SUR L'DNITÉ DU POUVOIR A PROPOS DE LA DÉMISSION DE BEURNONYILLB
CONVENTION. — Séance du 11 mars 1793.
Avant de rendre au ministre de la guerre la justice que lai doit tout Français qui aime son pays, et qui sait apprécier ceux qui ont combattu vaillamment pour lui, je dois cette déclaration positive de mes principes et de mes sentiments : que s'il est dans mes opinions que la nature des choses et les circonstances exigent que la Convention se réserve la faculté de prendre partout, et .même dans son sein des ministres, je déclare en même temps, et je le jure par la patrie, que moi je n'accepterai jamais une place dans le ministère, tant que j'aurai Thonneur d'être membre de la Convention nationale. (Un très-grand nombre de voix simultanément : ni aucun de nous). le le déclare, disje, sans fausse modestie; car, je l'avoue, je crois valoir un autre citoyen français. Je le déclare avec le désir ardent que mon opinion individuelle ne devienne pas celle de tous mes collègues; car je tiens pour incontestable que vous feriez une chose funeste à la chose publique, si vous ne vous réserviez pas cette faculté. Après un tel aveu, je vous somme tous, citoyens, de descendre dans le fond de votre conscience. Quel est celui d'entre vous qui ne sent pas la nécessité d'une plus grande cohésion, de rapports plus directs, d'un rapprochement plus immédiat, plus quotidien entre les agents du pouvoir exécutif révolutionnaire, chargé
de défendre la liberté contre toute TEurope, et vous qui êtes chargés de la direction suprême de la législation civile et de la défense extérieure de la République. Vous avez la . nation à votre disposition, vous êtes une Convention natio- Balet vous n'êtes pas un corps constitué, mais un corps chargé de constituer tous les pouvoirs, de fonder tous tes principes de notre République; vous n'en violerez donc aucun, rien ne sera renversé, si, exerçant toute la latitude de vos pouvoirs, vous prenez le talent partout où il existe, pour le placer partout où il peut être utile. Si je me récuse dans les choix que vous pourrez faire, c'est que dans mon poste je me crois encore utile à pousser, à faire marcher la Révolution; c'est que je me ïéserve tntùt^ la faculté de dénoncer les ministres qui, par malveillaiice et par impéritîe, trahiraient nôtre coûfitiuce. Ainsi ioeitoiM«n<mii donc bien tous dans la tète qu^ pY«sque tous, que loa&) nous vwh Ions le salut public. (Dt iffifs ûppiat^dissements s^èièoent it toutes lès parties de tu Mi^Je.)Qae tes déflanœs fMarttculiérês ne nous arrètefut pas dans notre marche, puisque ii^us tivons un but commun. Quant à moi, je ne ealomniQfôi jamais peï^^nne; je suis sans fi^i, non par tertu> mats ipar tempérament. La haine est étranigêre à ta&tt csswitèrt^^. Je n"^ ai pas besoin; ainsi je ne puis être suspect, mêtnnà cea^ <^i ont Tait profession tie tue hatr. Je vous ^«ppèllêÀ' Vittdy nltë de Vos devoirs. le n'ènVeadspas dédoigaDôer 1» i&iniatêre ; je ne parle pas de la nécessité de prendre des mloi^ très dans votre sein, mais de la nécessitêde v^ttSieniNSsert^r là faculté. — J'arrive à la discussion patticslière qui s'est élevée sur la lettre de démission envofte'^ar te ministie de la guerre.
On veut lui demander les metifÉ de«a^ttis«k«i r oerm, jamais on ne pourra dire que c'èist çrar fàlMesse. ikUoi qui a combattu si bien les enûemfis, braverait Terreur j^pulaiie avec le même courage; il mourrait à son poste sens sonrciïler; tel est Beumonville, td nous devons le ppoclamer.
Mais la nature, variée dans ses faveurs, distribue aux hom-. mes différents genres de talents ; tel est capable de commander une armée, d'échauffer le soldat, de maintenir la discipline qui n'a pas les formes populaires conciliatrices, nécessaires dans les circonstances critiques et orageuses, quand on veut le bien. Celui qui donne sa démission a dû se consulter sous ces différents rapports; il ne serait pas même de la dignité de la Convention de lui faire les questions qu'on propose. Beurnonville a su se juger ; il peut encore vaincre nos ennemis sur le champ de bataille; mais il n'a pas les formes familières qui, dans les places administratives, appellent la confiance des hommes peu éclairés; car le peuple est ombrageux, et l'expérience de nos révolutions lui a bien acquis le droit de craindre pour sa liberté. Je ne doute pas que Beurnonville n'ait géré en bon citoyen : il doit être excepté de la rigueur de la loi qui défend à tout ministre de quitter Paris, avant d'avoir rendu ses comptes; et nous ne perdrons pas l'espérance de voir Beurnonville allant aux armées, y conduisant des renforts, remnorter avec elles de nouveaux triomphes. (On applaudit.)