LE PARADIS. CHANT XXI
dvine se darde sur moi, pénétrant par celle dont je m'enveloppe ;
« Sa vertu, jointe à ma vue, m'élève tarit, que je vois l'essence suprême où elle est puisée.
î> De là vient l'allégresse dont je rayonne, parce que, à la clarté de ma vue, j'égale la clarté de mes rayons.
» Mais l'âme qui s'éclaircit le plus dans le ciel, le séraphin qui a le plus enfoncé l'œil en Dieu, ne satisfera pas à ta demande,
» Aitendu que ce que tu demandes s'avance tellement dans l'abîme du décret étemel, que cela est interdit à toute vue créée ;
•» Et quand tu retourneras dans le monde mortel, rapporte cela, afin qu'on ne présume pas davantage marcher dans un tel but.
» L'esprit qui est lumière ici est fumée sur terre; vois donc comment il peut là-bas ce qu'ici il ne peut pas, bien que le ciel l'élève. »
Ses paroles me retinrent tellement, que je laissai la question, et me bornai à demander humblement à cette lueur qui elle était.
a Entre les deux rivages d'Italie, et pas très-loin de ta patrie *, des rochers s'élèvent si haut que souvent la foudre gronde au-dessous ;
M Ils forment un mamelon qui s'appelle Catria, au pied duquel est un ermitage uniquement consacré au culte de latrie. »
Ainsi l'âme me réi>ondit pour la troisième fois; puis continuant, elle dit : « Là je m'affermis tant au service de Dieu,
r> Que, rien qu'avec des mets assaisonnés avec la liqueur de l'olive, je passais doucement les chaleurs et les froids, heureux dans mes pensées contemplatives.
T) Ce cloître produisait abondamment pour cette partie des cieux ; et maintenant il est devenu si vide, qu'il faut que cela se révèle bientôt.
* Dau k; (lucb d'Urbtte
'îSft LA DIVINE COMÉDIE.
» Dans ce lieu je fus Pierre uamien, et je fus Piene I pécheur dans le couvent de Notre-Dame sur le rivage d l'Adriatique.
» Peu de vie mortelle nri'était restée, quand je fus appe, cl obligé de recevoir ce chapeau qui ne se transmet que < mal en pis.
» Céphas vint, et vint le vase d'élection* du Saint-Espri., tous deux maigres et pieds nus, prenant de toutes mains leur nourriture.
» Maintenant tes pasteurs modernes veulent qu'on les soutienne par ici et par là, et qu'on les mène, et qu'on les soulève par derrière, tant ils sont lourds.
» Ils couvrent de manteaux leurs palefrois, si bien que deux bêtes vont sous une seule peau *. 0 patience, qui en tolères tant ! »
A cette parole, je vis plusieurs lueurs d^andre et courir d'échelon en échelon, et chaque tour les rflBrait plus belles.
Elles vinrent et s'arrêtèrent autour de celle-ci, et poussèrent un cri si retentissant, qu'il ne pourrait être comparé à rien d'ici-bas.
Et je ne le compris pas, tant le bruit m'anéantiL
CHANT XXII
Sphère de Satura*. — Sâhit Benoh racmite an poète comment il \-oru le noa et Jésus-Christ tur le moDt Cassin. — De la Danle moote avec Béatrice vers i» figue des Gémeaux, ou la tiuitiènie sphère.
Accablé de stupeur, je me tournai vers mon guide comni*» un petit enfant qui se réfugie toujours là où il a le plus de confiance.
Et celle-ci, comme une mère qui soudain secourt son fila pâle et tremblant, avec une voix qui a coutume de le rai- Burer,
• Saint Panl.
* DktoD floréBliAi