ACTE II, SCÈNE I
Par un désir secret de voir la sœur d'Oreste , Hier y avant la nuit , j'arrive daas ces lieux. La superbe Mycàae offre un temple à mes yeux : Je cours y consulter le dieu qu'on y révère , Sur mon sort, sur celui d'Oreste et de mon père. Mais à peine aux atttels je mç fus prosterné^ Qu'à mon abord fatal tout parut consterné :
Le temple retentit d'un funèbre murmure ; (Je ne suis cependant meurtrier ni parjure.) J'embrasse les autels, rempli d'un saint respect ; Le prêtre épouvanté recule à mcm aspect, Et^ sourd à mes souhaits, rçfiise de répondre : Sous ses pieds et les miens tout semble se confondre. L'autel tremble; le dieu se voile à nos regards, Et de pâles éclairs s'arme de toutes parts :
L'antre ne n<Mis répond qu'à grands coups de tonnerre. Que le ciel en courroux fait gronder sous la terre^ Je l'avoue, Anténor; je sentis la frayeur.
Pour la première fois, s'emparer de mon cœur. A tant dliorreurs enfin succède un long silence. Du dieu qui se voiloit j'implore l'assistance : a Écoute-moi , grand dieu ; soi3 sensible à mes cris : ce D'un ami malheureux , d'un plus malheureux fils, a Dieu puissant, m'écriai-je, exauce la prière; « Daigne sur ce qu'il craint lui prêter ta lumière. » Alors , parmi les pleura et parmi les sanglots , Une lugubre voix fit entendre ces mots :
ce Cesse de me presser sur le destin d'Oreste ; rt Pour en être éclairci tu m'implores en vain : (c Jamais destin ne fut plus triste et plus funeste.
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« Redoute pour tpi-méme un semblable destin.
« Apaise cependant les mânes de ton père :
a Ton bras seul doit venger ce héros malheureux « D'une main qui lui fut bien fatale et bien chère; ff Mais crains y en le vengeant ^ le sort le plus affi*eux. » Une main qui lui fut bi^n, fatale et bien chère ! Ma mère ne vit plus , et je n'ai point de frère. Juste ciel! et sur qui doit tomber mon courroux? De ces lieux cependant fuyons ^ arrachons-nous. Allons trouver le roi..«. lofais je vois la princesse. Ah I Aiyons; mes malheurs^ mon devoir, tout m'en presse: Partons , derobcms-noas la douceur d'un adieu.