, et ai j'ai participe à rindujgence du Jubilé , parcequè je ne puisjamiû s^yoiiisi jesuisdîjpe djâmour pu dé hame^ ma seule ressource, daBS çeite ft^flige^nte incertitude , est de continuer toujours à faire potence, çç>B|me s'il n'y avoit point eu pour moi d'indulgence. ' , . Ç'^ ))i|sn .plut^^ dan;» 1^ jprincipes des hérésiarques et dans leurs dflgg^ «candale^x., qu^ .fon découvre lé' retâçhepient viable, ^ iaîiSm^Tsuiéantissement total' de la pénitence t car n'est-ce pas la déjtf fiire elj l'aiiéantiR^ que de la faire consister comme ils ont prétendu fûms ^u simple acte de foi par où le pécheur se croit justifié, et s'^ «ire éq effet de Fétrë, sans en avoir d'autre témoignage que celai qui' ^^^/end au fond de son coeur? N'est-ce pas anéantir la pénitence, qufi de la réduire par-là à l'exercice le plus aisé et^le phis commode, f^un exercice qui ne morfifie en rien , quin'assuiettit à rien, etqm Be-ix>à}e rien davantage que de se consôiêi^ dans la créance bienûi mal fondée que nos péchés nous sont remis? n'est-ce pas anéantirb pénitence que de la dépouiller, comme ont fait les auteurs du schisine, de toutes les œuvres humiliantes, laborieuses et pénibles, en abolissait la confession, en supprimant toute l'austérité de la satisfaction, m Û^S^np ]N fqa<jéraiiQns çJv corps, e» faîsâiFit cesser l'oWigatiQn iIb

POUR L'OUVERTURE DU JUBILÉ: 6Sâ

jeûne, en déchargeant le pécheur de tout cela, en lui rendant tout cela odieux, en n'exigeant autre chose de lui sinon qu'il croie, sans hési>^ ter, que malgré ses péchés il est revêtu de la justice de Jésus-Christ,

la

justice de Dieu? Mais surtout n'est-<^ pas anéantir la pénitence, et renverser toutes les idées que TÉcriture nous en donne , de dire , comme les hérésiarques, que quand le pécheur est une fois justifié, il ne peut plus perdre la grâce ; que, quelque crime ensuite qu'il commette, ses crimes ne lui sont plus imputés ? La rémission des peines que Dieu accorde par Tindulgence à un pécheur contrit et humilié, at-elle rien qui approche de ce relâchement, et fut-il jamais une indulgence, si je puis ainsi parler , plus monstrueuse que celle-là et plus chimérique?

Cependant, pour recevoir l'indulgence du Jubilé, suffit-il d'être en état de grâce? Non, Chrétiens ; mais je dis qu'il faut encore accomplir les œuvres ordonnées par la bulle , les accomplir réellement : l'intention et la volonté, quoique sincères, ne suffiroient pas ; les accomplir toutes, une seule omise, c'est assez pour nous priver de tout droit à l'indulgence ; les accomplir au temps marqué, afin que, jointes ensemble , elles en aient plus de force et plus de vertu ; les accpmplîr en esprit de pénitence , puisque , par une espèce de compensation , elles nous doivent tenir lieu d'une plus ample et plus sévère pénitence.

Mais quelles sont ces œuvres ? Souffrez , mes Frères, que, pour votre instruction, j'en fosse ici un détail abrégé : elles se réduisent à six.

En premier lieu, commencer les œuvres prescrites par la confession, afin que tout le reste , étant fait en état de grâce , en soit plus méritoire, plus satisfactoire, plus saint, plus digne de Dieu; et faire cette confession avec le même soin, la même ferveur, que si c'étoit la dernière de la vie, puisque l'effet du Jubilé doit être de nous mettre en état tl'ailer jouir sans délai de la possession de Dieu, si la mort tout-à-coup nous enlevoit.

£n second lieu, faire des aumônes, pour répandre sur les membres vivants de Jésus- Christ les tributs que la pénitence impose à la charité. La bulle ne détermine point la quantité de ces aumônes, parcequ'elle suppose que vous les ferez chacun a proportion de votre pouvoir, mais encore plus chacun à proportion du nombre de vos péchés, dont vous attendez la rémission. Car, selon la parole du Sauveur, celui à qui on remet plus doit plus aimer , et par conséquent plus donner.

En troisième lieu, jeûner , si la bulle Fordonue ; et quand elle ne l'ordonneroit pas, jeûner pour être plus en disposition de fléchir Dieu.

