‹ Œuvres de É. Verdet (volume 5)Chapitre 47 sur 71 · ic»3 î o.i-Mi , »».i · texte numérisé non relu

ic»3 î o.i-Mi , »».i

,î«»i "î.oi- «».9*7

i,5aô 0.966 i,3A8 - «».97«>

i.sii 0.98a

M 84 o.pii

if ji ai pas fait de calculs semblables sur 1rs deux dissolutions do chlorure de calcium *»t les deux dissolutions de carbonate de potasse que j'ai étudiées: les pouvoirs rotatoires magnétiques de trois de ces dissolutions étaient si peu différents de celui de l'eau, qu'il était impossible de s'en servir pour calculer des valeurs exactes des pou- \oirs moléculaires.

Ainsi, lorsqu'un srl se dissout dans l'eau. leau et le sel apportent chacun dam la dissolution leur pouvoir ivtatoire magnétique spécial, et la rotation produite par la dissolution est la somme des rotations individuelles dues aux molécules de l'une et de l'autre substance.

Il est très-probable que cette loi convient aux dissolutions de toute nature et aux mélanges formés de liquides qui n'ont pas d'ar- Iwn chimique l'un sur l'autre: mais je n'ai fait jusqu'ici aucune rvence pour m'en assurer. Je me suis borné à reconnaître que le

sens général des phénomènes esl le même; que, par exemple, les sels qui, en se dissolvant dans l'eau, donnent à leurs dissolutions un grand pouvoir rota loi re magnétique, se comportent de même quand on les dissout dans l'alcool ou dans l'éther; c'est ce que j'ai vérifié sur divers chlorures métalliques solubles dans ces liquides : le bichlorure de mercure, le bichlorure d'étain, le chlorure de cobalt, le chlorure de nickel, ces deux derniers magnétiques, mais agissant à la manière des corps diamagnétiques.

La plupart des sels donnent à leur dissolution aqueuse un pouvoir rotatoire magnétique plus grand que celui de l'eau. Cependant il en est quelquefois autrement, le sel contenu dans un volume donné de la dissolution exerçant sur la lumière polarisée une action inférieure à celle de la quantité d'eau qu'il remplace. Ainsi la dissolution de nitrate d'ammoniaque mentionnée au tableau de la page i84 est formée de 43 parties d'eau et de 5y parties de nitrate; sa densité étant égale à 1 , -j 5 6 6 , on en conclut que l'unité de volume contient o,666o d'eau et o,5yo() de nitrate. La rotation étant seulement les 0,908 de la rotation de l'eau distillée, on peut la considérer comme la somme d'une rotation égale à 0,666 produite par l'eau, et d'une rotation 0,2/12 produite par le nitrate; ce dernier nombre conduit à une valeur assez faible du pouvoir moléculaire, o,4oi. Des phénomènes semblables auraient lieu si l'on mélangeait à l'eau un liquide dont le pouvoir rotatoire magnétique serait plus faible , comme l'alcool , l'éther ou l'esprit de bois.

D'après M. Bertin, les dissolutions de sulfate de protoxyde de fer se rapprochent de la dissolution de nitrate d'ammoniaque par la faiblesse de leur pouvoir rotatoire magnétique. M. Edmond Becquerel a fait une observation analogue sur les dissolutions de protochlorure de fer, et même il a cru pouvoir dire d'une manière générale que la rotation du plan de polarisation produite sous l'influence du magnétisme variait en raison inverse de la puissance magnétique des corps (1) . Les expériences que rapporte M. Edmond Becquerel lui-même ne permettent pas une conclusion aussi absolue. On voit en effet dans son mémoire que, la rotation de l'eau étant

:, « Voyez Annale* de chimie et de physique, 3 e série, I. XXVIII , p. 33 ; i.

représentée par 10, celles de deux dissolutions inégalement concentrées de protochlorure de fer ont été représentées par 9 et par 3. et celle d'une dissolution de sulfate de nickel par 1 3,55 : en d'autres termes, sur trois dissolutions magnétiques examinées, il en est deux qui produisent une rotation plus faible que celle de l'eau, mais la troisième produit une rotation plus forte (1) . Néanmoins l'extrême faiblesse du pouvoir rotatoire magnétique des dissolutions concentrées de protochlorurc de fer, rapprochée de l'observation de M. Bertin sur le sulfate de protoxyde de fer, m'a semblé indiquer qu'il y avait, sinon dans tous les composés magnétiques, au moins dans les composés ferrugineux, un mode d'action particulier, digne d'une étude approfondie.

