‹ Œuvres de CondorcetChapitre 90 sur 90 · ÉLOGE UE M. DE VAUCANSOV · texte numérisé non relu

ÉLOGE UE M. DE VAUCANSOV

de leur gloire et de leur fortune; il ne faut donc pas s’étonner'si ceux dont M. de Vaucanson désapprouvait les machines, presque toujours incapables d’entendre ses motifs, l’accusaient souvent de partialité et d’envie. Nous ne répondrons à cette accusation que par des faits; il applaudit avec transport au nouveau métier proposé par M. de la Salle : M. Tillet, son confrère et son ami, lui ayant demandé s’il était content decette invention : Si/en suis content , répondit-il , je donnerais ce que j’ai fait de mieux pour en être Fauteur. Cependant il n’ignoraitpas que M. de la Salle avait hautement approuvé le moulin à organsinerdu père Peronnier, qu’on voulait substituer au sien. Nommé pour examiner ce moulin, il avait cru ne pas devoir l’approuver, parce qu’il sentait qu’en lui donnant une marque de confiance si singulière , on avait supposé qu’il préférerait la vérité, même à la gloire de prononcer contre lui dans sa propre cause ; mais il avouait sans peine que ce moulin renfermait une idée ingénieuse, et que la difficulté d’une exécution assez parfaite était le senl motif de sa sévérité.

Il est impossible de concilier de pareils traits avec la passion qu’on lui supposait ; mais rien n’est plus commun que d’appeler envie, le sentiment involontaire qu’excitent les productions faibles ou défectueuses dans l’âme de ceux qui sont faits pour être frappés vivément de ce qui est bon ; et il ne faut pas toujours croire qu’un homme d’un grand talent est jaloux, parce qu’il montre du mépris pour les talents médiocres.

Les vertus domestiques où tous les hommes peu-

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vent prétendre, par lesquelles ils répandent la paix et la joie sur tout ce qui les entoure, sont peut-être celles qui contribuent le plus au bonheur de l’humanité , et dont les motifs sont les plus purs, parce qu’elles ne peuvent trouver leur récompense que dans le plaisir de les exercer. Elles deviennent bien plus touchantes dans ceux qui, livrés à des travaux d’une utilité plus générale, semblent pouvoir acquitter sans elles la dette que tout homme est obligé de payer à la société , et qui , nés avec de grands talents ou placés dans des postes importants, peuvent prétendre à des vertus plus éclatantes. M. de Vaucanson posséda ces vertus domestiques ; il fut bon ami, bon maître, et surtout bon père; n’ayant qu'une fille qui avait perdu sa mère peu de temps après sa naissance , il voulut suivre lui-même son éducation : il consacrait tous les jours trois heures à remplir ce devoir, ne croyant pas avoir d’occupation plus importante, et n’en connaissant point de plus chère. Il fut l’unique instituteur de sa fille dans ces premières connaissances pour lesquelles on a presque toujours l’imprudence de s’en rapporter à des maîtres pris au hasard ; comme si une funeste expérience n’eut pas prouvé que souvent, avant qu’un enfant ait achevé d'apprendre à lire , les préjugés ont déjà jeté dans son âme des racines que l’éducation la plus soignée ne détruira plus. A ces premières leçons, il joignit toutes celles qu’il crut nécessaires à une femme destinée par la nature à être la première institutrice de ses enfants et le guide de leur jeunesse. M. de Vaucanson obtint le prix que les parents qui

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ont le même courage manquent rarement «le recueillir; il vit ses soins récompensés par le succès et par la tendresse de sa fille.

