‹ Œuvres de CrébillonChapitre 30 sur 158 · ACTE III , SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III , SCENE V

Je le Tois: tous savez les secrets de mon cœnr. Pardonnez : j*en ai fait un coupable mystère : Non que, pour vous tromper, je voulusse m*en taire... Mais d*u]i feu qu*en mon sein j'avais cru renfermer^ Hé ! qui y Seigneur, encore a pu vous informer ? Ah ! quoiqu'il soit trop vrai que j'adore Érixène....

IDOKÉNBE.

Poursuivez , dieux cruels ; ajoutez à ma peine : Me voilà parvenu , par tant de maux divers , A pouvov défier le ciel et les enfers.

Je ne redoute plus votre courroux funeste , Impitoyables dieux ! ce coup en est le reste. Sttr mon peuple à présent signalez vos fureurs ; Et si ce n'est assez , versez4es dans nos cœurs. Toyez-nous tous les deux , saisis de votre rage , Égorgés Tun par l'antre , achever votre ouvrage. Par de nouveaux dangers arrachez-moi des vœux : Me ferez-vous jamais un sort plus rigoureux ?

IDI.MÀVTE.

Oà s'égare , Seigneur, votre ame furieule ?

Érixène cessait de vous être odieuse , Disies-voos.; et pour elle un reste de pitié Semblait vous dépouiller de toute inimitié.

Haîriez-vous toujours cet objet adorable ?

IDOMÉviE.

Si je le baissais , seriez^vous si coupable ?

O de tous les malheurs malheur le plus fatal ?

IDÀ.MÀKTE.

Seigneur....

58 IDÔMÉNÉE.

tDOM^Hés.

Ah t fils ingrat ^ tous êtes mon rival !

O ciel !

tDOMiiféE.

De. quelle main part le trait qai me blesae ! Réserriez-yous , cruel ! tè prit à ma tendresse ? Je ne Terrai donc plus daot me« trifetes états Que des dieux ennemis et des hommeà ingrats ! Quoi 1 toujours du destin la baiiiare injustice De tout ce qui m'est cher fera donc mon supplice Imprudent que j*ëuii ! «t |'allais couronner Ce fils qn*à ma foreur je dois abandonner !

Mais c*eu est fait, Tambur de mon devoir décide.

tl>i.lt-A.ifTB.

Mon père....

tnbmittiÈ.

O nom trop dotzx pour nn fils «i perfide !

iDA.Mlmr're.

If 'accables pdlnt , SeignlSur,- un fils infortuné , A des maux infinis par l'amour condamné.

Pnisqu'enfin votre cœur s-en est laissésnrprendre , Jugez si 9*Érixèue on pouTÙt se défendre.

Hélas ! je ne craignais , adorant ses appas , ^ Qne d*aimer un objet qni ne vous plairait pas ; Et mon cœur, trop épris d*uue odieuse chaîne , Oubliait son devoir dans les yeux d'Érixène.

Mais si l'aimer. Seigneur, est un si grand forfait , L'amour m'en punit bien par les maux qu'il me fait.

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