‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 169 sur 287 · SCÈNE VIL ORESTE, ELECTRE, PALAMÈDE, ARCAS · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL ORESTE, ELECTRE, PALAMÈDE, ARCAS

GARDES

O R E S T E , à ses gardes.

Suivez-la. Dieux! quels cris se font encore entendre! D'un trouble aifreux mon cœur a peine à se défendre. Palaméde , venez rassurer mes esprits.

Que vous calmez l'horreur qui les avoit surpris! Ami trop généreux, mon défenseur, mon père.

Ah I que votre présence en ce moment m'est chère!..* Quel triste et sombre accueil! Seigneur, qu'ai-jedonc fidt? Vos yeux semblent sur moi ne s'ouvrir qu'à regret : ITai-je pas assez loin étendu la vengeance?

PALAMEl^E.

On la porte souvent bien plus loin qu'on ne pense. Oui, vous êtes vengé , les dieux le sont aussi; Mais, si vous m'en croyez, éloignez-vous d'ici» Ce palais n'oflfre plus qu'un spectacle funeste ; Ces lieux souillés de sang sont peu dignes d'Oreste : Suivez-moi l'un et l'autre.

ORESTE

Ah ! que vous me troublez!

Pourquoi nous éloigner? Palaméde, parlez :

Craint-on quelque transport de la part de la reine?

lïon, vousl n'avez plus rien à craindre de sa haine.

Page 1