Attaqué depuis plusieurs années d’une longue et cruelle maladie, il la supportait avec ce courage tranquille qui adoucit les maux; conservant toute son activité , il avait la force de se distraire de ses souffrances. Il s’occupait encore dans les derniers jours de sa vie à préparer la description de la machine qu’il avait inventée pour composer sa chaîne sans fin ; il expliquait à des ouvriers formés par lui et dignes d’un tel maître, les moyens qu’il avait imaginés pour exécuter en bois une partie des pièces qui formaient son moulin. Ne perdez point de temps, leur disait-il , je ne vivrai peut-être pas assez pour exposer mon idée en entier. Il jouissait, au milieu de douleurs violentes et presque sans relâche , des dernières marques de l’attachement de tout ce qui lui était cher, d’un petit nombre tl’amis, d’une parente qu’une amitié respectable attachait à lui depuis longtemps , et qui ne l’avait point quitté depuis le mariage de sa fille avec M. le marquis de Salvert ; surtout des soins de cette fille chérie qui joignait à la piété filiale le sentiment d’une reconnaissance que son père avait si bien rneritee.

Enfin, il termina sa vie et ses souffrances le ai novembre 178a, laissant un nom qui sera longtemps célèbre chez le vulgaire, par les productions ingénieuses qui furent l’amusement de sa jeunesse; et chez les hommes éclairés, par les travaux utiles qui ont été l’occupation de sa vie.

tfl.OGK DF. M. HUNTF.R.

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Guillaume Hunter, agrégé au collège royal de médecine de Londres , médecin extraordinaire et accoucheur de la reine d’Angleterre, médecin-consultant de l’hôpital des femmes en couche , professeur d’anatomie, de l’Académie royale des arts, membre de la Société royale et de celle des antiquaires, président de la Société de médecine de Londres, associé étranger de l’Académie des sciences et de la Société de médecine de Paris, naquit le »3 mai 1718, à Kilbride, dans le comté de Lanerk: il était le septième des dix enfants de Jean et d’Agnès Hunter. Envoyé à l’âge de quatorze ans dans un séminaire à Glasgow, il y passa cinq années, pendant lesquelles il mérita, par sa conduite et son application, l'estime de ses maîtres.

Son père le destinait à l'état ecclésiastique; mais lorsqu’à dix-neuf ans, ses études étant finies, on lui proposa la signature des articles de foi , à laquelle la loi soumet tous les membres du clergé anglican , ni l’autorité, ni les prières de son père ne purent l’y résoudre : la franchise de son caractère 11e lui permit point d’enchaîner par cet acte la liberté de penser dont il faisait déjà profession; et jamais il ne voulut se laisser persuader qu’il fût permis, en morale, de signer ce qu’on rejette au fond du cœur, et de promettre d’enseigner ce qu’on ne croit pas. Sa famille avait fait des sacrifices pour son éducation ; il était affligé de ne pouvoir répondre à ses vues, et

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d’être forcé peut-être d’en accepter de nouveaux secours; mais il eut le bonheur de rencontrer le docteur Culleti, aujourd’hui célèbre professeur d’anatomie à Edimbourg, et qui pratiquait alors la médecine à Hamilton. M. (Julien le confirma dans la résolution de suivre sa conscience, lui proposa d'embrasser l’état de médecin, et obtint le consentement de sa famille. M. Hunter passa trois années dans la maison de son ami, devenu son instituteur et sou pere; il ne le quitta que pour aller achever, à Edimbourg et à Londres, ses études de médecine , bien décidé à revenir ensuite partager pour toujours la retraite de M. (Julien.

Mais le sort les destinait tous deux à une vie plus active; et leurs talents, trop resserrés sur le petit théâtre où l'amitié et la philosophie les voulaient confiner, devaient briller dans les deux capitales de la Grande-Bretagne.

M. Hunter vint à Londres eu 174 1, perdit sou père au bout de quelques mois, et ne retourna depuis qu’une seule fois en Écosse, dix ans après, pour revoir sa mère et son ami le docteur Cullen. Il passa quelques jours dans la demeure de ses pères, acheta des terres pour augmenter l’étendue de leur petit domaine, s’occupa du soin de l’embellir, l’abandonna ensuite à sa mère, et la quitta pour toujours.

