‹ Œuvres de CrébillonChapitre 82 sur 158 · ACTE ni * SCENE m · texte numérisé non relu

ACTE ni * SCENE m

Voir tomber le plus fier de toas me* ennemii : liais Piisthàne tient mal ce qvtïï m'af ait promis ; £t , bravant sans respect et les dieàx et ton pèr* y Son cœur pottr eux et lui n*a qu'une foi légère.

piiitTBiiri.

Où sont TCfs eaneotta ? j'arais cm q«« la paix Ke Touf en laisisait point à craindre en ce palais: Je tCj Tois qne des cetiirs p^urvous remplis de zèle ^. tx qu'un fils* pour son roi, respectueux, fidèle. Qui a*a pohat mérité ces cracla traitemens.

Où sont voe ennemis ? et quels sont me* eermens f

Où sont meaènaemis ? Ciel ! que Tient-je d'entendre f Tliyeete est dans ces Ueu&, ef Von peut s'y méprendre t Tous deTÂe» l'immoler à mon ressentiment :

Voilà mon ennemi , Toilà votre serment.

yLISTMÉlfl.

Quelle que aoit la foi qne je Tout ai jurée ^ l'aurais cru que la vôtre e4t été plus sacrée ; Qu'un frère dans tos brad , à la face des dieux, Bi'eât asse* aequitié d'nn ferment odieux.

D'an pareil aouvenir ma vertu itte dtspente i Je ne me souviens pins (Jae de votre clémence. Mon. devoir a aks droits, mats ma gloire a lea sieBV;^ Et vos detniert sermens m'ont dégagé dea mienai.

; athéx.

San» vouloir dégager un serment par un autre , Veux-tu que tous les deux nous remplissions le nôtre^ %t tli veri'ae bient4l , si j'explique le mien t

t4« ATRÉE ET THYËST8*

Que ce dernier serment ajoute encore an tien. J'ai juré par les ctieux., j'ai juré par PlUthèue , Que ce jour qui nous luit mettrait fin à ma haine. Fais couler tont le sang que j'cûge de toi , Ta inain dé mes sermens aura rempli la foi.

Regarde qui de neus fait au ciel nue injure»

Qui de nons deux enfin est ici le parjure-. *

PLItTHÀlTE.

Ah ! Seigneur, puis-je Toir votre cœur atijourd'hui Descendre à des détours si peu dignei dé lui ? Non, par de feints sermens je ne crois point qu'Àtré* Ait pu des dieux braver la majesté sacrée , Se jouer de la foi des crédules humains , Violer en un jour tous les droits les plus saints. Enchanté d'une paix si long-temps attendue.

Je vous louais déjà de nous l'avoir rendue ; £t je m'applaudissais , dans des momens si doux ,. D'avoir pu d'un héros désarmer le courroux ; J'admirais un grand cœur au milieu de l'offense , Qui , maître de punir, méprisait la vengeance. Thyeste est criminel , voulez-vont l'être aussi ? Sont-ce là vos sermens ? Pardonnez-vous ainsi ?

XTRÉE.

Qui ? moi lui pardonner ! Les fières Euménidei Du sang des malheureux sont cent fois moins avides, Et leur farouche aspect inspire taoins d'horrenr Que Thyeste aujourd'hui n'en inspire à mon cœur. Quels que soient mes sermens , trop de fureur m*anime. Perfide, il te sied bien d'oser m*en faire un crime I

iàCITE m , SCENE III. a 43

littfM-là ce* Mnoens; 51 j*ai pu lea trahir, C*eit au ciel d'en juger, à toi de m^ôbéir.

Dans an fils qui faiaait ma plus cliere espérance. Je ne ▼ois qu'un ingrat qui trahit ma yengeance. Plisthène est un héros , son père est outragé -, Il a de la yaleur, je ne suis pas yengé !

Ah ! ne me force point » dans ma fureur extrême , Qne sais-je? hélas ! peut-être à t*immoler toi-même : Car enfin, puisqu'il faut du sang à ma fureur, Malheur à qui trahit les transports de mon cour !

piiiSTHijrE.

Versez le sang d'un fils , s'il peut tous satisfaire ; Mais n'en attendez rien à sa vertu contraire. S'il faut Toir votre affront par un crime effacé , Je ne me souviens plus qu'on vous ait offensé. Oui , Seigneur; et ma main , loin d'être meurtrière , Défendra contre vous les jours de votre frère. Seconder vos fureurs , ce serait vous trahir : Yotre gloire m'engage à vous désobéir.

Enfin j'ouvre les yeux ; ta lâcheté , perfide » Ne me fait qne trop voir l'intérêt qui te guide ; Tu trahis pour Thyeste et les dieux et ta foi : Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il est connu de toi. Ose encor me jurer que pour Théodamie - Ton ccBur ne brûle poiut d'une fiamme ennemie !

PLISTHÈNE.

Ah ! si c'est-là trahir mon devoir et ma foi , If on , jamais on ne fut plos' coupable que moL

i44 ATRiE BT TtfVlSOTB.

Oui, Seignear, il est Trai , U priacefte n'ett ckère ^ Jugez si <*est à moi d'asMMitter «en pire.

V»«t comiaiwes U .^u qui dénore moa tein ; Et, pour TerMr loa sang, tous choi*i8««Bflia ma'm |

▲vais«

Ce nVst pas la rerto , c'est dooc Taraonr, parjare , Qui te force au refutf de renger mon injare f Voyons si cet amour, qui t*a fait me trahir, Servira maintenaiit à -me faire obéir.

Tu B^auras pas en vain aimé Tfaéodamm ; Venge-moi dès ce jour, ou c'est fait de sa rit.

BLISTHilIB.

Ah 1 grands dieux!

Ta frémis ! Je t*en laisse le choix , Et te le laisse , îngfat, pour la dernière fois.

PLTSTHàlfS.

Ah! mou choix est tout fait dans ce moment funeste : C'est mon sangqu*il tous faut, non le sang deThyrste.

▲TRBB.

Quand Tamour, de mon fils semble arolr fait le sien , Il ne m*importe pins de son sang ou du tien.

Obéis cependant , achève ma rengeance. * L^instant fatal approche,^ et Thyeste s*avance : S'il n'est mort lorsquVnfin je rererrat ces lieux i J'immole sans pitié ton amante à tes yeux.

Rappelle tes esprits : avec lui je te laisse. Au secours de ta main appelle ta princesse; Le sont de U saoTer doit exciter ton bris.

ACT& m , SCENE m. 145

VLlSEWàXE.

Qnoil TOUS rimiaoleriezJ Je n« roas quitte pas. Je crois Toir «Uns Thyenenadieu qui m'épooTante. Ah «Seigneur!

Tiens donc voir expirer ton amante r Du moindre mouyement sa mort sera le fnût.

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