‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 85 sur 119 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

De quelque manière qu'en juge le monde, et quelque adroit que soit l'amourpropre à séduire le cœiîr de l'homme en (uî donnant de fausses idées de tout ce qui flatte ses désirs ; pour peu qu'un riche chrétien ait de reU{>[ion , trois choses , dit saint Chrysostoma, doivent réprimer en lui l'orgueil secret que la possession des richesses a coutume d'inspirer anx âmes mondaines. Cette opposition qui se rencontre entre l'état des riches et celui de Jésus-Christ pauvre , ce choix que Jésus-Christ a fait pour soi-même de la pauvreté préférablemeot aux richesses , ce caractère de malédiction qu'il semble avoir attaché aux richesses en béatifiant et en canonisant la pauvreté » c'est la première. Cette espèce de nécessité qui engage presque inévitablement les riches en toutes sortes de péchés» cette fecilité qu'ils trouvent à saiisfaire leurs passions les plus déréglées, ce pouvoir de faire le mal , c'est la seconde. Enfin cette affreuse difficulté, ou, pour me servir du terme de l'Évangile, cette impossibilité morale où sont les riches de se sauver , c'est bi troisième. Car , malgré les préventions du monde , et malgré les avantages que peut procurer aux hommes la jouissance des biens temporels, s'ils veulent raisonner selon les principes du «rhrisiianisme, il n'est pas possible qu'un étnt si différent de l'état du Dieu-Homme qui lésa sauvés, et qu'ils regardent comme le modèle de leur prédestination ; qu'un état exposé et comme livré à tout ce qu'il y a sur la terre de plus conlaf^ieux et de plus contraire au salut ; qu'un état qui de lui-môme conduit à une élerneiie damnation ; il n'est pas, dis-je , possible qu'un tel état , bien loin de les enfler d'une vaine complaisance, ne les saisisse de frayeur, ne les trouble, ne les désole, et du moins ne les oblige à prendre toutes les précautions nécessaires pour marcher sûrement dans la voie de Dieu.

11 étoit , ajoute saint Chrysostome , de la providence et de la bonté de Dieu de donner aux riches du siècle quelque consolation dans cet état; et c'est ce qu'il a prétendu , lorsque, par une conduite bienfaisante, il les a mis en pouvoir de pratiquer la miséricorde chrétienne par le soulagement des pauvres, .et qu'il leur a imposé le précepte de I aumône. Car si le riche peut dans sa condition non seulement diminuer, mais entièrement corriger l'opposition de son état avec celui de la pauvreté de Jésus-Christ ; si le riche peut réparer tant de péchés et tant de désordres où le plonge l'usage du monde, surtout l'usage des biens du monde ; et si le riche, par conséquent , peut se promettre quelque sûrtté pour le salut et contre une malheureuse réprobation, tout cela doit être le fruit de sa charité, et c'est le seul fondeoient solide qui reste à son espérance.

La première vérité est évidente; car du moment, Chrétiens, que

voas partagez vos biens avec Jésus-Christ dans la personne des pauvres, dès-là vos biens 9 sanctifiés par ce partage, n'ont plus de oontrariélé avec la pauvreté de cet Homme-Dieu, puisque cet Honmie- Dieu entre par-là comme en société de biens avec vous; çt voilà l'admirable secret , ou plutôt TartiGce innocent dont le riche miséricordieux se sert pour mettre Jésus-Christ dans ses intérêts, et pour en farre d'un juge redoutable un protecteur; voilà par où il se garantit de ces anathèmes fulminés dans TËvangile contre les riches. En effet, remarque saiut Ghrysostome , Jésus-Christ est trop fidèle pour donner sa malédiction à des richesses dont il reçoit lui-même sa subsistance, et qui contribuent à le noumr en nourrissant ceux qui le représentent en ce monde. Cette seule considération ne devroit*elle pas nous suffire; et que faudroit-il davantage pour nous remplir d'une sainte ardeur dans l'accomplissement du précepte de l'aumône?

