‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 10 sur 287 · LE DUC · texte numérisé non relu

LE DUC

1 01 qui, par mille etploits divers, Soutiens le poids d'un nom si fameui dans le tiionde , Héros, à tes bontés soufiBt^ que je réponde,

Et reçois l'offre de mes ver^.

Je méditois en vain de t'en faire l'hommage ,

En vain je me l'étois promis ,

52 ÉPITRK

Jamais ton nom. sacré n eût paré mon ouvrage,

Si tu ne me Feusses permis.

Non, quel que soit pour toi le zèle qui me guide , Quel que fût de mes vers le prix ou le bonheur,

Grand prince , ma muse timide Ne te les eût offerts que dans le fond du cœur. Un auteur vainement, sous le nom de prémices,

Croit son hommage en sûreté :

Dans nos plus humbles sacrifices ,

#n nous croit sans humilité.

, C'est teindre à l'immortalité , .

Que de paroître au jour sous de si grands auspices; C'est rendre enfin mes vers ou suspects ou complices

D'une coupable vanité.

Heureux que ma Muse indiscrète

N'ait point «uivi sa folle ardeur , Et que, prête à livrer le héros au poète.

Elle ait d'un front modeste épargné la pudeur ! Si, plus que toi peut-être instruite de ta gloire, Rappelant des périls que tu ne craignis pas , Te les reprochant même au sein de la victoire,' Ma Muse t'apprenoit tout ce que fit ton bras....

Non , ne crains point que son audace , De Steinkerque ou Nerwinde embrassant les exploits ,

Fasse résonner une voix • Â peine connue au Parnasse.

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