‹ Œuvres de CrébillonChapitre 10 sur 158 · ACTE I , SCENE V. 3i · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE V. 3i

La sûreté du prince ordonna ce trépas;

Et, ponr comble de maux , j'ignorais TOt appas.

Mérion a rendu sa perte légitime :

Sa mort, sans mon amour, ne serait pas un crime.

ÉKIxilTB.

C'est-à-dire , Seigneur, qu'il mérita son sort ?

Sans Tonloir démêler les causes de sa mort ,

Si de ces tristes lieux le funeste héritage

Du superbe Minos dut être le partage ;

Si mon père, sorti du sang de tant de rois ,

D'Idoménée enfin a dû. subir les lois ;

Quel espoir a nourri cet amour qui m*ontrage ?

Et pourquoi m'en offrir un imprudent hommage ?

Vainqueur de Mérion , fils de son assassin ,

La source de mes pleurs s'ouvrit par yotre main :

Est-ce pour les tarir que tos feux se déclarent ?

Songez-vous que ces pleurs pour jamais nous séparent ?

Sons le poids de vos fers , je n'arrive en ces lieux

Que pour y recevoir les plus tristes adieux.

Mérion expirait ; sa tremblante paupière

A peine lui laissait un reste de lumière ;

Son sang coulait encore, et coulait par vos coups:

Barbare ! en cet état me parlait-il pour vous ?

Qu'il m'est doux de vous voir brûler pour Érixènel

Conservez votre amour, il servira ma haine.

Adieu, Seigneur: c'est trop tous permettre un discourt

Dont ma seule vengeance a dû soufËrir le ceurs.'

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3a IDOMÉNÉE.

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