Cette étude a été le principal objet de mon travail. Je vais en faire connaître les résultats en considérant successivement les composés des divers métaux magnétiques.

Fei\ — Lorsque l'on dissout dans l'eau un sel de protoxyde de fer, la dissolution a toujours un pouvoir rotatoire magnétique inférieur à celui de l'eau pure et d'autant plus faible que la proportion du sel dissous est plus grande. Mais il y a plus : si, en tenant compte de la densité et de la composition de la liqueur, on calcule la rotation que produirait seule la quantité d'eau qu'elle renferme sous un volume donné , on trouve un nombre constamment supérieur à la rotation observée. Les choses se passent donc comme si le sel de fer dissous exerçait sur la lumière polarisée une action contraire à celle de l'eau. Ainsi une dissolutien de protochlorure de fer, de densité égale à 1,9999, et contenant sur 100, 5 parties pondérales 79,9 parties d'eau contre 98,3 de protochlorure, produit, sous l'influence du magnétisme, une rotation égale à o,58i, la rotation produite par l'eau pure étant prise pour unité. 11 résulte de ces nombres que l'unité de volume de la dissolution contient une proportion d'eau

(l) M. Edmond Becquerel ne paraît pas s'être préoccupé de f influence que la coloration des liquides exerce sur la détermination des azimuts de polarisation par la teinte de passade. Cette influence , presque nulle dans le cas des sels de protoxyde de fer, est trèsgrande dans le cas des sels de nickel , ce qui m'a fait croire en commençant qu'il suffirait d'en tenir compte pour faire rentrer les sels de nickel dans la règle générale énoncée par M. Becquerel. 11 n'eu est rien : ou verra plus loin que les dissolutions de sels de uîckel ont réellement un pouvoir rotatoire magnétique plus grand que celui de l'eau.

égale aux 0,91165 de l'unité de poids, et qu'en conséquence, si le sel dissous était absolument inerte, la rotation devrait être précisément égale à 0,9*1 6 5. Comme elle est beaucoup plus petite, il est naturel de penser que le sel dissous produit une rotation contraire à celle de l'eau et égale en valeur absolue à la différence entre 0,936 et o,58i, c'est-à-dire à o,3&5.

Tous' les sels de protoxyde de fer que j'ai étudiés m'ont donné des résultats semblables. Si on les rapproche de la loi établie plus haut sur les dissolutions non magnétiques , on sera convaincu que les sels de protoxydejle fer, soumis à l'influence du magnétisme, exercent sur la lumière polarisée une action contraire à celle de IVau, du sulfure de carbone, du verre et de la généralité des substances transparentes. Toutefois, afin de ne conserver aucun doute à ce sujet, j'ai voulu répéter sur des dissolutions inégalement concentrées de sels ferrugineux los expériences que j'avais faites sur des dissolutions de sels de zinc ou d'étain. J'ai fait choix à cet effet de deux sels de protoxyde de fer qu'il est facile d'obtenir purs de toutes traces de sel de peroxyde, le sulfate et le chlorure. M. Deville m'a remis une quantité assez considérable de sulfate cristallisé préparé avec le plus grand soin, et je me suis servi de ces cristaux pour faire deux dissolutions aqueuses contenant, la première 17,4 pour 100, et la seconde 10, 5 pour 100 de sulfate anhydre. Leurs densités étaient respectivement 1,1933 et 1,11 35, et leurs pouvoirs rotatoires magnétiques 0,7/10 et o,838. En faisant sur ces dissolutions les mêmes hypothèses et les mêmes calculs que sur les dissolutions de chlorure de zinc et de protofhlorure d'étain considérées plus haut , page 1 86 , on obtient deux valeurs à peu près égales pour le pouvoir rotatoire magnétique moléculaire du sulfate de protoxyde de fer, savoir : — 1,3 U et — 1 ,35. Les valeurs étant de signe contraire au pouvoir rotatoire de l'eau, et suffisamment concordantes, on voit que l'hypothèse est justifiée. Les expériences sur le protochlorure conduisent à la même conclusion. La dissolution citée à la page précédente, préparée par l'action de l'acide chlorhydrique pur sur des cordes de piano, a donné pour le pouvoir moléculaire du protochiorure le nombre —0,9/1; une dissolution étendue, préparée en ajoutant de l'eau pure à la dissolution précé-

