‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 101 sur 287 · ACTE III, SCÈNB VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNB VII

Mériter ma vengeance est un moindre forfait Que d'oser un moment en retarder l'eflfet.

Perfide , malgré toi je t'en ferai complice : Ton roi pour tant a atfrotits n'a pas pour un supplice" Je ne punirois point vos forfaits différents , Si je ne m'en ^engeois par des forfaits plus grands. Où Thyeste parott , tout respire le crime :

Je me sens agité de l'esprit (jui l'anime ; Je suis déjà coupable. Etoit-ce lue venger Que de charger son fils du soin de l'égorger ? Qu'il vive ; ce n'est plus sa mort que je médite. La mdrt n'est que la Rn deà tourments ^*ïl mérité. Que le perfide, en pi^oie aux hort-eurs de son sort, Implore comme un bien la plus affi'euàe mbH : Que ma triste vengeance, k tous lés deux cruelle, Étonne jusqu'aux dieux , qui n'ont rtéii fait pour elle. Vengeons tous nos afitonts , mais par un tel forfait. Que Thyestè lui-même eût voulu l'avoir fait^ Lâ(^e et vaine pitié , que ton murmUiHî cessé : Dans Tes cœurs outi*agés tu n'es qu'une foiblesée ; Abandonne le mien : qu'exiges-tu d'un coeur Qui ne reconnoît plus de dieux que sa fiii^êur ? Courons tout préparer j et, par Un coup funeste. Surpassons , s^U se peut , les crimes dé Thyëstë. Le ciel , potu* le punir d'avoir pM m'outrager , Â remis à son sang le soin de tn'eh Vèiiger.

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