Mais la seconde n'est pas moins touchante : et c'est que Dien , par le moyen de l'aumône , a pourvu les riches d'un remède général et souverain contre tous les péchés où les expose leur condition , et dont il est si rare qu'ils se préservent. Car n'est-ce pas une chose bien surprenante, poursuit toujours l'éloquent avocat des pauvres, dont j'emprunte si souvent dans ce discours les pensées et les paroles , n^est-il pas bien étonnant de voir en quels termes l'Écriture s'exprime quand elle parle du pouvoir de l'aumône, et de sa vertu pour effacer le péché? Jamais elle n'a rien dit de plus fort , ni de l'efficace des sacrements de la loi nouvelle, ni du sang même du Rédempteur, qui en est la source; et nous ne lisons rien de plus décisif en faveur du baptême V|ué ce qui est écrit au chapitre onzième de saiut Luc à l'avantagé de l'aumône : Date eleemosyntmi^ et ecce omnia munda sunt vobis (Lug.,1 1): Faites l'aumône, et tout, sans exception , vous est remis. D'inférer de là que l'aumône autorise donc la liberté de pécher , et que de satisfaire à ce seul devoir est une espèce d'impunité à l'égard de tout le reste, c'est la maligne conséquence que voudroient tirer quelques mondains peu instruits de leur reUgion. Mais non, mes Frères, répond là-dessus saint Âiigustin dans le livre de la Cité de Dien, il n'en est pas ainsi ; et cette doctrine que toutes les Écritures nous prêchent ne favorise en nulle manière la licence des moeurs ; pourquoi? parceque si Taumôue remet le péché, ce n'est qu*en disposant Dieu à écouter vos prières, qu'il auroit autrement rejetées; à accepter vos sacrifices, dont il n'eût tenu nul comjSXe, et qu'il auroit rebutés; à être touché de vos larmes, qui ne l'auroient point fléchi. Ce n'est qu'en vous attirant les grâces de la pénitence et d'une véritable conversion , que vous n'auriez sans cela jamais obtenues. Ce n'est qu'en satisfaisant à la justice divine, qui se fût endurcie contre vous et rendue inexorable. Propter hoc ergo eleemosynœ faciendœ^ ut de prœteritis compungamtirj non nt in etn persévérantes malè vivendi licentiam eoni" pm-enim (Aug.). C'est pour cela et par-là que l'aumône est toute B.2. 57

puissante, et que le pêcheur peut sans tëmëritë faire fond sur elle, parceque c'est par elle qu'il trouve grâce devant Dieu pour mériter le pardon de son péché, pour le pleurer , pour Texpier , et non pas^ pour avoir droit d'y persévérer.

Ovj supposé cette vertu de Taumône dans le sens que je viens de l'expliquer, admirez avec moi , Chrétiens, la douceur de la Providence envers le riche, et reconnoissez-la en trois points, dont je me contente de vous donner une simple idée. Premièrement, quelle providence du Seigneur, et combien est-elle aimable, d'avoir établi pour les riches pécheurs un moyen de justification si conforme à leur état , à proportionné à leur foiblesse, si aisé par rapport à eux dans la pratique, et néanmoins si infaillible? Car ^voilà sans doute un des plus beaux traits, non seulement de la miséricorde, mais de la sagesse de Dieu. Comme chaque condition a ses péchés qui lui sont propres , aussi Dieu a-t-il voulu que chaque condition eût ses ressources particulières pour la pénitence. Le pauvre satisfait Dieu par ses souffrances , et le riche par ses charités. La satisfaction du riche paroit plus douce que celle du pauvre : ainsi a-t-il plu au Seigneur, qui , d'ailleurs , dans l'ordre de la grâce , avoit assez privilégié le pauvre audessus du riche. A peine auroit-on pu espérer du riche qu'il se fût soumis aux autres remèdes plus violents ordonnés contre le péché. Hé bien ! lui dit Dieu , en voici un que j'ai choisi pour vous. Vous n'aurez nul prétexte pour vous en défendre , car il dépendra toujours de vous. Ni la délicatesse de votre complexion , ni vos infirmités ne voujs en dispenseront jamais; car il ne consistera point en des exercices pénibles et incommodes ; il ne vous exposera point à la censure du monde, puisque le monde, tout perverti qu'il est, ne pourra vous refuser ses éloges quand il vous le verra mettre en œuvre ; il vous coûtera peu , mais avec ce peu , il n'y aura rien que vous ne gagniez. Divina res eleemosyna ^ s'écrie saint Cyprien, res posita in potes* tate facientis , res grandis et facilis sine pericuto persecutionis (Cyprian.).