190 Si:R LES PROPRIETES OPTIQUES

don te, et ne contenant plus que 16 pour 100 de protochlorure.it donné le nombre — 0,8 a {l .

Il y a donc lieu de distinguer deux modes d'action sur la lumière polarisée de la part des corps transparents soumis à l'influence du magnétisme. J'appellerai positif le pouvoir rotatoire de l'eau et de la généralité des substances transparentes non magnétiques: nfgaùj celui des sels de protoxyde de fer et des corps qui agissent dans le même sens sur la lumière polarisée. Ces expressions sont préférables à celles de direct et (Yinrerse. que j'avais employées dans une première publication, car elles ont l'avantage de rappeler le sens de la rotation. L'eau, le sulfure de carbone, le verre et les autres substances dont le pouvoir rotatoire magnétique est positif, font tourner le plan de polarisation dans le sens où l'électricité positive parcourt le fil conducteur de l'électro-aimant ; les sels de protoxvde de fer et les corps analogues font tourner le plan de polarisation dans le sens où l'électricité négative parcourt le même fil. 11 est à peine besoin de dire que dans les tableaux numériques je désignerai ces deux espèces de pouvoirs rotatoires par les signes + et -.

Quelque concentrées que fussent les dissolutions de sel de protoxyde de fer, je n'ai jamais observé qu'une diminution plus ou moins grande de la rotation du plan de polarisation: une dissolution de protochlorure, concentrée jusqu'à cristalliser, a montré un pomoir rotatoire magnétique absolument nul, mais il ne m'a pas été possible d'obtenir un renversement complet de la rotation. J'ai espéré v parvenir et rendre manifeste directement le pouvoir rota-

-' \a*s ivsullats ilt» ces e\[N ; riences sont di«ne* d'attention à un autre point de vue. On toit que j'ai pu représenter numériquement les phénomènes observes en considérant les dissolutions de sulfate comme formas «Peau et de sulfate anh\dre et en attribuant à feau H au sel des actions contraires et pro|>orl ion n elles à la densité que ces deux corps possèdent dans la dissolution. Si, au contraire, ou admet que les dissolutions sont Tonnées dVau et de sulfate cristallise à 7 atomes d'eau, ou trouve pour le pouvoir moléculaire de «v Millale deux valeurs fort peu concordantes, sa\oir : — 0,2 et —0,3. De même, si l'on suppose que les dissolutions de protochlorure contiennent du protochlorure cristallisé à i jUmie* d'eau, on trouve pour le pomoir moléculaire de ce corps deux valeurs absolument mv\»iiip*itihle<. o.ôi et — 0.1 3. 11 me semble résulter de là, avec quelque probauiiie. une dau> l'un et l'antre cas le sel dissous n'est pas le sulfate ou le chlorure cristalw . »tiui> le sulfate ou le chlorure anhydre, et je pense qu'un pourrait appliquer le même à" *\Beri*uW"« a la solution d'un certain nombre de questions analogues de chimie.

DÉVELOPPÉES PAtt L'ACTION DU MAGNÉTISME. 191

toire négatif des sels de protoxyde de fer, en cherchant un composé solide riche en protoxyde de fer, non cristallisé, ou cristallisé dans le système cubique. Le grenat rouge, qui peut renfermer jusqu'à 3o pour i oo de protoxyde de fer, m'a paru convenir pour vérifier cette conjecture; mais, parmi les nombreux échantillons que j'ai essayés, je n'en ai trouvé aucun qui ne fAt trop fortement trempé pour être propre aux expériences.

