‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 112 sur 287 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

PLISTHÈNE, 8«ul.

Thess ANDRE ne vient point ! rien ne Fofifre à mes yeux I Tout m'abandonne-t-il dans ces funestes lieux? Tristes pressentiments que le malheu^enfante , Que la crainte nourrit, que le soupçefti augmente , Secrets avis des dieux , ne pressez plus un cœur Dont toute la fierté combat mal la frayeur.

C'est en vain qu'elle veut y mettre quelque obstacle ; Le cœur des malheureux n'est qu'un trop sûr oracle. Mais pourquoi m'alarmer, et quel est mon efifroi? Puis-je, sans l'outrager, cne défier d'un roi Qui semble désormais , cédant à la nature , Oublier qu'à sa gloire on ait feit une injure ? L'oublier ! ah ! moi-mén^ oublié-je aujourd'hui Ce qu'il vouloit de moi , ce que j'ai vu de lui ? Puis-je en croire une paix déjà sans fruit jurée? Dès qu'il faut pardonner, n'attendons rien d'Atrée. Je ne connois que trop ses transports furieux. Et sa fausse pitié n'éblouit point mes yeux.

C'estten vain de sa main que je reçois un père : Tout ce qui vi^it de lui cache quelque mystère.

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