Pourquoi pensez-vous que Daniel, suivant l'inspiration qu'il avoit reçue d'en haut , et déclarant au roi de Babylone que le ciel étoit irrité contre lui , et qu'il étoit temps qu'il pensât à l'apaiser, ne lui proposa point d'abord de prendre le sac et le cilice , de se couvrir de cendres, de jeûner et de macérer son corps, mais seulement de racheter ses crimes par l'aumône : Quaniobrem, rex, consiiiummeum placeat tibi^ et peccata tua eleemosynis redime^ et iniquitates tuasmisericordiis pauperum (Dan., 4)? Ah! Chrétiens, il en usa de la sorte par une prudence qui ne fut ni humaine ni lâche, 'et qui ne ressentit point le courtisan , mais le prophète. Car il ne voulut plaire à son prince qu'autant qu'il le pouvoit sans blesser les intérêts de son Dieu, et il ne voulut faciliter la satisfeciion qui étoit due à son Dieu qu'autant que le permettoit la fidélité qu'il devoit à son prince. Il jugea

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donc , et avec raison , que Taumône ëtoit de toutes les œuvres satis* factoires celle qui seroit plus au goût de ce prince déjà touché, mais non encore converti ; et il savoit que celle-là seroit suivie de tontes les autres , et de sa conversion môme. D'où vient qu'il se contente de lui dire : Agréez , Seigneur, le conseil Que je vous donne , et rachetez vos péchés par vos largesses envers les pauvres. Sur quoi saint Ambroise £ait une observation aussi vraie qu'elle est ingénieuse, quand il dit que cette facilité qu'a le riche d'expier ainsi les désordres de sa vie nous est excellemment figurée par le miracle qu'opéra le Fils de Dieu dans la personne d'un malade dont parle saint Luc. Il éioit paralytique d'une main, et Jésus-Christ ne fit autre chose que de lai commander d'étendre cette main, qui dans le moment même se trouva saine : Extende manum tuam , et restituta est (Matth., iâ). Le remède étoit aisé; mais ce qui fut alors un effet visible de la puissance du Sauveur, est ce qui se passe tous les jours spirituellement et intérieurement dans la personne du riche ; car Dieu lui dit : Extende manum tuam^ Étendez, par un effet de charité, cette main si long-temps resserrée par une criminelle avarice , et vous sentirez la vertu de Dieu qui agira en vous. Étendez-la ; et cette seule action sera le principe de la guérison de votre ame : Benè dicitur, Extende (ce sont les paroles de saint Ambroise), <jfuta nihilad curandum plus proficit quàm eleemosynœ largitas (Ahb.).

