‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 35 sur 225 · POUR LE TREIZIÈME DIMANCHE · texte numérisé non relu

POUR LE TREIZIÈME DIMANCHE

APRÈS LA PENTECOTE.

SUR LA CONFESSION

Quo8 ut vidit, dixU : Ite, ostendite vos sacerdoUhut,

Dés qnni eat aperça ces lépreax, il lear dit : Allez , faite» vous voir aux prttrcs. Sairt Ujc, chap. 17.

C'est Tordre que donne le Sauveur du monde à dix lépreux qui viennent implorer son secours pour être délivrés de cette honteuse et mortelle contagion qui les infectait; et c'est le puissant remède que l'Église , au nom de Jésus-Christ, nous présente pour être purifiés d'une lèpre mille fois encore plus dangereuse, qui est le péché. Elle nous envoie aux prêtres comme aux médecins de nos âmes , et elle nous ordonne de leur foire connaître notre état et nos maladies spirituelles : Ite, ostendite vos sacerdoUbus, Dans Tancienne loi , remarque saint Chrysostôme , les prêtres n'avaient pas le pouvoir de guérir la lèpre, mais ils l'examinaient seulement, et jugeaient si elle était en effet guérie. 11 n'y a que

SUR LA CONFESSION

la loi nouvelle, et que le sacrement de pénitence, oùles ministresdu Seigneur, successeurs des apôtres, soient revêtus de Tautorité de Dieu même pour délier le pécheur, pour le réconcilier, pour Fabsoudre , et lui remettre par une parole tous ses péchés. Cependant , chrétiens, voici ce qui nous doit paraître bien étrange, et ce que nous ne pouvons assez déplorer dans le christianisme : c*est que tant de pécheurs sachent si peu profiter du don de Dieu et du sacrement la plus salutaire : c'est qu'au lieu de se rendre aux pressantes invitations de Jésus- Christ , qui dans leur malheur leur a préparé cette ressource , et leur tend les bras pour répandre sur eux ses bénédictions, ils s'obstinent à se tenir éloignés de lui, et refusent d'approcher de son sacré tribunal ; c'est que pouvant trouver dans une humble confession de leurs péchés la plus prompte et la plus parfaite guérison ; comme des malades agités d'un violent transport, et insensibles à leurs maux, ils fuient le remède avec autant d'horreur qu'ils 4levraient marquer et avoir d'ardeur pour le rechercher. J'entreprends aujourd'hui de corriger ce désordre, et de vous représenter pour cela les avantages de la confession. On prêche assez aux chrétiens l'affreux danger et le crime d'une confession sacrilège : mais peut-être ne leur fait-on point assez voir combien d'ailleurs une bonne confession leur peut être utile pour la réformation de leur vie et pour leur avancement dans les voies de Dieu. On leur parle assez des dispositions nécessaires qu'ils y doivent apporter : mais peut-être leur parle-t-on trop peu des fruits précieux et des biens inestimables qu'ils en doivent espérer. Je prétends donc, mes chers auditeurs, pour vous engager à un fréquent usage •du sacrement de pénitence, vous en montrer dans ce discours l'excellence et la vertu. Demandons les lumières du Saint-Esprit par l'intercession de Marie : Ave,

Ce n'est pas mon dessein d'établir par de longues -preuves l'obligation indispensable et la nécessité de la confession. Dès que nous sommes enfants de l'Église , nous sommes soumis à ses décisions , et tious ne pouvons ignorer un de ses préceptes les plus authentiques et les plus formels ; précepte fondé sur la parole de Jésus-Christ même ; précepte autorisé parla tradition, confirmé par les conciles, reçu dans tous les siècles, et observé de tout le peuple fidèle. Je sais néanmoins comment l'ont regardé nos hérétiques : qu'il leur a paru un joug insupportable, et qu'ils l'ont rejeté comme une loi trop dure et trop pesante : mais sans Tonloir m'engager dans une controverse peu convenable et au temps et au lieu où je parle, j'avance, mes chers auditeurs, et je vais -vous en convaincre, que de toutes les pratiques chré- 4iennes, une des plus avantageuses pour nous, et où Dieu a eu plus d'égard k nos véritables intérêts ,

c'est la confession. Pour en être persuadés , nous pouvons nous considérer en deux états différents : ou dans l'état du péché , ou dans l'état de la grâce. Dans l'état du péché , nous avons besoin de remède pour nous guérir; et dans l'état de la grâce, nous avons besoin de force pour nous soutenir. Or, cela posé , écoutez deux propositions qui vont faire tout le sujet de votre attention. Je dis que la confession est le moyen le plus efûcace et le plus puissant que la Providence nous ait fourni pour effacer le péché : ce sera la première partie. J'ajoute que la confession est encore le préservatif le plus infaillible et le plus souverain pour nous garantir des rechutes dans le péché : ce sera la seconde partie. De l'une et de l'autre vous apprendrez de quelle conséquence il est donc pour nous d'avoir souvent recours au sacrement de la pénitence; et ce sera l'a <;onclusion. Écoutez-moi , s'il vous plaît.

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