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DE LA PERFECTIBILITE^
^itié y lui qui disoit avec une prescdeace si pér "^ riétrante à la fin du seizième siècle -: u Nos » mœurs sont extrêmemefnt corrompues , et » penchent d'une merveilleuse inclinatiion » vers Fempirement de nos. lois et usages; il » y en a plusieurs barbares et monstrueuses ; » toutefois, pour la difficulté de nous metti^e » en meilleur estât et le danjger de .ce crouje- » ment, si je pouvois ^planter une cheville à » nostre roue, et Tarrêter en ce poinct, je le » ferois de bon ccfeur^ »'
Dire que l'homme est perfectible, c'est supr, poser qu'il peut changer de nature ; c'est demander la rose à l'hysope , et l'ananas au peu-? plier.
Donnez-moi un homme qui ait autant d^.
sens que ce voyageur de Sirius qui fut ren-.
contré par Micromégasj donnez-moi sejuil^ , ment un homme que la nature ait pourvu d'un sens de plus que le reste de l'espèce , et je comprendrai facilement sa perfectibilité relative. Je ne dis pas qu'ujie grande révolution du globe, suivie d'une création intelligente, ou d'une création spontanée , ne puisse produire , après une longue succession de sièdes,
DE L HOMME
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"une espèèe beaucoup plus heureusement organisée que la nôtre , et ce n'est pas dire beaucoup ; mais cette espèce ne sera pas identiquement la nôtre : il y aura^ comme je Fai dit, créatioa et non pas perfectionnement.
La seule partie de notre civilisation où quel- ' que apparence de perfectibilité se révèle, c'est le travail mécanique , l'industrie manuelle de l'homme. La main de l'homme est en effet un instrument très-ingénieux dont les applications possibles ne sont* jamais essentiellement finies. Cependant il est douteux que ses œuvres de ce genre puissent enchérir d'une manière bien sensible sur ces merveilles de l'adresse et de la patience qi^i faisoient l'admiration des temps intermédiaires , et ce seroit peut-être assez pour lui d'y revenir.
, Quant aux opérations morales de son intelligence, elles sont finies comme ses organes ; il n'ira pas plus loin tant qu'il ne sera qu'homme.
On a parlé mille fois depuis quelques années du perfectionnement des sciences. C'est la plus abusive des extensions de mots. Les sciences spéculatives n'ont pas bougé j les
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sciences positives sont inamovibles de leur nature ; les sciences de faits s'augmentent et ne se perfectionnent pas. Tant que l'homme n'aura pas tout vu et qull sera curieux^ il ne manquera pas d'occasions de voir encore , et il restera maître d'enregistrer ses découvertes et de publier ses descriptions. Cette latitude est même assez ample y car on peut supposer hardiment qu'il n'a vu que la plus petite partie des choses ^ et qu'il ne verra jamais tout> Il surprendra sur le £ait de nouveaux accidents et de nouvelles propriétés ; U reconnoîtra de nouvelles existences qui lui avoient échappé jusqu'à nous; il ten<)era de nouvelles analyses, de noi:^velles synthèses, de nouvelles applications ; il formera de nouveUes nomenclatures et de nouveUes méthodes ; il n'inventera plus. Tout pauvres de notions qu'aient pu être les premiers maîtres des sciences de faits y la création de ces sciences leur appartient ; tout riches d'observations que soient; leurs successeurs ^ la création leur est interdite. Les premiers ont fait la physique , la thimie, l'histoire naturelfe; les autres font des expértencses ^ des combinaisons et des €atalogueSv
et
D£ L HOMME
Si lé livre des Découvertes des énciens attribuées aux modernes reitiplisaoit dans tout€ son étendue la promesse immense du titre/ la part des modernes seroit bientôt faite. Il valoit mieux ne pas Fentreprendre et résumer ce plan , tout vaste qu^il est , dans une solution bien laconique et bien commune : // fty u rien de nouveau sous le soleil. Le dix*huitième et le dix-neuvième siècles se sont crus découvreurs par une raison toute simple, c'est qu'ils étoient souverainement ignorants, et qu'à l'exception du charlatan qui proclamoit effrontément son plagiat comme une nouveauté dont la perception s'étoit dérobée avant lui à tous les efforts du genre humain, personne ne se seroit avisé de son temps de feuilleter l'auteur obscur dont lï s'approprioit la découverte. Il en est presque de toutes les acquisitions de notre intelligeiîre depuis les temps nouveaux, comme de l'invention des cartes à jouer placée sous Charles VI , et qui remonte aux époques les plus reculées de l'antiquité ; comme de celle du papier de chiffons , dont la faln^ication étoit vulgaire avant la fondation d'Alexandrie ; comm^ de celle