Autre trait de la Providence , j'entends toujours d'une providence favorable au riche dans l'établissement de l'aumône. Les richesses qui avoient été l'instrument du péché deviennent la matière de la réparation du péché même ; pour nous faire comprendre ce que dit saint Paul , que tout contribue au bien de ceux qui cherchent Dieu , ou qui retournent à Dieu. Nous voyons des plantes dont le suc est pour l'homme un poison mortel; mais nous admirons au méme.temps Fauteur de la nature , en ce qu'elles ne croissent jamais qu'accompagnées d'une autre plante qui leur sert de contre-poison. L'aumône foit quelque chose de plus ; car elle trouve le remède du mal dans la cause même du mal. Ce sont vos richesses qui vous ont perdu , .continue saint Ambroise parlant à un riche avare , et ce sont vos richesses qui vous sauveront : Peeuniâ tuâ venumdatus es , redime te pecuniâ tuà (Idem.).

Ajoutons encore un nouveau trait de cette conduite de Dieu si bienfaisante à l'égard du riche; le voici : Qu'est-ce que le riche dans l'état du péché? c'est un sujet disgracié de Dieu,*qui ne peut point par lui-même avoir d'accès auprès de Dieu, dont les actions les plus louables ne sont de nul mérite devant Dieu , à qui la porte de la miséricorde de Dieu semble être fermée, et qui, livré à sa justice rigoureuse , n'auroit plus d'autre parti à prendre que celui du désespoir. Mais que fait Dieu? en lui donnant de quoi être charitable , il lui donne de quoi se ménager de puissants intercesseurs , qui par reconnoîs-

sî» SUR i;aumone.

sance, qui par devoir, qui par intérêt » soient obligés à solliciter et à demander grâce pour lui; et ces intercesseurs, ce sont les pauvres; ces pauvres, amis de Jésus-Christ, et, selon l'Évangile, devenus les siens: Fàctte vobis amkos de mammùnd iniquitatis (Lcc, 16); ces pauvres , dont les vœux Vélèvent jusqu'au trône de Dieu et que Dieu exauce : Ute pauper ciamavit , et Dominus exaudivit eum (Psabn, 33) ; ces pauvres (circonstance bien remarquable) , ces pauvres, dont le crédit auprès de Dieu ne dépend ni de leur mérite ni de leur innocence; car ils intercèdent pour ceux qui les soulagent, sans parler, sans agir, sans y penser, et même sans le vouloir. C'est assez qu'ils paroissent revêtus de vos aumônes, afin que Dieu les entende , et qu*en leur considération il s'adoucisse pour vous. Pourquoi cela? la raison en est belle, et cV'st la réflexion de saint Augustin; parceque, dans le langage de l'Écriture, ce n'est pas proprement le pauvre, mais Taufflône faite au pauvre , qui intercède pour le riche. Conclude eleemoxynam in corde pauperis , et hœc pro te exoralnt [Eccles,, 29) : Mettez votre aumône dans le sein du pauvre, et elle priera pour vous. Le Suint-Ësprit ne dit pas : Et ipse exorabit pro te; comme si c'étoit ce pauvre que vous avez secouru qui fût devant Dieu votre patron ; il dit que l'aumône, indépendamment de lui , parle en votre faveur, plaide votre cause, mais d'une voix si éloquente et si forte, que Dieu, quoique indigné et courroucé , ne peut néanmoins lui résister : Ei hœc pro te exorabit.

Voilà ce que la foi nous apprend , et de là s'ensuit cette dernière et consolante vérité , que si le riche peut avoir quelque assurance de sa prédestination éternelle, et quelque préservatif contre cette malheureuse réprobation dont il est menacé, c'est par l'aumône. Ah! mes chers auditeurs, combien de riches sont heureusement parvenus au port du salut, après avoir marché bien des années dans les voies corrompues dii monde ! A voir les égarements où ils se laissoient emporter en certains temps de leur vie , qui jamais eût espéré pour eux une telle fin? Qu'ont-ils dit à Dieu lorsqu'ils sont entrés dans sa gloire? et, conservant le souvenir de leurs désordres passés, combien ont-ils béni et béniront ils éternellement ce Père des miséricordes, qui les a éclairés, qui les a touchés, qui les a ramenés, qui les a sanctifiés, qui les a couronnés ! Mais que leur a-t-il répondu , et que leur répondrat-il pendant toute l'éternité , où ils auront sans cesse devant les yeux ce mystère de grâce? Eleemosynœ tuas ascenderunt in conspectu Dei. Il est vrai , vouii méritiez me^ châtiments les plus sévères, et ma justice, eh mille rencontres devoit éclater contre vous ; mais vous lui avez opposé une barrière qui l'a arrêtée : ce sont vos aumônes. Au milieu de vos dérèglements, vous aviez toujours un cœur libéral et conapatissant pour les pauvres, et c'est ce qui m'a désarmé. Tout le bien que vous avez fait à vos frères , j'étois engagé à vous le rendre : je Tavots pro:;)is , et je l'ai exécuté. Ma providence a eu pour cela de secrets res-

