‹ uvres de Édouard Grenier (volume 2)Chapitre 22 sur 41 · CHŒUR · texte numérisé non relu

CHŒUR

Adagio.

Noble fille de la lumière, Reine des mondes inconnus, Te voilà notre prisonnière; Repose un instant tes pieds nus.

Comme ta joue est triste et pâle !

Comme ton front pourtant si beau Brille d'une splendeur fatale I On n'est donc pas heureux là-haut?

Que viens-tu chercher sur la terre? Est-ce le rire ou bien l'oubli?

Est-ce le mot du grand mystère Q.ue l'homme épelle et que Dieu lit?

Viens-tu tremper tes lèvres roses A nos amphores d'hydromel ?

Veux-tu des fruits, du miel, des roses. Tout ce qu'on aime sous le ciel?

Sylphes heureux des nuits, gais esprits de la terre, Est-ce donc vous? Salut! — Amis, de tous vos dons Je ne veux accepter que vos douces chansons.

Je vais poursuivre au loin ma course solitaire; Vivez toujours joyeux! Adieu! gentils dénions.

NABOTII .

Pourquoi veux-tu partir? Reste avec nous, demeure. Tu ne sais pas assez ce que vaut la gaîté : C'est un rayon du ciel qui sèche l'œil qui pleure. Et quoique Dieu te fit d'une essence meilleure, Nous aurons pour ton mal quelque baume enchanté.

Viens t'asseoir avec moi sur mon trône d'ébéne. Auprès de ces flacons où le nectar sourit. Et, tandis qu'en rêvant tu me diras ta peine, Les tribus de mon peuple, ô jeune souveraine, T'offriront à genoux le philtre qui guérit.

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