Le pouvoir rotatoire magnétique des sels de peroxyde de fer est négatif comme celui des sels de protoxyde, mais beaucoup plus considérable et plus facile à manifester. Le perchlorure de fer en particulier donne des résultats très-remarquables. Ine dissolution aqueuse très-étendue de ce sel a un pouvoir rotatoire magnétique plus faible que celui de l'eau : à mesure que l'on concentre la dissolution, ce pouvoir rotatoire diminue, se réduit à zéro et finit par changer désigne; après le changement de signe, il augmente jusqu'au maximum de concentration. Ainsi une solution voisine de ce maximum, qui contient /io pour îoo de perchlorure, everce sur la lumière polarisée une action contraire à celle de l'eau et six à sept fois plus grande, à peu près égale par conséquent à celle des échantillons de verre pesant de Faraday que j'ai eus entre les mains.

On obtient plus facilement encore des rotations négatives en substituant à l'eau des dissolvants dont l'action propre sur la lumière polarisée est moindre que celle de l'eau, ou qui se chargent d'une proportion de sel plus grande. L'alcool et l'éther satisfont à la première condition, et se prêtent très-bien par conséquent à la manifestation du pouvoir rotatoire négatif des sels de peroxyde de fer. Ainsi, en faisant dissoudre ao parties de perchlorure de fer cristal- " lise, préparé par l'action directe du chlore sur le fer, dans 8o parties d'éther, j'ai obtenu un liquide fortement coloré dont le pouvoir rotatoire négatif a été très-manifeste. Avec une proportion de sel environ deux fois moindre, j'ai obtenu un liquide à peu près dépourvu d'action sur la lumière polarisée. Les dissolutions alcooliques m'ont donné des résultats analogues. Mais le meilleur des dissolvants que j'ai employés est l'esprit de bois, qui, par lui-même, agit à peine sur la lumière polarisée, et qui peut en même temps se charger d'une quantité considérable de perchlorure tout en demeu-

rant beaucoup plus transparent que l'eau, l'éther ou l'alcool, chargés d'une proportion égale de sel. Ainsi, en dissolvant 55 parties de perchlorure cristallisé dans 45 parties d'esprit de bois, on obtient un liquide qui, par sa transparence, se prête à des observations précises, et dont l'action sur la lumière polarisée est négative, et en valeur absolue presque double de celle du verre pesant, ou triple de celle du sulfure de carbone (l) .

Cette dernière dissolution est, de tous les corps étudiés jusqu'à ce jour, celui qui, sous l'influence du magnétisme, produit la plus grande déviation du plan de polarisation. Dans mon appareil, une couche de 10 millimètres d'épaisseur, placée entre les armatures octogonales séparées par un intervalle de 97 millimètres, sous l'influence du magnétisme développé par le courant de 30 éléments de Bunsen, produisait une rotation de 6°3i'3o ff(2î . La grandeur de ce résultat m'a fait choisir la dissolution de perchlorure de fer dans l'esprit de bois, pour rechercher si le pouvoir rotatoire magnétique négatif des sels de fer variait avec la grandeur de l'action magnétique suivant les mêmes lois que le pouvoir rotatoire positif des substances ordinaires. A cet effet, j'ai comparé la rotation produite par une épaisseur de 1 centimètre de la dissolution à la rotation produite par une épaisseur égale de sulfure de carbone, et j'ai fait varier la grandeur de ces rotations en faisant varier soit l'intensité de IVIoctro-aimant, soit la grandeur et la forme de ses