Ns

Qai 99fl;Lf ^^UOiltlçprophète^ exhortant le peuple de Dieu à l'aUtinencç éi au jeûne, qui sait si le Seigneur ne se tournera pas vers vous, et si» toncbé de vos jeûnes, il ne vous pardonnera pas? ' En quatrième lieu, visiter lès églises assignées, poar honorer les martyrs dont les reliques y sont en dépôt. Ces glorieux martyrs ont satisJFait à Dieu, et le surplus de leurs satisfactions, qui ne leur a pas été nécessaire pour eux-mêmes , iFait encore une partie du trésor qui nous est appliqué par le lubilé.

En cinquième lieu, prier avec toute l'Église, et conformément aox intentions du vicaire de Jésus-Christ. Ûunion des fidèles avec leur chef est un des plus efficaces et des plus excellents moyens pour obtenir de Dieu miséricorde.

Enfin, conclure par la communion, en vertu de laquelle Jésus-Chrisi lui-même vient dans nous, demeure en nous, demande grâce poor nous. 'Quel sujet n'avons-nous pas de l'espérer, aidé d^un si puissant intercesseur?

Ahl Chrétiens, admirops la bonté de notre Dieu, qui veut bien , i de telles conditions, se relâcher de tous ses droits ; et reconnoissons qu'il n'appartient qu'au Père des miséricordes d'en user de k sorte envers des criminels qu'il pourroit abandonner à toute la rigueur de sa justice. Non, il n'appartient qu'à lui : les hmnmes, pour de légères offenses, exigent les plus rigoureuses et les plus longues satisfactions ; et le monde même y est tellement accoutumé, qu'on ne s'en étonne point, qu'on se soumet sans hésiter à toutes les réparations que peut • demander un maître dont on a encouru la disgrâce, qu'on s'estime encore heureux de s'insinuer tout de nouveau , de se rapprocher, et de rentrer en faveur auprès de lui. Combien y a-t-il pour cela de temps à attendre? combien y a-t-il d'intrigues à former, et d'intercesseon à employer? et toutefois, de quoi souvent s'agit il,, et quelie est cette faute qui coûte tant de repentirs et de peines ? peut-être une parole indiscrète et peu respectueuse; peut-être un service mal rendu, et une négligence. Voila , pécheurs , par une Mtile comparaison , ce qui vous doit faire goûter votre bonheur , d'avoir à traiter maintenant avec un Dieu qui vous remet tout, et qui demande si peu pour une abolition si parfaite. Tel m'écoute, qui, depuis les dix et les vingt années, a vécu dans le crime ; c'est un libertin qui, par état et par profession, s'est porté ù toutes les impiétés ; c'est un voluptueux qui« dominé par la plus honteuse passion , a vieilli dans la débauche : quel comble de dettes, et que fera-t-il pour les acquitter ? A tout autre tribunal que celui de Dieu, il n'y auroit plus d'espérance , plus de retour , plus de rémission ; mais au tribunal de !a divine miséricorde, il peut, saille veut, se décharger du fardeau, et de tout le fardeau qui l'accable . Oui, mon cher auditeur, eussiez- vous été jusqu'à présent l'hommei le plus abandonné à vos passions, et le nombre de vos péchés, pour me servir de cette figure du prophète, passât-il le nombre des cheveu;^ de votre

tAh^^PU celui fie^ graùi» de sable q«*é(ale la mer sur m rmse9 , îl J9(B s'qg^it maiqteoanc, pour en éire quiiiç devant (lieu, et vcaioieiil quitte, et pieiae|meot quitte, et irxjévocablemeni quitte, il n'est, diajcL questio|i| supposé le repentir sincère de votre cour, que de qu^lqud^ jours consacrés au jeûne » que de quelques heures epaployées À ^ H prière, que de quelques œuvres de ta charité et de U pi^té chrétienp^ Il , ^ £te3-yous assez ennemi de vous-méioe pour perdre Yolontairem^ } 1 J la plus grande de tout^'s les grâces, lorsqu'elle vous mi M tibéraleoieBt : / ^ Accordée, lorsqu'elle voua .^t plutât dqnAée que vendue, lorsque' ' vous avez tapt à craindre qu'elle ne vous soit eo^yée pour jamaia, et . que, n'ayant pas été pour vqus, par votre endurcissement, nne grao^) de rémissionvelle ne devienne contre vjom un titre de condamoaiioi^ < £tes-vous, on assez peu instruit, ciu assez peu touché du malheur d'un < homme livré là la justice divine et à s^s redoutables châtiments, pour ne travailler pas à les prévenir et à vous en pr^erver? Mais saint f aul, saisi lui-même de frayeur, tout apôtre qu'il étoit, ne vous dit-ï pas que c'est une chose terrible que de tomber dans les maius du Dieu vivant? Horrm(iume$t kicidere m nie^nu^Dei vivmtis (Beàr.^ IQ). Achevons, etpoqr dernière insiruction voyons ce que doit opérer dana nous l'indulgence du Jubilé, et quels fruits nous en devons retirer : c'est la troi^me partie.

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