En 1743, M. Hunter donna son premier ouvrage; sa dissertation présentée à la Société royale de Londres, a pour objet la structure des cartilages qui terminent les os : on les supposait composés de couches concentriques recouvertes l’une par l’autre

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jusqu’à celle qui s'étendait et se moulait sur l'extrémité de l’os. M. Hunter prouva qu’au contraire lescartilages sont formés de fibres qui s’élèvent perpendiculairement à cette même extrémité, et sont liées entre elles par d’autres fibres transversales. Cette découverte de M. Hunter a été confirmée par par M. de Lassone, qui, en observant les os après la calcination, s’est assuré de l’existence de ces fibres perpendiculaires.

Trois ans après, une société de chirurgiens de la marine choisit M. Hunter pour faire un cours d’anatomie ; il dut à ces leçons la première aisance dont il ait joui. Soixante-dix guinées qu’il rassembla, lui parurent un trésor inépuisable ; il en fit part à ses amis, mais avec si peu de précaution, que l’année d’après il se trouva hors d’état de faire imprimer les affiches d’un nouveau cours. Cette leçon lui fut utile; on l’accusa même depuis de porter l’économie jusqu’à l’avarice : il est vrai qu’il consacra de trèsgrandes sommes à son goût pour l’anatomie et pour l’histoire naturelle, à son zèle pour le progrès des sciences; mais on n’attribue à la libéralité que les dépenses de vanité ou de luxe, et l’homme qui ne s’en permet que d’utiles court risque de passer pour un avare dans l’opinion publique.

Les premiers volumes de la Société de médecine de Londres renferment des ouvrages précieux de M. Hunter; telle est l’observation d’une espèce particulière d’anévrisme, dans lequel l’artère s’ouvre une communication avec la veine , et une description nouvelle de la structure du tissu cellulaire. 11 y

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reconnaît deux substances d’une organisation différente, l’une réticulaire, l’autre glanduleuse : cette dernière, destinée à contenir la graisse, est munie des vaisseaux qui la portent dans ses réservoirs, et des organes où s’en fait la sécrétion ; mais c’est la première qui seule est le véritable siège de l’hydropisie.

Après avoir pratiqué la chirurgie pendant quelques années, par nécessité, et avec un dégoût que jamais il n’eut le courage de vaincre, M. Hunter se livra principalement à la pratique des accouchements, et bientôt il n’eut qu’un rival à Londres. Heureusement pour sa fortune, ce rival, M. Smellie, n’avait pas joint à ses talents l’art de se rendre agréable à un sexe qui , accoutumé au langage de la flatterie, est étonné d’entendre celui de la vérité, même dans la bouche de son médecin , voudrait qu’il s’occupât de plaire encore plus que de guérir, et sans doute est excusable de le vouloir, car les défauts des femmes sont l’ouvrage des hommes, comme les vices des nations sont le crime de leurs tyrans.

On craignait le docteur Smellie; on attendait, pour l’appeler, que son secours fût absolument nécessaire, c’est-à-dire qu’il fût inutile. Il avait donc rarement des choses consolantes à dire, et on l’en craignait encore davantage; aussi n’eut-il jamais une pratique étendue dans ce qu’on appelle la bonne compagnie, et il fut très-heureux, pour les dames anglaises, que M. Hunter unît à une habileté pour le moins égale, la douceur et les agréments dont l'austère et savant Smellie avait été privé.

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La pratique des accouchements et l’enseignement de l’anatomie partagèrent le reste de la vie de M. Hunter; et sous ces deux points de vue, il a mérité également l’estime des savants et la reconnaissance de ses concitoyens.