sorts qu'elle a fait agir, et qui vous ont fait agir vous-mêmes, afiu que ma parole s'accomplit: Donnez, et on vous donnera : Date^ et dabiturvobii (Lvc.^ 6).

Mais du reste , Chrétiens , ne vous y trompez pas , et ne pensez I>as compter sur vos aumônes , si elles n'ont toute l'étendue et toute la mesure nécessaire. Et quelle est pour vous cette mesure? observez ceci , et imprimez-le fortement dans vos esprits. Quand un riche du siècle seroit exempt devant Dieu de tout péché et de toute satisfaction, le superflu' de ses biens, ainsi que je l'ai dit, devroit toujours être employé pour les pauvres, comme leur jpiatrimoine et leur partage : or de là concluez quelle est donc l'obligation d'un riche pécheur, d'un riche criminel. Je prétends qu'alors le nécessaire même de l'état, ou du moins qu'une partie de ce nécessaire n'y doit, pas être épargnée ; et je me fonde sur Tautorité des Pères , qui tant de fois ont obligé les^ riches pénitents à diminuer la dépense de leur maison , à se vêtir avec plus de modestie, à vivre avec plus de frugalité, à rabattre non seulement de leur luxe immodéré , mais de l'éclat honnêle et raisonnable où selon leur condition ils auroient pu d'ailleurs parottre , et à convertir en aumônes , pour l'acquit de leurs dettes auprès de Dieu, et pour l'expiation de leurs péchés, ce qu'ils retranchoient à leurs aises et à leurs commodités. Aussi est-il juste qu'il en coûte davantage à celui qui se trouve plus redevable ; et c'est un renversement bien étrange dans le christianisme ^ que ce soient les plus innocents et les plus saints qui fassent les aumônes les plus abondantes ; et, au contraire , les plus grands pécheurs qui se dispensent plus aisément d'un devoir si essentiel , ou qui l'accomplissent plus imparfaitement. Profitez , mes Frères , du lalent que vous avez dans les mains : c'est votre rançon; et si vous ne vous en servez pas, à quoi ^ous exposez-vous? Yous vivrez dans l'esclavage du péché et vous y mourrez» pour en ressentir éternellement le regret et la peine. Gomme pécheurs, vous êtes ennemis de Dieu , et il faut vous réconcilier avec lui. Ce n'est pas une petite affaire à traiter entre lui et vous, que cette réconcih'ation ; mais, tout importante qu'elle est, vous pouvez la terminer en peu de temps et à peu de frais : présentez à Dieu le sacrifice de vos aumônes, et il fera descendre sur vous les trésors de sa grâce. Hâtez-vous, et ne différez pas ; car le Seigneur n'est pas loin , et son bras peutêtre va bientôt s'appesantir sur vous. Il le tient encore suspendu ; mais s'il vient enfin à frapper, le coup sera sans remède. Plaise au ciel que cet avertissement vous soit salutaire, et que par la charité du prochain vous fassiez revivre dans vos cœurs la charité de Dieu , afin de le retrouver dans cette vie , et de le posséder dans l'éternité bienheureuse , que je Vous souhaite , etc.

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