‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 29 sur 287 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Ce prince i^ore encw quel, sera mcm dessein ; Sait-il que je l'atlei^?

« SOPHRONYMK.

Dans le temple prochain 9 ÂH ciel y par tant d'horreurs qui pi^ursuit son supplice^ U prépare, seigneur ^. un triste sacrifice; Et mouillant de. ses pleurs d'insensihles autels ^ Pour vous, pour vos sujets, il s'offre aux immortelsi

inOMiNEE.

Vous n'êtes point touchés d'une vertu si pure ! Pardonnez donc^ grands dieux , si naou cœur en murmure. O mon fils!

' SCÈNE IV

IDOMÉNÉE, SOPHRONYME, ÉGÉ8IPPE.

Mais que vois-je? et quel funeste objet !

Égésippé revient, tremblant, triste, défait!

Que dois-je soupçonner? Ah î mon cher Sophronyme! Le ciel impitoyable a nommé sa victime.

EGESIPPE.

Quelle victime encor ! que de pleurs , de regrets Nous vont coûter des dieux les barbares décrets ! Pourrai-je sans frémir nommer....

IDOMEN^B.

Je t'en dispente; Couvre plutôt ce nom d'un éternel silence :

«o ^IDOMÉNÉE/

De ton secret fetal je suis peu curieux y

Et sur ce point enfin j'en sais glup fjjie les dieuX'»

Écoutez cependant. t ■ .. : »

TDOXétfiE.

Que veuî-m qw f écoute ?

D'un arrêt inhumain tu crois donc que je doute?... Mais poursuis, Égésîppe.

ÉGÉSIPPÉ.

Au pied du mont sacré Qui fut pour Jupiter un asile assuré , J'interroge en tremblant le dieu sur nos misères. Le prêtre destiné pour leS'SecretS;^ystère/ Se traîne, prosterné, près d^un antre profond; Ouvre..., Avec miUe cipisi^ gouffi*e lui répond ; D'affiieux gémissements et des voix laq^^entables Formoient à longs s^toglotë diet^ £^x:ents pitoyables , Mais qui venoiept à moi comme des sons peadus. Dont résonnoit le temple en échos mal rendi^. Je prêtois cependant une oreille attentive , Lorsque enfin une voix , plus forte et plus plaintive, A paru rassembler tant de cris douloureux , Et répéter cent fois : « O roi trop malheureux ! » Déjà saisi d'horreur d'une si triste plainte , Le prêtre m\ bientôt frappé d'une autre crainte , Quand , relevant sur lui mes timides regards , Je le vois , l'œil farouche et les cheveux épars , Se débattre long-temps sous le dieu qui Faccable , Et prononcer enfin cet arrêt formidable :

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