Son ouvrage sur la matrice dans l’état de grossesse est un monument précieux dans l’anatomie ; il est formé de trente-quatre planches, où les objets de grandeur naturelle sont représentés avec vérité et avec précision. La découverte de la membrane à laquelle il a donné le nom de decidua ; l’examen des usages de cette membrane qui unit ensemble, dans le commencement de la grossesse, la matrice et le fœtus, et dans l’épaisseur de laquelle le placenta se forme, croît et se développe ; l’exposition des conséquences pratiques qui résultent de cette découverte ; une description exacte de l’utérus et du fœtus qu’il renferme, aux différentes périodes de la grossesse ; le détail des changements que l’un et l’autre éprouvent ; cette partie importante de l’anatomie presque entièrement nouvelle, portée dès le premier pas à un grand degré de perfection ; tel a été le premier titre de M. Hunter à la célébrité et aux suffrages des compagnies savantes de l’Europe.

C'est dans ce même ouvrage qu’il fit connaître la maladie qu’il a nommée retroversio uteri, maladie dangereuse, assez commune, mais encore inconnue, et dont il montra en même temps la cause, les symptômes et les remèdes. A peine son livre fut-il public, que deux praticiens habiles reconnurent celte maladie; ils avouèrent que peu «le temps au-

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fitjfi

paravaut deux de leurs malades eu avaient été les victimes, et qu’ils les auraient sauvées si les observations de M. Hunter leur avaient été counues.

11 n’a pas reudu moins de service à l’humanité par deux de ses ouvrages d’un autre genre, mais relatifs au même objet : l’un est une dissertation sur l’incertitude des signes de mort violente dans les enfants nouveau-nés. On sait combien, pour ce genre de crime, des femmes innocentes ont été sacrifiées à l’ignorance des juges, et à l’influence qu’a sur eux la prévention populaire ; il était encore plus nécessaire en Angleterre qu'ailleurs de chercher à les éclairer. Les précautions de la jurisprudence anglaise pour assurer aux accusés tous les moyens de se défendre, pour les protéger contre leur propre ignorance , pour les mettre à l'abri de la passion ou de la corruption des juges, fout à l’humanité de la nation britanuique un honneur que malheureusement trop peu d’autres peuples s’empressent de mériter; mais les jurés ne sont pas des hommes choisis, comme nos magistrats, parmi ceux qui ont dù faire une étude particulière du devoir qu’ils ont à remplir : ces jurés , tirés au sort parmi tous les habitants d’un canton, dont la réputation est intacte, doivent partager souvent les opinions, les préjugés vulgaires; et l’expérience a prouvé que lorsqu'ils ont rendu des jugements injustes, c’est presque toujours à cette cause que leur erreur doit être imputée ; mais aussi l’instruction étant publique , un seul homme éclairé suffit pour prévenir l’injustice.

Le second ouvrage est un mémoire sur la section

de la symphyse du pubis. Après avoir traité sou sujet en médecin, et avoir fait sentir combien il restait encore de recherches à faire avant de prononcer sur l'utilité de cette opération, M. Hunter examine s'il doit être permis en morale de livrer une mère à une mort presque assurée, dans l’espérance incertaine de conserver à un enfant, qui n’existe pas encore, une vie peut-être de quelques instants; il prononce en faveur de la mère, c’est-àdire, de celui des deux individus qui , appartenant à la société par ses liens et par ses devoirs, a dès lors acquis sur elle de véritables droits; qui souffre à la fois et la douleur physique et tout ce que la prévoyance et la crainte peuvent ajouter a la douleur; de celui enfin qui, connaissant son existence et pouvant l’apprécier, a sur sa propre vie un droit qui n’est qu’à lui seul, et que personne ne peut lui enlever sans injustice. Cette opinion, que beaucoup d’hommes éclairés ont adoptée, M. Hunter est le premier qui ait eu le courage de la prononcer hautement, sans détour et avec une entière franchise; il n’a pas craint de s’exposer à tout ce que l’orgueil et l’avarice pouvaient oser contre lui, à l’abri du voile respectable dont les passions les plus basses et les plus cruelles savent si souvent se couvrir avec tant d’habileté.

