‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 63 sur 287 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ÉRIXÈNE, IDAMANTE, ISMÈNE.

ERIXENE.

Arrêtez un moment.

Vous me voyez, seigneur ,linquiète, éperdue : De mortelles frayeurs je me sens l'âme émue.

De mon devoir toujours prête à subir la loi , Je courois aux autels peut-être malgré moi ; Tallois voir immoler, dans ma juste colère , Le sang d'Idoménée aux mânes de mon père :

Qu'ai-je fait ! et de quoi se flattoit mon courroux l • On dit que les effets n'en tombent que sur vous. De grâce , éclairciss^z mon trouble et mes alarmes : D'un peuple qui gémit et les cris et les larmes ,

ii8 inÔMÉNÉE.

Des pleurs qu'en ce moment Je ne puis retemir,

Tom dans ^ UH>uble affreux sert à m'entreienir.

IDAMANTE.

Il est vrai que le ciel, juste, quoique sévère , Semble enfin respecter la tête de mon père.

Sous le couteau mortel la mienne va tomber , Et sous Farrêt fatal je dois seul succomber , Madame ; trop heureux , si la mort que j'implofe Apaise le courroux de tout ce que j'adoie î Si je puis désarmer le ciel et vos beaux yeux , Je vais , par un seul coup , contenter tous mes dieux.

ÉRIXENE.

Seigneur , il est donc vrai qu'une promesse affreuse

Vous livre aux dieux vengeurs? Qu'ai-je fait, malheureuse!

J'ai révélé l'oracle , et ma funeste erreur

A d'un arrêt barbare appuyé la fureur.

Mais pouyois-je des dieux pénétrer le mystère.

Et croire vos vertus l'objet de leur colère ;

Me défier enfin qu'avec eux de concert

J'eusse pu me prêter à la^ppiain qui vous perd?

Non, seigneur, non, jamais votre fière eimemie

N'auroit you|ii poursuivre unç si belle vie.

Moi , la poursuivre ! Hélas ! les dieux me sont témoiiis

Que mon cœur malheureux ne haït jau^ mpins.

IDAAfAQTTBk

Quel bcnheur est le mien ! Prè$ de perdre la vie , Qu'il m'est doux de trouver Érixène attendrie ?

iRIXÈNE.

Oui, malgré mon devoir, je ressens vos malheurs ,

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