SDR LA MESURE DES INDICES DE REFRACTION
On rencontre dans la mesure des indices de réfraction une difficulté que je fie me souviens d'avoir vue signalée nulle part, et qui peut, si on la néglige, Être la source d'erreurs bien plus considérables que les erreurs qui tiennent a l'observation optique elle-même. Je dois à M. Gernez de m'en avoir fait connaître l'importance. Dans une série de mesures d'indices, que je l'avais prié de prendre pour moi au mois d'août 1869, il a observé que deux mesures de la déviation d'une même raie du spectre, prises successivement le même jour, ne s'accordent jamais; que la différence a le même sens pour toutes les raies du spectre; qu'elle est d'autant plus sensible que l'intervalle a été plus grand entre les deux observations, et qu'elle est souvent sensible lorsque cet intervalle n'a été que de quelques minutes. Il a d'ailleurs reconnu que la cause de ces perturbations devait être cherchée dans les variations de la température atmosphérique, car elles disparaissent presque entièrement aux heures du jour où ces variations deviennent très- lentes (dans le laboratoire où l'on observe), et elles s'exagèrent au contraire singulièrement si l'on approche du prisme une source de chaleur. Cette cause est d'ailleurs bien suffisante pour rendre compte des effets observés. Il résulte des expériences de MM. Gladstone et Dale (I) que les indices de réfraction du sulfure de carbone varient en moyenne de ^ de leur valeur, par une élévation de température de s 5 degrés; il suffît donc d'une variation de ■[- de degré pour altérer ces indices de ,-j^» c'est-à-dire de plus d'une unité décimale du quatrième ordre (,) .
La mesure de la déviation est facile à faire, de manière que le quatrième chiffre décimal de l'indice soit connu avec précision. Mais, si les indices des diverses raies ne sont pas mesurés exactement à la même température, cette précision est illusoire et les valeurs numériques obtenues ne peuvent être la base d'une étude sérieuse de la dispersion. Toutes les recherches sur les indices où il n est pas fait mention de cette difficulté sont par là même suspectes d'inexactitude. Les mesures de Frauenhofer lui-même, qu'on a si souvent employées pour éprouver la solidité de telle ou telle théorie particulière de (a dispersion , n'échappent peut-être pas à cette critique.
La méthode suivante m'a servi à déterminer les indices rapportés dans ce mémoire. Après avoir mesuré la déviation des sept raies principales du spectre.
(,) Proceedmga ofthe Royal Society, t. XII, p. 4/i8.
(ï) Je sais que M. Fouqué, ancien élève de l'Ecole Normale, a rencontré la même difficulté dans les recherches (encore inédites) qu'il exécute depuis quelques mois à l'Observatoire de Paris sur la réfraction de l'eau et des dissolutions salines, et qu'il a été obligé, pour l'écarter, d'installer ses appareils dans le sous-sol de l'Observatoire, où la variation diurne de la température est extrêmement réduite. On peut d'ailleurs reconnaître l'existence de cette cause d'erreurs sans prendre de mesures. Il suffit de pointer exactement la Iitopup d'un appareil tant soit peu sensible sur une raie déterminée du spectre, et d'at-
en allant par exemple de la raie H à la raie H , j'ai repris la même série de mesures en rétrogradant de la raie H vers la raie B, et j'ai répété cette dooMe alternative un certain nombre de fois. Parmi les diverses séries successivement ainsi obtenues, il s'est toujours trouvé un ou plusieurs groupes de deux sens consécutives où les nombre relatifs à une même raie n'ont différé que Irès-pea. Les moyennes de ces couples de nombres pouvaient évidemment être considérées comme ne différant pas sensiblement des nombres qu'on aurait observés, «'il avait été possible de maintenir le liquide a une température rigoureusement constante, égale à la moyenne des températures très-peu différentes observe» au commencement d'une des séries et a la lin de la suivante. Gomme exemple de ce mode de correction , je rapporterai la série entière des déviations que j'ai observées avec le sulfure de carbone . le 5 juillet 1 863.
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