* n A l'aide dos expériences faites sur ces diverses liqueurs, j'ai déterminé plusieurs > a leurs du pouvoir rotatoire moléculaire magnétique du perchlorure de fer, mais je n'ai obtenu que des résultats assez peu concordants. On sait, en effet, qu'en traitant lepervlilorure do ter cristallisé par l'eau, l'éther, l'alcool ou l'esprit de bois, on obtient, eu jouerai, autre chose qu'une simple dissolution. On observe toujours une assez forte élé- «,111011 de température, indice assuré d'une réaction chimique plus ou moins complexe, et dititH le eu» de l'alcool, de l'éther et de l'esprit de bois, M. Kuhlmann a reconnu depuis liM^lomp.1 qu'il se tonne entre le perchlorure et le dissolvant une combinaison définie «ti^vpiiMe de cristalliser. Les hypothèses sur lesquelles serait fondé le calcul des pouvoirs itfe*iv«4iimiv* ne «ont donc pas admissibles. (Voyez le mémoire de M. Kuhlmann dans les

l|» '•* «V fu \«eiV7e des science* de Lille, t. XVI, année i8.'ig.)

v .- ii\»uit»iv est corrigé de l'action des plaques de \erre fermant la cuve et de l'in- : UvU «v le K\ twdour du liquide sur la position de la teiute de passage. La différence brute v<n . vu\ i^tiiiiitx de eette teint»' correspondant aux deux directions opposées du courant

armatures, soit leur distance. Le tableau suivant contient le résultat des expériences (,) .

I. Electro-aimant muni de ses grosses armatures de 1 fto millimètres de dia-

mètre et de 5o millimètres d'épaisseur.

Distance entre les armatures. 5o millimètres. Pile de 90 éléments.

Rotation produite par le sulfure de carbone -+- o'kk'

Rotation produite par la dissolution — 9° &'/i5

Rapport de la seconde rotation à la première — 9,83

II. Electro-aimant muni de ses armatures hexagonales. Distance entre les armatures, 65 millimètres.

Pile de 90 éléments.

Rotation produite par le sulfure de carbone -+- o°55'i5

Rotation produite par la dissolution — 9°98'3o

Rapport — *j,83

III. Électro-aimant muni de ses armatures hexagonales. Distance entre les armatures, 97 millimètres. Pile de 10 éléments.

Rotation produite par le sulfure de carbone + i*&3'i5"

Rotation produite par la dissolution — 4°5A'

Rapport — 9,84

IV. Électro-aimant muni de ses armatures hexagonales. Distance entre les armatures, 97 millimètres. Pile de 90 élément?.

Rotation produite par le sulfure de carbone -+- 9°99'Ad

Rotation produite par la dissolution — 6°3i'3o

Rapport — 9,74

Valeur moyenne du rapport des deux rotations — 9,89

On voit que le rapport des deux rotations a eu la même valeur dans toutes les expériences. Par conséquent la rotation magnétique négative du plan de polarisation varie, comme la rotation positive, proportionnellement à l'action magnétique. Il me paraît, d'après cette conformité tout à fait probable, qu'elle varie aussi proportionnellement au cosinus de l'angle compris entre la direction de l'action magnétique et la direction du rayon de lumière; mais je n'ai pas

U) Les nombres inscrite dans ce tableau sont corriges de l'influence de la couleur et de l'influence des plaques de verre fermant la cuve.

Vebdet, I. — Mwnoin*. 1 3

fait d'expériences sur ce sujet. Une épaisseur de i centimètre de la dissolution de perchlorure de fer dans l'esprit de bois, placée sur l'appareil décrit dans mon deuxième mémoire (1) , produisait des rotations trop faibles ; sous une épaisseur de 3 ou A centimètres, la dissolution était trop peu transparente pour se prêter a de bonnes observations.

Le nitrate de peroxyde de fer, soumis à l'action du magnétisme, agit sur la lumière polarisée dans le même sens que le perchlorure. mais avec moins d'énergie. Une dissolution aqueuse de ce sel a un pouvoir magnétique moindre que celui de l'eau ; lorsque la dissolution est tout a fait concentrée, ce pouvoir rotatoire est presque nul. mais il n'y a pas changement de signe dans la rotation.

