‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 213 sur 287 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

PHARASMANE, HYDASPE, gardes- j

PHARASMANC

Hydaspe y il est donc vrai que mon indigne fils^ Qu'Arsame est de concert avec mes enhemis ?

Quoi I ce fils, autrefois si soumis y si fidèle, Si digne d'être aimé , n'est qu'un traître , un rebelle ! Quoi ! contre les Romains ce fils tout mon espoir A pu jusqu'à ce point oublier son devoir !

Perfide, c'en est trop que d'aiiner Isménie , Et que d'oser trahir ton père et Flberie , Traverser à la fois et ma gloire et mes feux.... Pour de moindres forfaits, ton fi-ère malheureux.... . Mais en vain tu séduis un prince téméraire, Rome : de mes desseins ne crois pas me distraire ; Ma défaite ou ma mort peut seule les troubler \ Un ennemi de plus ne me fait pas trembler. Dans la juste fiireur qui contre toi m'anime, Rome , c'est ne m'ofFrir de plus qu'une victime. C'est assez que mon fils s'intéresse pour toi ; Dès qu'il faut me venger, tout est Romain pour moi.

346 RHADAMISTHE ET ZÉNOBIE.

Mais que dit Hiéron? T'es-tu bien fait entendre ? Sait-il enfin de moi tout ce qu'il doit attendre S'il veut dans FArménie appuyer mes projets?

HYDASPE

Peu touché de l'espoir des plus rares bien&its, A vos oflFres, seigneur, toujours plus inflexible, Hiéron n'a fait voir qu'un cœur incorruptible j Soit qu'il veuille en effet signaler son devoir. Ou soit qu'à plus haut prix il mette son pouvoir. Trop instruit qu'il peut seul vous servir ou vous nuire , Je n'ai rien oublié , seigneur , pour le séduire.

PHARASMANE.

Hé bien ! c'est donc en vain qu'on me parle de paix : Dussé-je sans honneur succomber sous le faix , Jusque chez les Romains je veux porter la guerre. Et de ces fier^^tyrans venger toute la terre. Que je hais les Romains ! Je ne sais quelle horreur Me saisit au seul nom de leur ambassadeur :

Son aspect a jeté le trouble dans mon âme.

Ah ! c'est lui qui sans doute aura séduit Arsame : Tous deux en même jour arrivés dans ces lieux. .., Le traître ! C'en est trop : qu'il paroisse à mes yeux. Mais je le vois ; il Êiut....

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