ACTE III, SCENE V. sSi
Hou fils de son devoir eût été pins jaloux,
.TTDSE.
Et quel est donc , Seigneur, cet Oreste?
PA.LAMil>E.
' C'est vous. '
OASSTX.
Oreste, moi , Seigneur ! Dieux ! qu*entends-je ?
PA.L1.MKBE.
Oui , vous-même , Qui ne derea vos jours qu*â ma tendresse extrême. Le trahre dont ici tous protégez le sang Aurait , sans moi , du vôtre épuisé votre flanc. Ingrat ! si désormais ma foi vous paraît vaine > Retournez à Sames interroger Thjrrhène.
Instruit de votre sort , sa constante amitié A secondé pour vous mes soins et uia pitié :
11 sait, pour conserrer une si chère vie Par le tyran d*ArgoB sans cesse poursuirie , Que , sous le nom d'Oreste , à des traits ennemis J'offris , sans balancer, la tête de mon fils. C'est sous un nom si grand , que, de vengeance avide. Il venait en ces lieux punir un parricide.
Je l'ai vu , ce cher fils , triste objet de mes vœux , Mourir entre les bras d*un père malheureux :
J'ai perdu pour vous seul cette unique espérance. Il est mort ; j'en attends la même récompense. Sacrifiez ma vie an tyran odieux A qni voua iminoles des noms pins précieux :
i3a ELECTRE.
Qa*à TOtre Iftche amour tout autre intérêt cède. Il ne TOQ8 reste plus qu'à lÎTrer Palamède :
Il rivait pour tous Seul , il serait mort pour tous ; C*en est assez , cruel , pour exciter tos coups.
O RESTE
PonrsuiTez , ce transport n*est que trop légitime : Égalez , s*il se peut , le reproche à mon crime ; Accablez-en , Seigneur, un amour odieux , Trop digne du courroux des hommes et des dieux. Qui? moi , j'ai pu brûler pour le sang de Thyeste?. A quels forfaits , grands dieux , réserrez^TOus Oreste? Ah ! Seigneur, je frémis d'une secrète horreur ; Je ne sais quelle voix crie au fond de mon cœur. Hélas ! malgré Tamour qui cherche à le suipreudfe Mon père mieux que tous a su s'y faire entendre. Courons , pour apaiser son ombre et mes remords. Dans le sang d'un barbare éteindre mes transports. Honteux de voir encor le jour qui nous éclaire , Je m'abandonne à tous; parlez , que faut-il faire ?
Arracher Totre sœur à mille indignités :
Apaiser d'un grand roi les mânes irrités , Les Tenger des fureurs d'une barbare mère :
Tenir sur son tombeau jurer i TOtre père D'immoler son bourreau, d'expier aujourd'hui Tout ce que Totre bras osa tenter pour lui ; Rassurer Totre sœur, mais lui cacher son frère ; Ses craintes , ses transports trahiraient ce nfystère :