Les deux prussiales de potasse ou cyanures doubles de fer et cl<* potassium m'ont paru dignes d'une étude spéciale. On sait en effet par les expériences de M. Faraday (2) , et par celles de M. PIûckcr (3j , que le prussiate jaune est diamagnétique et le prussiate rouge magnétique. J'ai reconnu que le pouvoir rotatoire magnétique du prussiate jaune est positif et médiocrement considérable, tandis que celui du prussiate rouge est négatif et très-grand : 1 5 parties de prussiate rouge dissoutes dans 85 parties d'eau donnent un liquide dont le pouvoir rotatoire magnétique est négatif et à peu près double de celui de l'eau en valeur absolue. Comme on verra plus loin qu'il existe des composés diamagnétiques de métaux-magnétiques dont le pouvoir rotatoire magnétique est négatif, il est probable que le pouvoir positif du prussiate jaune n'est pas dû à ce que ce composé esl diamagnétique, mais à ce que les propriétés physiques du fer y sont aussi complètement dissimulées que les propriétés chimiques.

Rien n'est plus facile à préparer qu'une solution aqueuse de perchlorure de fer ou de prussiate rouge propre à démontrer, même dans un cours public, l'action négative des sels de fer sur la lumière polarisée. Toutefois il serait utile pour cet objet, et intéressant à d'autres points de vue, d'avoir des substances solides, transparentes, douées des mêmes propriétés que ces dissolutions. Je dois avouer

(,) Voyez Annales de chimie et de physique , 3' série, I. XLIIJ , p. 37. (î > Transactions philosophiques pour 1866.

l3) ft>KlpHdnrjr* \nnaien, t. LXXIV.

i|ue j'en ai vainement cherché jusqu'ici. De l'alun de fer, bien transparent, qui a été mis à ma disposition par M. Deviile, en cristaux de 1 centimètre d'épaisseur, m'a présenté à un si haut degré les phénomènes de la polarisation lamellaire, que j'ai dû renoncer a m'en servir. Divers fragments de verres ferrugineux que j'ai essayés ont tous été trop fortement trempés ou trop peu transparents. J'ai espéré être plus heureux avec les verres à base de phosphate de rhaux que M. Margueritte a signalés récemment comme susceptibles de se charger des oxydes métalliques les plus divers. M. Margueritte a bien voulu m'en faire préparer quelques échantillons contenant de 5 à ao p. o/o de peroxyde de fer; mais aucun de ces échantillons, même après un recuit très-prolongé, ne s'est montré suffisamment dépourvu de trempe pour être propre aux expériences. H est probable que, parmi les nombreux verres ù base ferrugineuse que M. Matthiessen a examinés (1) , il s'en trouvait qui auraient pu convenir; mais il ne m'a pas été possible d'obtenir la permission d'en essayer aucun.

Je n'ai pas mieux réussi lorsque j'ai cherché à préparer un composé de fer facilement fusible et suffisamment transparent à l'état liquide pour que l'on en pût étudier l'action sur la lumière polarisée sans être obligé de le dissoudre. Les propriétés du chlorure double d'aluminium et de sodium m'ont fait penser que le chlorure correspondant de fer et de sodium, s'il existait, pourrait être convenable. Ce composé existe en effet: il se prépare sans difficulté en chauffant ensemble 33 parties de perchlorure de fer et 12 parties de chlorure de sodium ; il se fond aisément sur la lampe à alcool , mais à l'état liquide il n'a aucune transparence.

Nickel. — Tous les sels de nickel que j'ai essayés ont un pouvoir rotatoire magnétique positif, de sorte que leurs dissolutions exercent sur la lumière polarisée une action plus grande que celle de l'eau qu'elles contiennent. Ce pouvoir rotatoire positif est assez marqué , et comparable à celui des sels de zinc ou d'étain. 11 est particulièrement essentiel, lorsqu'on veut le déterminer, de tenir compte de l'influence que la coloration de la lumière émergente exerce sur la

M Compte* rendu* de* *éance* de V Académie de* *cience*> I. XXIV el t. XXV.

I9G SUK LKS PROPRIÉTÉS OPTIQUES

position de In teinte de passage. Ainsi, dans la lumière qui a travers? une épaisseur de Uh millimètres de chlorure de nickel en dissolution médiocrement concentrée, le rouge, l'orangé, le violet et l'indigo sont presque éteints, le bleu et le jaune sont notablement affaiblis, et le maximum d'intensité correspond aux rayons verts; il résulte de In que la teinte de passage est beaucoup plus déviée que si la lumière passait à tra\ers le chlorure sans altération.

