‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 108 sur 225 · SUR LA TRÈS^AUVTE TRINITÉ · texte numérisé non relu

SUR LA TRÈS^AUVTE TRINITÉ

fait à Dieu : Sdgneor, je suis ud eofant qui ne fait encore que bégayer, et qui ne sait pas expliquer ses pensées; comment voulez-vous que je parle à votre peuple, et que je lui annonce votre loi? Mais, lui répondit le Dieu d'Israël , ne crains point , c'est moi qui t'envoie ; et puisque je t'envoie, je te soutiendrai dans Texercice de ton ministère : je te mettrai dans k bouche ce que tu auras à dire, et je serai en même temps dans les cœurs de ceux qui t'écouteront , pour les disposer à te donner une attention favorable. Voilà, mes frères, ce qui fait aujourd'hui toute ma confiance. J'ai à vous entretenir du plus profond et du plus impénétrable mystère; mais deux choses me rassurent, l'ordre de Dieu, et votre disposition : l'ordre de Dieu , qui me commande de vous parler ; et la disposition où vous êtes de recevoir, avec une réflexion toute particulière , sa sainte parole. Implorons néanmoins , pour traiter ce grand sujet, le secours du ciel, par l'intercession de Marie. Jve, Maria.

Pour parler utilement, chrétiens, du mystère de la très-sainte Trinité, et pour le rapporter, autant qu'il est possible, à l'édification de nos mœurs, voici trois propositions que j'avance d'abord, et qui feront le sujet et le partage de ce discours. Je dis que la profession que nous faisons dans le christianisme, de croire en un seul Dieu , une trinité de personnes , est l'acte le plus glorieux à Dieu que notre foi soit capable de produire; première proposition :je dis que c'est le fondement le plus essentiel et le plus solide de toute notre espérance; seconde proposition : et enfin je dis que c'est le lien de la charité qui doit r^ner entre les hommes , mais particulièrement entre les fidèles; troisième proposition. La première vous montrera ce que nous faisons pour Dieu, en confessant le mystère delà Trinité; la seconde, ce que nous fedsons pour nous-mêmes ; et la troisième, ce que nous devons faire les uns pour les autres. Croire un Dieu en trois personnes, c'est le plus grand hommage de foi que la créature puisse rendre à Dieu : ce sera la première partie. Croire un Dieu en trois personnes, c'est le plus grand siiyetde confiance que la créature puisse avoir en son Dieu : ce sera la seconde. Croire un Dieu en trois personnes*, c'est avoir devant les yeux le plus puissant motif et le plus excellent modèle de la charité qui doit tous nous uiiir en Dieu et selon Dieu : ce sera la dernière. Tout ceci est moral, et mérite toute votre attention*

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