M. Hunter donnait ses leçons d’anatomie au milieu d’un vaste musée élevé à ses frais ; là, toutes les parties du corps humain, préparées par lui avec un art dont il avait presque seul le secret, étaient présentées aux élèves sous l’aspect le plus propre à en

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faire mieux apercevoir la structure et les détails; la plupart y paraissaient et dans l’état naturel et avec les altérations que les différentes maladies peuvent y causer; chaque pièce offrait le résultat du travail et de l’observation des anatomistes, et l’offrait d’une manière bien plus instructive et plus frappante que la description la mieux faite ou la planche la mieux gravée ; un très-grand nombre même faisaient connaître des découvertes de détail dues à M. Hunter iui-inème, qu’il n’avait exposées dans aucun ouvrage, et qui n’existent que dans les préparations anatomiques où il a eu l’art «le les rendre sensibles.

Aussi c’était surtout en voyant ce cabinet, qu’on pouvait apprendre à concilier la grande réputation de M. Hunter avec le petit nombre de ses ouvrages : on y admirait entre autres ses préparations des vaisseaux lymphatiques; la nature, l’usage de ces vaisseaux, leurs ouvertures dans les intestins, par lesquelles ils absorbent le chyle, tous ces phénomènes importants, dans l’économie animale, étaient ou inconnus ou peu développés avant MM. Hunter et Monro , qui se disputèrent avec chaleur la gloire de ces observations.

Le seul reproche qu’on puisse faire à M. Hunter est peut-être cette vivacité avec laquelle il réclamait souvent ses découvertes; mais il avait du moins la franchise de convenir de cette faiblesse. Il ny a point eu, disait-il dans un de ses ouvrages, de grand anatomiste qui n’ait eu de grandes querelles ; et un anatomiste qui enseigne, un anatomiste qui , occupé de faire des préparations, a déposé au moins autant

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d'idées dans son cabinet que dans ses livres, doit craindre encore plus de voir les autres s’approprier des découvertes qu’ils peuvent plus aisément n’avoir pas connues, et dont il leur est plus permis de paraître ignorer le premier auteur.

Au mois de mars 1783 , M. Ilunter fut tourmenté par une goutte vague; cependant il voulut, le 20, faire une leçon d’opérations chirurgicales; mais il se trouva mal et ne put l’achever; deux jours après il avertit ses médecins qu’il croyait avoir éprouvé la nuit une attaque de paralysie. Sa conjecture se trouva vraie ; l’attaque avait porté sur les intestins , et il mourut le 3o avec une tranquillité peu commune. Si je pouvais encore tenir ma plume, disait-il à son ami M. Combe, peu d’instants avant sa mort, j’écrirais combien il est facile, et doux de mourir.

Il a laissé un frère, M. Jean Hunter, d’abord son élève, longtemps son compagnon d’études, et enfin son rival : c’est par les conseils et d’après les vues de son frère , que M. Jean Hunter s’est livré à ces belles recherches sur la position des testicules dans le foetus, qui lui ont acquis une si juste célébrité. L’union des deux frères fut altérée par une dispute, il y a quelques années; l’amitié reprit ensuite ses droits, mais sans cette douce intimité qui ne revient jamais lorsqu’une fois elle s’est perdue; cependant, puisque* cette dispute a été malheureusement connue du public, il est consolant de pouvoir dire que, dans sa dernière maladie, M. Hunter reçut avec reconnaissance les soins de son frère, et lui donna des marques de confiance qu’on ne peut regarder

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comme un simple hommage rendu à son habileté.

M. Hunter a légué au public son cabinet avec une somme de huit mille livres sterling, dont le revenu est destiné à l’entretenir et à l’augmenter.

Des livres rares, une belle suite de médailles, des morceaux précieux d’histoire naturelle, et ses préparations anatomiques, rendent cette collection une des plus riches, et surtout une des plus instructives qu’aucun particulier ait possédées. C’était la seule passion de M. Hunter : il y avait employé la plus grande partie d’une fortune très-considérable qu’il avait acquise dans une longue et heureuse pratique; le prix des services qu’il a rendus à ses contemporains a été consacré par lui au salut et à l’instruction de leur postérité.

FIS Üi: TOME DEUXIEME.

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