(lobiilL — Le pouvoir rotaloire magnétique des sels de cobalt est positif, mais plus faible (pie celui des sels de nickel, et assez difficile à manifester, parce que l'on ne peut dissoudre dans l'eau une proportion de ces sels un peu considérable sans diminuer beaucoup la transparence du liquide. La coloration de la lumière émergente exerce sur la position de la teinte de passage une influence opposée À celle qui a lieu dans le cas des sels de nickel : le rouge étant la couleur dominante % la déviation de la teinte de passage se trouve diminuée, de sorte que. si l'on négligeait la correction nécessaire. li» pouvoir rotatoire magnétique des sels de cobalt paraîtrait négatif et trtV faible.

W<im^in<W. — Les sels de protoxyde de manganèse ont un pou- \oir rotatoire magnétique positif et peu considérable: mais comme leurs dissolutions sont parfaitement incolores, rien n'est plus facile que de le manifester.

Le* sols de sosquiox\de de manganèse ont un pouvoir colorant m

uMisidorable, qifil est impossible de s'en servir pour les expériences

\{\u\ |\ii t route au laboratoire du Collège de France un composé

. ouospondant probablement à ces sels, le cyanure double de nian-

;,uu\ie H vie potavxium k 3 Mii-l!v v „ qui m % a donné un résultat remar-

|0.ddo, te sel dis>ou> dans loau diminue tellement le pouvoir rot.i-

umv de la dissolution, que Ton doit le regarder comme doué d'un

l»i»u\ou loKitoiiv négatif. Kn e>t-il de même des autres >els d»*

. «quiovule de manganèse? Lest ce que je ne saurais dire a>e«

. i utilité , mats U supériorité du pouvoir ne^utif des sels de perovtde

!•■ '-•* . euq»,uv à celui dos seU de protoxtde me prierait à le penser.

»S*.-. -iu »l »'u soit, «*t pour rv<'T strictement dans les termes de

. v u. ,,. % ,m \oit qit'. 1 U" ïîîauj.itièse eUbîi: ^n quelque sorte une

•.,' i a;i\* le 1er d'une tsir; c; le -lu'ket et le cobalt de l'autre.

Se qui est la règle pour les sels de fer semble l'exception pour les tels de manganèse, et vice versa.

La propriété intéressante du cyanure double de manganèse et de >otassium m'a fait examiner le cyanure double de cobalt et de potassium avec l'espoir d'y rencontrer un mode d'action analogue ; mais j'ai trouvé qu'il possédait un pouvoir rotatoire magnétique positif, et d'ailleurs assez faible. Il est même diamagnétique.

Chrome. — Les sels de protoxyde de chrome sont si difficiles à préparer, et surtout à conserver purs, que j'ai renoncé à les soumettre à l'expérience. Ceuv de sesquioxyde ont un si grand pouvoir colorant, qu'il est impossible d'en dissoudre quelques centièmes dans l'eau ou l'alcool sans détruire toute transparence ; mais l'acide chroinique et les chromâtes se prêtent à de bonnes observations. Le chroinate neutre de potasse, très-soluble dans l'eau, comme on sait. donne des dissolutions d'un jaune clair, dont la coloration laisse aux expériences toute la précision désirable, et n'exerce que très -peu d'influence sur la position de la teinte de passage. Le bichromate de potasse, moins soluble dans l'eau, donne cependant des dissolutions plus colorées, mais encore fort transparentes, et qui n'exigent aucune correction dans l'observation de la teinte de passage. L'acide chromique au contraire donne des dissolutions d'un rouge trèsfoncé, dont la coloration exerce une grande influence sur la position de la teinte de passage, mais qui, sous une épaisseur de 1 à «î centimètres, offrent une transparence sulHsante. Les dissolutions de ces trois substances m'ont donné les résultats suivants.

Page 1